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Quel redressement productif ?

Maurice Taylor, pdg américain de Titan International, a récemment envoyé un courrier incendiaire à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, déclenchant une polémique.
Quel redressement productif ?
SpeedProPhoto - un pneu Goodyear, Photo Flickr

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

La firme Titan, qui a repris une partie des activités du producteur de pneumatiques Goodyear dans le monde, a été pressentie pour reprendre l’usine d’Amiens. Après un an de négociations avec la CGT, syndicat largement majoritaire (85 % des voix aux dernières élections professionnelles), M. Taylor a renoncé. Son plan prévoyait de conserver 500 postes sur 1 200. La CGT a annoncé son intention de créer une SCOP (société coopérative et participative) afin de reprendre la production de pneus agricoles, un projet sauvegardant 800 emplois.

Dans une lettre au ministre, M. Taylor a fustigé les « soi-disant ouvriers qui touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures (par jour)». La CGT a dénoncé une lettre insultante. Harlem Désir, Premier secrétaire du PS, a comparé M. Taylor à « M. Sylvestre de la World Company (Guignols de l’info) ». Pour Jean-Luc Mélenchon, M. Taylor est « une espèce de caricature de yankee, insultant, grossier, vulgaire, comme la plupart des dirigeants nord américains le sont en général avec leurs colonies ». M. Montebourg a conclut sa réponse écrite en annonçant qu’il allait faire surveiller les « pneus d’importation » de Titan « par les services compétents du gouvernement français avec un zèle redoublé ».

Au-delà de la propension à la provocation des uns et des autres, il faut s’interroger sur l’avenir de notre modèle social. La crise économique qui secoue l’Europe nous oblige à réduire notre train de vie et se traduit par une destruction d’emplois, surtout dans le secteur industriel. Lutter contre ce phénomène suppose d’aider les entreprises, et notamment de fluidifier le marché du travail, y compris en rognant des avantages acquis pendant une période faste de notre histoire. Le jusqu’auboutisme de certains syndicats, qui peut donner l’illusion de protéger les salariés dans l’immédiat, les condamne inéluctablement à long terme. Un comportement suicidaire, qui est pourtant conforté par des attitudes politiques plus idéologiques que pragmatiques.

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