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UHBP 2015 / Quand la vérité éclate

Dans une conférence intitulée « Oui à la lente et nécessaire manifestation de la vérité », le bâtonnier Pierre-Olivier Sur s'est entouré d'« initiés » pour évoquer l'importance de la manifestation de la vérité et tout ce que recouvre cette notion complexe.
UHBP 2015 / Quand la vérité éclate
Irène Frachon, Jean Lemierre, Thierry Derez, Jean-François Khan et Pierre-Olivier Sur

Droit Publié le ,

Après une introduction remontant à la pléiade des Grecs de l’antiquité, où « dire le vrai et assurer le souvenir était réservé à quelques initiés », Sébastien Le Fol, directeur de la rédaction du Point a accueilli le bâtonnier Sur et quatre intervenants pour échanger sur la nécessité de faire éclore la vérité.

Irène Frachon, le médecin pneumologue qui a révélé l'affaire du Médiator, a entamé le débat en expliquant que son intitulé était « exactement ce à quoi je suis confrontée depuis cinq ans, à ma grande stupéfaction ». Cette dernière lutte fermement contre le système de défense de la criminalité en col blanc « qui consiste à faire croire que l’émergence d’une vérité est forcément un processus lent et complexe, quand bien même les éléments sont d’une simplicité biblique ». L'utilisation dévoyée du doute scientifique est intéressante selon elle. Une vérité n’est vraie qu’à un instant T, elle peut donc être critiquée et déconstruite.

Jean-François Khan confirme en expliquant avec finesse la différence entre le mensonge, qui est un état, et la vérité, qui est un moment. Ces deux-là se comprennent puisque le journaliste avait révélé l'affaire du sang contaminé. Il raconte qu’à l’époque, un complot du silence s’était installé pendant trois semaines, car les journalistes des journaux emblématiques étaient salariés d'un des mis en cause. Les mondes du journalisme et du médical ont alors détourné la faute sur les politiques. « Le procès fait à Fabius était absolument injustifié. » Certains mensonges sont « pratiques » pour des raisons idéologiques selon lui. D’ailleurs, de nombreuses vérités ont été tues comme la théorie de l'inertie ou la mécanique des grands physiciens de la Renaissance.

Irène Frachon, qui a dénoncé le scandal du Médiator, Jean Lemierre et Thierry Derez (banques et les assurances), J.-F Khan, ayant révélé l’affaire du sang contaminé, et le bâtonnier ont débattus ensemble de la nécessité de dévoiler certaines vérités pour l’intérêt général.

Pierre-Olivier Sur a réfléchi à la distinction entre la croyance et le savoir. En s’adressant avec humour « à nos amis banquiers et assureurs », Jean Lemierre et Thierry Derez, il cite le cours d’économie de l’ancien dirigeant de la BNP, Michel Pébereau. « La croyance, c’est que les dépôts font les crédits. Le savoir, c’est qu’en réalité ce sont les crédits qui font les dépôts. » Pour le bâtonnier, la croyance prévôt sur le savoir. Pour Jean Lemierre, président de BNP Paribas, exit la croyance, la « vérité en matière économique est l'offre et la demande », donc le marché. Toutefois, il reconnaît que c'est une petite vérité, changeante, instantanée et facilement manipulable. Thierry Derez, PDG de Covéa, avoue quant à lui, que la relation à la vérité est complexe, la crédulité étant partagée par tous, signe d’un « besoin de croire ».

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