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REF 2020 : François Baroin et Anne Hidalgo pour un “big bang” territorial

Comment vivre ? Comment manager avec le coronavirus ? Circuler ? Dialoguer ? Vivre autrement ? C'est le cœur de sujet de la table ronde “Métro, boulot dodo... ciao” de la REF et durant laquelle ces deux “présidentiables” se sont accordés pour dénoncer « l'ultra-centralisation ».
REF 2020 : François Baroin et Anne Hidalgo pour un “big bang” territorial
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Invités à témoigner lors de la “table des présidentiels” (ainsi nommée parce que rassemblant plusieurs candidats potentiels) Anne Hidalgo et François Baroin ont tous deux défendu la nécessité de donner plus de pouvoir aux collectivités locales. « La moitié des Français vivent dans des communes moins de 10 000 habitants et 37 % dans des communes de moins de 2 500 habitants. L'aménagement du territoire ne permet pas d'avoir une seule politique pour toutes les villes, il faut s'adapter », a lancé dans un premier temps le président de l'association des maires de France (AMF), interrogé sur les bouleversements en matière de transports publics, ajoutant que les effets de la crise sanitaire et de la peur qu'elle induit allaient modifier le comportement des utilisateurs, mais aussi le financement du système. « Quelles seront les habitudes prises dans les métropoles, dans le reste du territoire ? Il ne sera pas possible d'appliquer le même modèle partout. Nous demandons une très grande adaptation à la réalité des territoires, à leur sociologie ».

Comment gérer ce tsunami ?

Pour Anne Hidalgo, la crise sanitaire a provoqué une remise en cause profonde de notre rapport à l'autre, au travail, à la santé, à la sécurité... Les villes vont, elles aussi, devoir s'adapter. « La gestion de crise implique une certaine agilité et ce n'est pas facile avec 55 000 fonctionnaires à Paris », a-t-elle concédé, précisant que cette agilité impliquait deux choses : « de la décentralisation et de la confiance ».

« François Baroin, mon président, a porté cette parole pendant toute la période du confinement », a souligné la maire de Paris, avant d'annoncer qu'elle allait engager une « déconcentration extrêmement forte vers les maires d'arrondissement pour que les questions puissent être le plus possible traitées à l'échelle de la proximité ». Selon la maire de Paris, « la crise du Covid a mis en évidence qu'à l'échelle des territoires, les maires sont là pour organiser le dialogue et les solutions qui doivent être adaptées avec les entreprises, les partenaires, sociaux, les citoyens et les associations ».

Mettre fin à l'ultra-centralisation

Saluant ensuite l'action des entreprises durant la crise sanitaire, François Baroin a précisé sa pensée concernant l'action locale. « J'ai aimé servir l'État, mais le statu quo n'est plus possible. La conception des années 1960-1970, celle d'un modèle ultra-centralisé, impuissant, avec des effectifs qui ont disparu des territoires et une dette qui a pris 20 points de PIB, n'est plus possible », a-t-il affirmé, craignant une très grande catastrophe si l'État n'en prenait pas conscience.

Pour lui, l'État doit « se remuscler là où on l'attend », c'est-à-dire en matière de sécurité, de diplomatie, de services. « Mais il doit être lucide désormais, il ne peut plus répondre présent en tous lieux, tout temps, et en toutes circonstances ». Logement, tourisme culture, sport, milieu associatif... Les maires revendiquent désormais une bonne partie de ces politiques.

Pour François Baroin, le médico-social doit, quant à lui, revenir aux départements : « Il faut remettre les maires au cœur de la compétence santé, dans la gestion des hôpitaux, l'initiative public-privé, le rapprochement de la politique de ville et de la politique hospitalière ». Après l'investissement, le développement économique et la formation professionnelle, les Régions devraient, pour le maire de Troyes, pouvoir aussi gérer l'emploi. Ce grand “chamboule-tout” que l'homme d'État appelle de ses vœux aboutirait à une sorte de fédéralisme à la française, « un vrai modèle républicain qui s'adapte aux temps actuels ».

Et Anne Hidalgo de conclure : « Je suis totalement d'accord, il faut ce “big bang” territorial, ce choc de confiance avec l'ensemble des acteurs, il faut sortir de l'archaïsme. Ce n'est pas le modèle républicain qui est archaïque mais ce centralisme, ce jacobinisme conjugué à du colbertisme. Nous avons la capacité de rebondir et de changer de modèle, avec pour moteur la transition écologique et énergétique. Il faut saisir cette occasion, les énergies sont là ! »

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