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Quels métiers pour 2022 ?

Jean Pisany-Ferry, le commissaire général de France Stratégie, accompagné de Jean-François Collin, président du groupe Prospective des Métiers et des qualifications, et Françoise Bouygard, directrice de la Dares, ont remis récemment au ministre du Travail un rapport intitulé « Les métiers en 2022 » ayant pour objectif de sécuriser les parcours professionnels des salariés et fluidifier le marché du travail.
Quels métiers pour 2022 ?
AP - Jean-François Collin, Jean Pisany-Ferry, Françoise Bouygard et François Rebsamen

Droit Publié le ,

Si François Rebsamen, ministre du Travail de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, n’est pas à l’origine de ces travaux de prospective des métiers et qualifications, il n’en demeure pas moins qu’il a étudié le dossier avec minutie et salué la qualité et l’utilité de ce travail.

De fait, ces travaux ont été conduits et renouvelés depuis une quinzaine d’années, à la demande du Premier ministre, par le Commissariat général du Plan, puis par France Stratégie et par la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques).

Quelles sont les grandes tendances pour l’emploi dans une petite dizaine d’années ? Combien de postes à pourvoir ? Dans quels domaines ? Combien de créations nettes d’emplois ?

Cette étude permet « d’éclairer en profondeur les transformations des métiers à venir et d’accompagner dans leurs réflexions les pouvoirs publics, mais aussi les partenaires sociaux qui ont été associés dans cette démarche, et les acteurs économiques, dans leur prise de décision » selon le ministre du Travail.

François Rebsamen a tenu à féliciter ses auteurs pour avoir apporter « un éclairage nécessaire pour mieux comprendre, mieux débattre et mieux décider », et finalement travailler de façon plus intelligente, « collectivement ».

Ce rapport, qui met en perspective les grandes évolutions des ressources en main d’œuvre et de l’emploi par métier à l’horizon 2022, se distingue notamment par la présentation de trois scénarios macroéconomiques : un scénario central correspondant à une sortie de crise progressive, contrainte par l’ajustement des finances publiques, un scénario « de crise » envisageant une dégradation de la compétitivité, et un scénario « cible » de rebond de l’économie française. Ces derniers permettent d’apprécier les effets sur l’emploi par métier, dans un contexte conjoncturel particulièrement incertain.

Pour Françoise Bouygard, directrice de la Dares, ce qu’il faut en retenir est qu’il y aura, entre 2012 et 2022, à peu près 620 000 départs en fin de carrières chaque année. « Voilà déjà une première source de recrutements potentiels ». A coté de ça, il y aura des créations d’emplois qui se chiffrent, selon les scénarios, entre 115 000 et 212 000 créations nettes d’emplois par an. C’est-à-dire entre 735 000 et 830 000 postes à pourvoir chaque année. Ainsi, 80 % des postes à pourvoir découlent des départs à la retraite, et ceci grâce à la sortie de la vie active des baby-boomer.

Le marché du travail sera bientôt composé de 30 millions d’actifs, avec de plus en plus de femmes (49%), des individus plus âgées (1,5 million de personnes en plus âgées de plus de 55 ans) et plus diplômées qu’auparavant. On note toutefois une différence notable du marché du travail entre les territoires.

Les évolutions en cours et à venir sont, en plus de la tertiarisation et de la féminisation de l’emploi, une polarisation des métiers vers les deux extrémités de l’échelle des qualifications, au détriment des emplois intermédiaires.

Les emplois vers lesquels il y aura une forte dynamique de recrutement sont, par exemple, les métiers de soins et d’aide à la personne, les agents d’entretiens, les conducteurs de véhicule, les enseignants et les ingénieurs en informatique.

A l’inverse, les métiers qui subiront des destructions d’emplois sont les employés administratifs, les ouvriers non-qualifiés de l’industrie et les professionnels du secteur agricole.

Cette étude prospective propose également des pistes de réflexion et d’actions en faveur de l’apprentissage, de l’emploi des séniors et tire des enseignements en matière de développement des territoires.

Jean Pisany-Ferry a tenu à rappeler que ce travail est une responsabilité : « la responsabilité de dire aux acteurs de la formation, mais aussi aux citoyens, aux jeunes entrains de se former, ce qu’on pense de l’avenir des métiers ».

Il convient donc d’en tirer les conséquences pratiques, de ne pas se voiler la face et d’adapter notre force de travail à la conjoncture économique.

Il y a du positif puisque « cemarché du travail offre des perspective aux jeunes, à la fois en terme de demande de profils diplômés que de métiers qui se développent ». Par ailleurs, les générations qui arrivent sur le marché du travail sont moins nombreuses (750 000) que celles qui prennent leur retraite (850 000).

Le commissaire général à la stratégie a souligné habilement que l’incertitude technologique invite à réfléchir en terme de compétences transférables d’un secteur à l’autre. « Il y a toujours un arbitrage difficile entre acquérir des compétences qui, immédiatement, vous donne un emploi sur le marché du travail et, en même temps acquérir, des compétences suffisamment générales pour pouvoir changer de métier en cours de carrière ». Voilà tout l’enjeu du marché du travail moderne et le pourquoi de ce rapport !

Pour François Rebsamen, l’objectif de ce travail de prospective est de « rendre plus fluide le marché du travail et de sécuriser les parcours professionnels des salariés ». Si l’identification des métiers de demain est un enjeu crucial, encore faut-il que cette information soit relayée et utilisée à bon escient. Le ministre du Travail semble déterminé à diffuser ce rapport au plus grand nombre. Il a rappelé, non sans humour, que ce rapport ne prédit pas l’avenir mais « indique des chemins ». Maintenant, c’est aux partenaires sociaux, à la société civile, mais surtout aux acteurs publics et économiques « d’y trouver la meilleure voie pour atteindre notre objectif : gagner la bataille pour l’emploi ».

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