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REF 2020 : le patronat se veut confiant

Un temps incertain, l'événement organisé par le Medef, émaillé de débats animés par de prestigieux invités, se voulait festif après les temps troubles du confinement, et invitait les participants à porter sur l'avenir un regard optimiste.
REF 2020 : le patronat se veut confiant
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“At first I was afraid… And I grew strong…” C'est sur l'air bien connu de la chanson I will survive de Gloria Gaynor que Geoffroy Roux de Bézieux choisit de lancer les universités d'été du Medef, ou REF pour “Renaissance des Entreprises Française”. Un air aux “lalala” joyeux qui nous rappellent le mondial de 1998. C'est bien sous le signe de l'optimisme, appuyé par un soleil radieux inondant les tribunes de l'hippodrome de Longchamp, que les deux jours ont été placés par le président du syndicat patronal. Un événement dont l'organisation a été un véritable défi sanitaire et un succès – 4 500 participants, soit 20 % de plus que l'an passé. « Un événement dont la tenue permet de donner une confiance nécessaire pour faire basculer les choses du bon côté lorsque l'on a aussi le choix de sombrer dans le dramatisme » se réjouira Enrico Letta, dans un français toujours impeccable, au cours de l'une des nombreuses tables rondes qui voyaient échanger entre eux des invités prestigieux.

Applaudissements et communisme

Il a été question du confinement, et Geoffroy Roux de Bezieux n'a pas manqué de saluer l'action du Gouvernement et la réactivité des banques et de l'administration – « et ce n'est pas souvent que l'on fait applaudir des fonctionnaires et des banquiers au Medef », dira-t-il avec malice –, ni de se réjouir des avancées européennes pilotées par le tandem franco-allemand. Il a surtout été question du « monde d'après », ou plutôt du « monde de maintenant » pour le président du Medef qui n'aime pas trop la première expression qui, à ses yeux, fait trop table rase du passé. Alors qu'il faut « s'attendre à l'inattendu », comme le dit Edgar Morin, et devant une crise de nature inédite, il invite au pragmatisme, seule théorie et “–isme” qui vaille : « libéralisme, keynésianisme ne nous parlent pas de cette crise. L'important est de redresser le pays. Pour sauver l'économie française, je serai même devenu marxiste s'il le fallait », plaisante-t-il.

Le plan de relance : effacer la crise en deux ans

Pour sauver l'économie française, il est surtout question pour l'heure du plan de relance qui sera présenté cette semaine par le Gouvernement. Un plan dont Jean Castex, puis Bruno Le Maire, sont venus présenter la philosophie, ne manquant pas, l'un comme l'autre, de saluer l'action du Gouvernement d'Edouard Philippe et le rôle joué par les entreprises. « Votre endurance impressionne », dira Jean Castex, en “opération séduction” aux dires de certains observateurs.

« Une philosophie : l'investissement », selon Bruno Le Maire. Le plan sera tourné vers l'offre (alors que la consommation des ménages reste soutenue) et se donne pour ambition « d'effacer la crise en deux ans », tout en construisant une économie plus compétitive et plus respectueuse de la planète. Bercy, en guichet unique, répartira 100 milliards d'euros à des projets d'efficacité immédiate et fait la promesse que l'exécution du plan se fera avec les entreprises et les collectivités territoriales. Sur un point plus précis, Jean Castex est venu annoncer qu'il contient une baisse significative des impôts de production, long cheval de bataille du Medef, « des impôts stupides et inutiles, qui incitent à délocaliser » pour le ministre de l'Economie qui souhaite « aller chercher l'argent là où il se trouve, chez les géants du digital ». Devant des questions d'entrepreneurs, Bruno Le Maire appelle aussi à limiter le recours aux travailleurs détachés et explique que le plan de relance contient la mise en place d'une gestion prévisionnelle des effectifs au niveau national pour ajuster demande d'emplois et offre de formation. Côté Europe, il érige la création d'un marché européen de capitaux « afin que les startups se financent en Europe au lieu de se vendre aux Etats-Unis » en grand défi de la fin du quinquennat.

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