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Quels métiers recruteront en France en 2030 ?

France Stratégie et la Dares ont récemment publié « Les Métier en 2030 », un panorama chiffré des métiers qui recruteront le plus en France à l’horizon de dix ans. Il en ressort notamment que 800 000 postes seront à pourvoir par an d'ici 2030.
Quels métiers recruteront en France en 2030 ?
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Le 10 mars dernier, Jean-Christophe Sciberras, président du comité d’orientation de Métiers 2030, Michel Houdebine, directeur de la Dares, et Cédric Audenis, commissaire général adjoint de France Stratégie, ont présenté à la presse les premiers résultats de « Métiers 2030 », le 4ème exercice de prospective nationale des métiers et des qualifications, mené conjointement par les deux organismes. Il poursuit l’objectif d’éclairer les acteurs publics ou privés, institutionnels ou individuels dans leurs stratégies d’investissement, notamment en matière de formation, et à accompagner les citoyens dans leurs choix de carrière. Cette année, l’exercice intègre des données relatives aux jeunes débutants, qui impacte significativement la dynamique des métiers et l’équilibre entre offre et demande de travail.

« Les Métiers en 2030 » s’appuie à la fois sur les grandes tendances observées par le passé et sur des scénarios macroéconomiques, reposant sur des évolutions démographiques, économiques, technologiques et environnementaux, post-crise sanitaire et tenant également compte des efforts de lutte contre le réchauffement climatique qui seront déployés d’ici 2030.

Premier constat de cet exercice de prospective, les besoins de recrutement générés par les départs en fin de carrière et le dynamisme de l’emploi devraient avoisiner les 800 000 chaque année d’ici à 2030. Par ailleurs, les créations d’emplois seront très hétérogènes selon les métiers : ceux de l’informatique, liés aux soins et à l’aide aux personnes âgées, les métiers qualifiés du bâtiment ou encore les cadres du privé (hors finance) connaîtront une forte croissance. A l’inverse, d’autres verront leurs effectifs diminuer.

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De fortes créations d’emploi

Selon l’étude, 1 million d’emplois seraient créés entre 2019 et 2030, dont deux tiers dans les services marchands. Dans le détail, 410 000 postes de médecins, infirmiers, professions paramédicales, aides à domicile et aides-soignants, seraient créés sur cette période, 180 000 postes dans les métiers de l’informatique et de la recherche et 135 000 postes d’ouvriers de la manutention. Les métiers du bâtiment et industriels sont aussi concernés par les créations d’emploi, avec respectivement 120 000 et 45 000 entre 2019 et 2030.

Les créations d’emploi restent favorables aux diplômés de l’enseignement supérieur qui occuperaient 47 % des postes en 2030, contre 43 % aujourd’hui, avec 1,8 million d’emplois occupés par des diplômés du supérieur créés entre 2019 et 2030. Par ailleurs, 40 % des créations d’emplois exercés par des diplômés du supérieur seraient concentrées dans les secteurs juridiques, comptables et de gestion, les services administratifs et de soutien ainsi que le commerce, avec chacun entre 200 000 et 300 000 créations nettes d’emplois.

Les 15 métiers qui recrutent le plus

Comme dit précédemment, en ajoutant aux créations nettes d’emplois les départs en fin de carrière des dernières générations de baby-boomers, ce sont près de 800 000 postes qui seraient à pourvoir chaque année d’ici 2030. Si une quinzaine de métiers rassemblent le plus de postes à pourvoir, trois catégories se démarquent.

La première regroupe les métiers créant peu voire pas d’emplois et pour lesquels les postes à pourvoir correspondent essentiellement à des départs en fin de carrière : c’est le cas pour les agents d’entretien, avec 460 000 postes à pourvoir, les enseignants (328) ou encore les conducteurs de véhicules (283).

La deuxième concentre les métiers dont les créations d’emploi contribuent à au moins un quart des postes à pourvoir : les cadres administratifs, comptables et financiers (212 postes), les cadres commerciaux et technico-commerciaux (176) ou encore les aides à domicile (207).

Enfin, la troisième catégorie se compose de métiers plutôt jeunes, dont les postes créés représentent au moins la moitié des postes à pourvoir. Il s’agit notamment des ingénieurs de l’informatique et des ingénieurs et cadres techniques de l’industrie.

Des difficultés de recrutement variables

Pour chaque métier, « Les Métiers en 2030 » confronte les besoins de recrutement des employeurs en 2030 avec le nombre de jeunes candidats débutants afin de mettre en évidence des déséquilibres « potentiels ». Il apparait alors que les difficultés de recrutement s’accentueraient pour la majorité des métiers en tension aujourd’hui, en raison d’une faible attractivité. C’est le cas des aides à domicile, des personnels de ménage ou des conducteurs d'engins du bâtiment et des travaux publics. Pour certaines professions, ces difficultés de recrutement devraient être anticipées, notamment les ouvriers qualifiés de la manutention, les agents d’entretien ou encore les ouvriers du textile et du cuir.

Selon l’étude, les difficultés de recrutement actuelles se maintiendraient pour près de deux métiers sur cinq, dont l'exercice nécessite des compétences techniques spécifiques qui s'acquièrent par le biais d’une formation professionnelle initiale ou continue. Il s’agit par exemple des aides-soignants, des techniciens et cadres du bâtiment et des travaux publics ou encore des ingénieurs de l'informatique. A contrario, ces difficultés de recrutement pourraient se réduire d’ici 2030 pour les employés et agents de maîtrise de l’hôtellerie, les coiffeurs et esthéticiens, les techniciens de la banque et des assurances et les employés de la comptabilité.

Typologie de métiers en quatre catégories

En confrontant besoins et ressources en main-d’œuvre, l’étude a dégagé quatre catégories de métiers en fonction de leurs modes d’alimentation et de leur dynamisme démographique et économique. La première catégorie est celle des « métiers attractifs », qui recensent peu de départs en retraite, sont dynamiques en termes de créations d’emplois et attirent les nouveaux diplômés. Les candidats seraient donc assez, voire trop nombreux. Il s’agit des professionnels du droit, professions paramédicales, ou encore des personnels d’études et de recherche.

« Les métiers de première expérience », également attractifs et plutôt jeunes sont des tremplins vers d’autres professions (vendeurs) ou un poste de niveau supérieur (ouvriers peu qualifiés de la manutention). La majorité de ces métiers devrait avoir un vivier de recrutement suffisant pour pourvoir les postes inoccupés.

« Les métiers de seconde partie de carrière », qui forment la troisième catégorie, connaissent de nombreux départs en fin de carrière et une faible arrivée de débutants. Ainsi, ceux qui créent de l’emploi pourraient manquer de main d'œuvre, aggravant les tensions actuelles sur le recrutement dans les professions du care (aide à domicile), de l’entretien (agent d’entretien), du transport (conducteur de véhicule, manutentionnaire), du bâtiment (ouvriers du second œuvre) ou chez les cadres commerciaux, administratifs et financiers.

Enfin, les métiers « qui ont du mal à attirer » auraient une trop faible arrivée de jeunes entrants, insuffisante pour compenser les départs en fin de carrière, engendrant des difficultés de recrutement quasi certaines. Sont concernés les personnels de ménage, les agriculteurs, les secrétaires, les ouvriers du textile et du cuir et les ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment.

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