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Quand la santé et l'entreprise réfléchissent à un avenir commun

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Quand la santé et l'entreprise  réfléchissent à un avenir commun
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À l'occasion d'un déjeuner-débat au sein du Cercle de l'Union interalliée, dont la ministre Agnès Buzyn était l'invitée d'honneur, les acteurs de la santé et de l'entreprise se sont réunis pour échanger sur leurs enjeux d'avenir communs.

Organisé par le Mouvement Ethic et mené par sa présidente Sophie de Menthon, le débat sur le thème “Santé et entreprises : quel avenir commun ?” a réuni de nombreux entrepreneurs qui ont pu s'adresser directement à la ministre de la Santé, invitée d'honneur de l'événement.

À travers lui, les membres d'Ethic poursuivent l'objectif de mener, de concert avec le Gouvernement, des actions en faveur des enjeux de santé et de bien-être au travail et d'apporter leur expertise entrepreneuriale à l'appui des innovations à venir.

Une politique très orientée vers la prévention

Mot cher à la ministre, la prévention. En effet, elle est à l'origine du Plan de prévention et de lutte contre la pauvreté mis en place en collaboration avec les entreprises. Elle mène une politique de prévention des pathologies, de réduction des inégalités des chances face à l'emploi, des politiques familiales et sociales plus protectrices et plus préventives.

Autre axe de travail, la dépendance. Agnès Buzyn s'est attelée à instaurer un meilleur accompagnement des personnes âgées dépendantes, de type financier pour les familles concernées par la prise en charge de la dépendance. Elle rappelle que « ce n'est pas une fatalité, ce n'est pas lié à un moment de la vie ». Tout l'enjeu est alors de permettre aux citoyens de prendre soin de leur santé et d'avoir de bonnes habitudes de vie, saines, dès le plus jeune âge.

Agnès Buzyn s'est ensuite exprimée au sujet du rôle « sociétal majeur » des entreprises qui sont « un moteur de la société ». De nombreux enjeux sont directement liés à leur activité comme l'inclusion, la capacité à adapter les rythmes de travail, notamment pour les femmes qui s'en inquiètent dès lors qu'elles ont envie d'avoir des enfants, et la prévention. « L'entreprise est un lieu d'interaction sociale, de socialisation », ajoute la ministre, un endroit où il est facile de repérer et prévenir les fragilités, les faiblesses et de jouer un rôle sur la santé psychique et physique des salariés. « Les entreprises de santé ont un poids dans notre capacité d'innover », conclut-elle.

Former les futurs professionnels

Si la prévention nécessite des moyens, elle requiert aussi d'être véhiculée par des professionnels formés. Or, le fait est que les professionnels de santé ne sont pas les bons vecteurs de prévention aujourd'hui, faute de formation lors des études de médecine. « Ils n'ont pas forcément les outils ni appris », expose la ministre.

Pour y remédier, un service sanitaire a été lancé en 2018, permettant aux 49 000 étudiants en santé de se déployer devant un jeune public, dans les écoles et les lycées, sur des projets d'éducation à la santé, sur trois mois. Double intérêt de cette formation qui, au-delà de délivrer des messages d'éducation à la prévention et à la santé aux jeunes générations, forme les professionnels pour leur propre usage ultérieur. Le perfectionnement de ce service est très attendu par la ministre pour une « meilleure appropriation des enjeux de santé publique par les professionnels de santé ».

Mieux encadrer la pratique des arrêts maladie

Le débat s'est poursuivi sur le sujet des arrêts maladie, un des postes de dépenses les plus dynamiques de l'assurance maladie. Entre la négligence de certains médecins et de certaines politiques d'entreprise peu vertueuses, les arrêts maladie sont multiples et le Gouvernement s'est penché sur leur origine. Ainsi, la moitié du budget alloué aux arrêts maladie est liée à l'augmentation de ceux de longue durée, dus notamment à l'augmentation de l'âge de départ à la retraite et, donc, des maladies chroniques.

Concernant les arrêts de courte durée, le ministère a travaillé avec l'Ordre des médecins, les syndicats médicaux des médecins libéraux français mais également les représentants des entreprises et de l'assurance maladie pour essayer d'endiguer le phénomène de prescriptions abusives. Les entreprises qui entraînent le plus de sinistralité doivent être plus responsables, mener de plus fermes politiques de prévention au travail. Les médecins doivent également veiller à être plus responsables. Pour la ministre, l'important est de ne stigmatiser personne et de responsabiliser chacun, les salariés aussi.

La pénurie de médicaments

Interrogée sur la pénurie de certains médicaments en France, Agnès Buzyn a rappelé que plusieurs facteurs en sont à l'origine, le premier étant que les industriels réinvestissent souvent dans les mêmes lieux de production lorsque les usines pharmaceutiques donnent de bons résultats. Les usines ne sont donc pas dupliquées et, en cas de problème sur le site, c'est toute la production mondiale du médicament en question qui est impactée. Par ailleurs, pour certains médicaments, les fournisseurs de la matière première peuvent être uniques, incitant les industriels à se tourner vers des marchés plus lucratifs, en cas de pénurie, en augmentant les tarifs. En France, le système de remboursement est certes très intéressant pour les industriels mais implique un ajustement des prix.

Pour autant, les leviers pour lutter contre cette pénurie sont multiples. L'anticipation en fait partie. Les industriels doivent mieux identifier les risques de rupture de stock et se voir imposer une obligation de stockage, par exemple de trois mois minimum, la ministre rappelant toutefois qu'en l'absence de production supplémentaire, cette situation ne pourra être complètement résolue.

Repenser la filière pharmaceutique

Parallèlement à la production de médicament, c'est l'activité pharmaceutique qui doit être réévaluée. La ministre assure que son objectif n'est pas de vendre plus de médicaments mais d'assurer un meilleur service de couverture du territoire. « En tant que ministre de la Santé, je ne peux pas me satisfaire d'un pays qui consomme de plus en plus de médicaments », a-t-elle déploré.

Sollicitée sur ce sujet, Agnès Buzyn a assuré tenir compte de l'évolution du métier de pharmacien grossiste-répartiteur, qu'elle considère comme « un maillon indispensable de la chaîne de délivrance des médicaments » et souhaite communiquer sur les difficultés que ces professionnels rencontrent : en misant sur les médicaments génériques, pour développer l'innovation médicamenteuse, le modèle financier des pharmacies est mis à mal et les grossistes-répartiteurs subissent une baisse de leurs marges.

L'enjeu est donc de transformer leur activité et de repenser le fonctionnement de la filière pour assurer un service de qualité en termes de capacité à couvrir le pays en médicaments.




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