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Rachida Dati règle ses comptes sur Twitter

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Rachida Dati règle ses comptes sur Twitter
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Après la crise du Covid-19, la bataille des Municipales reprend ses droits à Paris. Si la partie ne semble pas égale entre Agnès Buzyn, Rachida Dati et Anne Hidalgo, chacun des camps semble adopter une stratégie différente.

Avec 33% des intentions de vote pour le second tour, d'après le dernier sondage Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud-Radio, Rachida Dati accuse près de 11 points de retard sur Anne Hidalgo, une maire sortante forte du ralliement des troupes de l'écologiste David Belliard et bénéficiant du report d'un peu plus de la moitié (53%) des voies des électeurs de Danielle Simonnet. Agnès Buzyn, elle, fleurte à peine avec les 20 %.

Rachida Dati semble bien déterminée à mener une campagne offensive pour combler son retard. Sur la dernière quinzaine, trois thèmes majeurs alimentent son compte twitter : la valorisation de la plateforme mise en place par ses équipes pour obtenir une procuration, le rappel des points clés de son programme (propreté, sécurité, relance économique, école et mobilité) et l'affirmation quasi obsessionnelle que 71% des Parisiennes et des Parisiens ne voudraient plus d'Anne Hidalgo à l'Hôtel de ville (chiffre non issu d'un sondage, mais qui correspond à 100 moins les 29 points obtenus par les listes « Paris en commun » au premier tour).

« Si je vous gêne… »

Cela quitte à incarner une « droite dure », une étiquette que lui prêtent volontiers les marcheurs qui cherchent à se frayer une place dans le scrutin. Des marcheurs qui n'ont pas manqué d'entendre Marine le Pen affirmer sur France Inter « Si j'étais électeur à Paris, je voterais largement Dati plutôt qu'Hidalgo »… « Droite dure, ça veut dire quoi ? Droite raciste, droite fasciste ? C'est une injure à mon parcours. Ce que j'ai fait quand j'étais garde des Sceaux, vous ne croyez pas que cela vient du fond de mes tripes ? », répondait ce 11 juin l'ex garde des Sceaux à Elisabeth Martichoux sur LCI.

La meilleure défense, c'est l'attaque, dit le proverbe. Citant récemment sur Twitter un article publié le 9 juin dans les colonnes du Monde, « Au-delà, les macronistes espèrent attirer certains électeurs centristes en insistant sur leurs différences jugées “extrêmes” avec la “droite dure” de Rachida Dati. “Elle a des valeurs qui ne correspondent pas du tout à notre vision”, affirme Paul Midy, le directeur de campagne. », Rachida Dati interpelle directement ce dernier, Agnès Buzyn et Stanislas Guerini : « Qu'est-ce qui vous gêne chez moi ? Mon nom ? Mon prénom ? Mon origine sociale ? Les cités où j'ai grandi ? La méritocratie républicaine ? Qu'est-ce qui vous gêne ? Que je puisse devenir Maire de Paris ? Qu'est-ce qui me vaut ce dénigrement permanent et vos insultes constantes sur mes valeurs ? Votre mépris social ne vous autorise pas tout, et surtout pas à piétiner mon parcours républicain, mes valeurs et accessoirement tous les électeurs qui ont voté pour moi. L'antiracisme, ce n'est pas de l'indignation de salon. »

« Sur les deux tableaux »

Un tweet très commenté, moult réponses faisant allusion aux propos de la candidate LR après les attentats de Hanau en Allemagne, pays qui aurait « payé le prix fort » de l'accueil d'un million de migrants. Si Agnès Buzyn est pour l'instant restée silencieuse, Gaspard Gantzer, un de ses soutiens assez médiatique, et directeur de la communication, vient retoquer assez poliment Rachida Dati : « Je pense tout simplement que nous ne partageons pas la même vision de Paris et de son avenir. C'est donc pour cela que nous proposons un programme et des projets différents aux Parisiens, et c'est très sain démocratiquement ». Agnès Buzyn ne s'adresse d'ailleurs pas aux autres candidats sur Twitter et alimente son compte de photos des verres en terrasse avec des membres du Gouvernement, avec son équipe de campagne, avec en plus quelques infographies sur son programme.

C'est nettement moins cordial du côté de Frédérique Calandra, maire sortante et candidate LaRem dans le 20e arrondissement où elle ne terminait que troisième, loin derrière la liste PS, étiquette sous laquelle elle avait été facilement réélue en 2014 au soir du premier tour. Sa réponse est même jugée diffamatoire par l'ancienne ministre de la Justice, ce qui n'est pas l'avis d'Emmanuel Le Mière, ancien bâtonnier de Coutances-Avranches qui se mêle au débat.

Opposition divisée, maire sortante confortée ?

La candidate LR ne désespère pas obtenir les votes des électeurs En Marche, un pari qui ne manque pas d'audace. Dernier appel du pied en date dans la matinale de France Info le 10 juin : « Je le dis aux électeurs de Madame Buzyn : vous voulez le changement et vous savez que Madame Buzyn ne peut pas gagner. Des enquêtes sont en cours pour déterminer sa responsabilité dans la crise du Covid. Les électeurs En Marche veulent un changement à Paris, pas des commissions d'enquête. Si vous voulez un changement à Paris dès le jour de l'élection, votez utiles et efficaces, votez pour mes listes ». Pour l'heure, l'appel ne semble pas avoir été véritablement entendu. Sans oublier l'enquête en cours visant Rachida Dati et les perquisitions menées dernièrement dans son bureau et à son domicile par trois juges d'instruction dans le cadre de l'affaire Carlos Ghosn. Pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop avec qui Affiches Parisiennes parlait techniques de sondage peu avant le confinement : « Faute d'avoir pu créer un front uni anti-Hidalgo, Rachida Dati aura du mal à trouver des réserves de voix ».

C'est peut-être du côté des abstentionnistes que le gisement semble le plus riche, 42 % d'entre eux se disant prêts à voter Dati. Un problème de réserve de voix qui se pose aussi pour Agnès Buzyn qui peine à attirer les villanistes, majoritairement pro-Hidalgo (seuls 34 % d'entre eux se tourneraient vers la candidate LaRem d'après le sondage).

Comme au-dessus de ces conflits, la Maire sortante Anne Hidalgo, fait le pari d'un Paris vert et expose sur Twitter, le contenu de son alliance scellée avec les Verts, mais aussi des photos des pistes cyclables temporaires, du démontage de l'échafaudage de Notre-Dame endommagé par l'incendie, ou encore la pose avec Patrick Ollier, Patrick Braouezec et Tony Estanguet pour présenter le futur centre aquatique olympique.




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