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Quand les inscriptions à Pôle emploi reflètent – malgré elles – la parité

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Quand les inscriptions à Pôle emploi reflètent – malgré elles – la parité
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Selon la récente étude de Pôle emploi, les femmes sont autant victimes du chômage que les hommes et représentent près de la moitié des personnes inscrites, sans emploi.

Les chiffres de la dernière étude statistique menée par Pôle emploi révèlent que, fin 2019, 48,8 % des demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi et n'ayant pas travaillé au cours du mois) sont des femmes. Par ailleurs, depuis 2009, la part des femmes demandeuses d'emploi inscrites dans cette catégorie est très proche de celle observée au sein des personnes en emploi et le chômage touche proportionnellement presque autant les hommes que les femmes.

Ainsi, l'Insee et les concepts du Bureau internationale du travail (BIT) ont noté, sur l'ensemble de l'année 2019, taux de chômage féminin de 8,4 % masculin de 8,5 %.

Le chômage des femmes concentré sur des métiers « féminins »

En dépit d'une progression notable de la mixité des métiers ces dernières années, les métiers exercés par les hommes et les femmes diffèrent encore, un écart qui s'illustre dans les métiers recherchés par les demandeurs d'emploi. De ce fait,
68 % des femmes inscrites à Pôle emploi
recherchent des métiers « très féminins », entendez, des métiers pour lesquels la part des femmes parmi les inscrits dépasse 70 %. À l'inverse, les métiers regroupant moins de 30 % de femmes ne regroupent au total que
7 % des femmes inscrites à Pôle emploi, mais 62 % des hommes, ces métiers étant plutôt liés à l'industrie et à la construction. Trois groupes de métiers “très féminins” peuvent être distingués.

Le premier regroupe les métiers relevant du secteur des services à la personne et à la collectivité, qui regroupent par exemple l'assistance auprès d'enfants avec 99 % de femmes, les services domestiques, avec 97 % de femmes ou encore l'assistance auprès d'adultes, avec 95 % de femmes. Les demandeurs d'emploi qui recherchent un métier dans ce secteur ont, à
37 %, 50 ans ou plus, recourent plus fréquemment à l'activité réduite dans leur période d'inscription (49 % contre 39 % pour l'ensemble des métiers). En outre, l'intensité horaire de l'activité réduite y est plus forte : 13 % de ces demandeurs d'emploi exercent un emploi à temps complet sur un mois contre
10 % pour l'ensemble de la population.

Le deuxième groupe se compose des métiers du secteur de la santé, qui regroupent, entres autres, les agents des services hospitaliers (89 % de femmes) et les aides-soignants (90 % de femmes). Les demandeurs d'emploi y sont plus jeunes que la moyenne, 17 % ont moins de 25 ans mais également plus diplômés (33 % contre
30 % pour l'ensemble des inscrits). Ils recourent, là encore, plus fréquemment à l'activité réduite dans leur période d'inscription (49 % contre 39 % pour l'ensemble des métiers) et l'intensité horaire de l'activité réduite y est plus forte : 15 % exercent un emploi à temps complet contre 10 % pour l'ensemble de la population.

Enfin, le troisième groupe de métiers « très féminins » est constitué des métiers du secrétariat, avec 97 % de femmes, de l'accueil et du renseignement , avec 87 % ou encore les agents administratifs, avec 80 % de femmes. En moyenne, les demandeurs d'emploi qui recherchent un métier dans ce secteur sont plus âgés, 31 % ont 50 ans ou plus et sont plus diplômés (48 % contre une moyenne de 30 %).

Hausse de l'activité réduite des femmes

L'activité réduite, soit le fait d'exercer une activité professionnelle au cours du mois tout en étant inscrit à Pôle emploi, est plus pratiquée par les femmes que les hommes. Elles sont 57 %. La durée moyenne de travail au cours du mois a augmenté depuis les années 1990 de 24 %, atteignant 108 heures en 2019. L'activité réduite des hommes a, quant à elle, légèrement reculé.

Autre exemple d'évolution, si, en décembre 1996, Pôle emploi recensait 71 000 femmes, contre 88 000 hommes, ayant travaillé au moins un temps complet au cours du mois, fin décembre 2019, l'inscription à Pôle emploi couplée avec l'exercice d'un emploi à temps complet concerne plus de 308 000 femmes, soit 4,3 fois plus, et de 224 000 hommes, soit 2,5 fois plus. Les secteurs qui concentrent le plus de demandeurs d'emploi ayant travaillé au moins un temps complet au cours du mois sont ceux du service à la personne et du secrétariat.

Progression de la part de femmes inscrites très diplômées

Si les femmes inscrites sont plus nombreuses qu'il y a vingt ans, elles sont aussi plus diplômées. A titre d'exemple, la part des femmes au sein des demandeurs d'emplois diplômés d'un niveau bac +2 est passée de 54 % à 58 %. Inversement, la part des femmes au sein des demandeurs peu ou pas diplômés a nettement diminué.

Par ailleurs, le taux d'actvité des femmes de 50-54 ans étant passé de 69 % à 81 % entre 1996 et 2014, le taux de féminisation des demandeurs d'emploi de cette tranche d'âge a également augmenté. A contrario, la part des femmes a diminué sur cette période, s'agissant des autres classes d'âge.

Égal accès à l'emploi salarié durable vs inégale indemnisation

Selon l'étude, les femmes accèdent aussi rapidement que les hommes à un emploi salarié durable mais leur montant moyen brut mensuel d'indemnisation reste 18 % inférieur à celui des hommes.

En effet, en décembre 2018, 33 % des femmes et 35 % des hommes étaient en emploi salarié durable (CDI ou contrat de six mois ou plus) six mois après leur inscription à Pôle emploi.

Toutefois, s'agissant des emplois de plus courte durée (un mois ou plus) ou des missions d'intérim, l'accès est moindre pour les femmes que pour les hommes. En décembre 2018, 48 % des hommes avaient retrouvé un emploi dans les six mois qui ont suivi leur inscription, contre 44 % des femmes seulement.

Cet accès masculin à l'emploi plus rapide s'explique par le fait que les hommes accèdent plus vite à des contrats courts et à la création d'entreprise, dans une moindre mesure, que les femmes : six mois après leur inscription, 9 % des hommes ont eu accès à un contrat d'intérim d'une durée comprise entre un et six mois, contre 4 % des femmes et 7 % des hommes ont créé leur entreprise contre 5 % des femmes.

Enfin, concernant l'inégalité d'indemnisation chômage, fin mars 2019, sur les 67 % des femmes demandeuses d'emploi inscrites en catégories ABC indemnisables, 72,8 % étaient indemnisées, soit plus de 1,5 million de femmes qui ont bénéficié, en moyenne, de 1 090 euros bruts par mois. C'est 18,1 % de moins que l'indemnisation moyenne des hommes, de 1 331 euros. Un écart qui retranscrit les écarts observés en termes de salaires et qui varie fortement selon l'âge : s'il est de 6 % pour les moins de 25 ans, il passe à 15 % pour les 25-49 ans puis à 31 % pour les demandeurs d'emploi de 50 ans ou plus.




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