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Quelle gouvernance pour la zone euro ?

Dans le cadre du cycle « Entretiens sur l'Europe » Michel Barnier, conseiller d'État et ancien commissaire européen, a modéré le débat sur la question de la gouvernance pour la zone euro. Dans l'enceinte du Conseil d'État, trois intervenants européens, Enrico Letta, ancien Premier ministre italien, Nikolaus Meyer-Landrut, l'ambassadeur allemand en France, et Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction des Échos, étaient présents pour tenter de répondre à cette problématique.
Quelle gouvernance pour la zone euro ?
© Conseil d'État - De gauche à droite, Dominique Seux, Enrico Letta, Michel Barnier et Nikolaus Meyer-Landrut.

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« La BCE (Banque centrale européenne) a été au bout de ses cartouches. Nous avons épuisé l’outil monétaire. Laissons place désormais à l’outil budgétaire européen », annonce le conseiller d’État et modérateur, MichelBarnier. Il n’existe pas une politique budgétaire et fiscale commune au sein de l’Union européenne. C’est pourquoi, EnricoLetta, l’ancien président du Conseil des ministres italien, a proposé la création d’un poste de ministre des Finances de l’euro.

« L’Eurogroup n’a pas un impact suffisant »

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, « ne peut plus assumer seul son rôle de régulateur de la zone euro », estime Enrico Letta, qui souhaite rendre cette régulation plus démocratique en créant un ministère des Finances européen. L’Eurogroup (l’institution qui regroupe les ministres des Finances des pays membres de la zone euro) « n’a pas un impact suffisant » dans la régulation de la zone euro. Ce nouveau ministre pourrait alors renforcer le rôle de cette institution.

L’ancien président du Conseil des ministres italien propose que le ministre des Finances soit « accompagné d’un comité parlementaire de la zone euro avec peut-être même les présidents des commissions budgétaires des parlements nationaux ». Selon lui, le ministre des Finances aura à sa charge le contrôle des budgets des pays membres de la zone euro et la gérance du mécanisme européen de stabilité. Ce mécanisme permet de lever des fonds sur les marchés financiers pour venir au secours des États en difficultés. Néanmoins, Enrico Letta ne donne pas plus de précision sur le lien qu’aurait ce ministre des Finances avec la Commission européenne qui assume déjà cette mission.

L’Union européenne est vue comme « la coupable »

La nomination d’un ministre des Finances, « nécessite une refondation des traités européens et un transfert de souveraineté vers l’Union européenne. Mais est-ce accessible politiquement ? », déclare Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne en France. Selon lui, l’Allemagne attend que les pays membres soient beaucoup plus rigoureux et qu’ils respectent leurs engagements envers les traités européens déjà existants.

Personne n’a encore quitté l’euro

L’Union européenne est vue comme « la coupable » de tous les maux, poursuit Enrico Letta. « Quand on parle du vote européen », notamment lors des élections parlementaires européennes, « on s’adresse au perdant ». Les Européens ont perdu espoir en l’euro, selon les intervenants. En Europe, la tendance est à l’exit (sortie) avec le Royaume-Uni et son possible Brexit (sa sortie de l’UE), mais aussi la Grèce et son éventuel Grexit (sortie de la zone euro). Récemment, le Parlement finlandais a même évoqué son envie de quitter la zone euro. « L’Europe doit être perçue comme une entité chaleureuse, c’est froid pour l’instant », conclue Enrico Letta. Néanmoins, personne n’a encore quitté la zone euro tempère Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction des Échos. Mais une chose est sûre, « si l’Europe est frappée par une nouvelle crise économique, on ne survivra pas et un changement devra forcément s’opérer », déclare Enrico Letta avec l’approbation des autres intervenants.

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