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Protection de la biodiversité : les clés du Medef pour s'engager

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Protection de la biodiversité : les clés du Medef pour s'engager
@ DR - Pierre Dubreuil et Claire Tutenuit

Le Medef a organisé dernièrement un webinaire sur la question très actuelle de la protection de la biodiversité, qui ne doit pas être confondue avec celle du changement climatique. Des solutions existent pour permettre aux entreprises de s'engager dès maintenant.

« Les scientifiques nous alertent sur le fait que la biodiversité est désormais menacée, et à travers elle, tout le fonctionnement de la planète vivante. La biodiversité est l'objet d'une érosion extraordinairement rapide et préoccupante, qui constitue un défi d'une importance égale à celle du changement climatique ». Face à ce constat « sans appel », le Medef a appelé, à l'occasion de ce webinaire, ses adhérents à agir, « les entreprises détenant une part importante des solutions ». Il faut dire que la France, par la grande diversité de ses climats locaux et de ses écosystèmes, est l'un des hauts lieux mondiaux de la biodiversité. Si les entreprises, étroitement liées au vivant, sont de plus en plus nombreuses à prendre la mesure des risques qui pèsent sur leurs modèles économiques (accès aux ressources, durabilité des sites de production) et des opportunités qui se font jour (nouveaux business models durables), la prise de conscience n'est pas encore suffisante. Trop souvent mêlé à celui du changement climatique, le sujet de la biodiversité devrait faire l'objet d'une prise en compte à part entière. Et l'année 2021 est un temps propice pour y entrer de plain-pied, de grands évènements internationaux sur la biodiversité étant prévus. A ce titre, le Medef a édité un guide baptisé « Entreprises et biodiversité : les clés pour agir ».

L'Homme est le responsable et la solution

« Une tragédie silencieuse se joue pendant que nous parlons. Silencieuse certes, mais réelle », a souhaité alerter Pierre Dubreuil, directeur général de l'Office français de la biodiversité. De la même façon, « la moitié des zones humides (des espaces naturels qui rendent des services écosystémiques fondamentaux et contribuent à diminuer le réchauffement climatique) ont disparu en 50 ans, 60 % des écosystèmes sont très dégradés et 40 % de la biodiversité terrestre en très forte dégradation également ».

Les causes sont désormais connues : déforestation, changement d'usage des terres (l'artificialisation des sols est la première cause d'érosion), pollutions chimique et plastique (un « fléau » pour les océans), trafic illégal d'espèces, changement climatique… Face à cette urgence, l'Etat a souhaité mettre en place l'Office français de la biodiversité, le seul établissement qui rassemble l'ensemble des acteurs (jusqu'au Medef) et tous les milieux (terrestre, aquatique et marin). « Nous partons du principe que l'Homme et la biodiversité doivent faire équipe : l'Homme est à la fois le responsable et la solution », a expliqué Pierre Dubreuil. D'autant que la période actuelle l'a montré, il existe un lien entre les atteintes portées à la nature et la transformation des zoonoses en pandémies. « Il ne faut pas mélanger cause et corrélation, mais la corrélation entre les deux est avérée », a-t-il précisé.

Mais au-delà, les acteurs du changement doivent prendre conscience « qu'il est nécessaire d'agir de manière non plus seulement curative, mais préventive ». Les entreprises sont donc invitées à intégrer ces politiques en amont, dans la production, dans la chaine de valeur, au risque d'avoir continuellement du retard sur le sujet.


Annabelle Baudin et Pierre Dubreuil

Les acteurs vers qui se tourner

Pour s'engager, et en particulier si l'entreprise a des enjeux liés à la biodiversité locale, le Medef conseille, dans son guide, de se rapprocher des acteurs locaux de l'environnement et de la biodiversité, tels que les agences régionales de la biodiversité (ARB), chargée de mobiliser tous les acteurs sur leur territoire ; les agences sur l'Office français de la biodiversité ; les parcs naturels régionaux, parcs nationaux et les parcs naturels marins (qui travaillent avec les entreprises sur la prise en compte des enjeux locaux) ; ou encore les territoires engagés pour la nature (TEN), qui ont déjà un plan d'action pour agir en faveur de la biodiversité et sont amenés à chercher le soutien d'entreprises locales. Enfin, pour travailler sur les enjeux associés à leurs activités, les entreprises peuvent se tourner vers les fédérations professionnelles. Les entreprises ont également la possibilité de contacter les acteurs nationaux de la préservation de l'environnement ou leurs antennes locales : Entreprises pour l'Environnement (regroupe une cinquantaine de grandes entreprises françaises et internationales issues de tous les secteurs de l'économie et qui souhaitent mieux prendre en compte l'environnement dans leurs décisions stratégiques et dans leur gestion courante), l'Office français de la biodiversité (OFB), France Nature Environnement (FNE), etc.

Plus concrètement, plusieurs dispositifs existent pour mobiliser les entreprises sur le sujet de la biodiversité et les valoriser. Du côté de l'Office français de la biodiversité, le dispositif Entreprises engagées pour la nature - Act4nature France, vise à mobiliser les entreprises françaises, quels que soient leur taille et leur secteur d'activité, dans des démarches de préservation de la biodiversité et à les soutenir dans leurs actions, grâce à des mises en valeur et des échanges de bonnes pratiques. Le dispositif Act4nature International, est, parallèlement, porté par Entreprises pour l'environnement. « La biodiversité, c'est un sujet difficile, pour les entreprises, il n'y a pas de mesure comme la tonne équivalent CO2. Comment demander à un sous-traitant de rang 10 de respecter la biodiversité ? Si l'on est une banque, que peut-on faire ? Voilà les questions auxquelles répond Act4Nature », a expliqué Claire Tutenuit, directrice générale de l'association française des entreprises pour l'environnement (EpE). Les entreprises peuvent enfin se tourner vers le programme Entreprises et biodiversité du comté Français de l'UICN, ou encore l'initiative international Business for nature.

Intégrer le sujet dans la RSE

« La biodiversité est un enjeu parmi l'ensemble de sujets sociaux, environnementaux et économiques qui peuvent être couverts par une démarche de Responsabilité Sociétale (RSE). Construire une démarche biodiversité vient donc s'inscrire au sein de l'approche RSE ou en continuité des démarches menées dans ce contexte », explique le Medef dans son guide. Les entreprises peuvent aussi s'appuyer sur les travaux éventuels réalisés dans la cadre d'une stratégie climat. Le changement climatique étant l'un des facteurs d'érosion de la biodiversité, les actions réalisées pour réduire l'impact carbone de l'entreprise permettent également de réduire son impact sur la biodiversité. De même, explique le Medef, les actions menées pour la réduction des pollutions ou des consommations d'eau ont une incidence positive sur la biodiversité.

Les entreprises sont enfin invitées à réaliser un diagnostic dédié, en procédant à une première autoévaluation de leurs pratiques en matière de biodiversité. Suite à quoi elles pourront mettre en œuvre un plan d'action qui sera intégré à la stratégie générale de l'entreprise. D'autant que des dispositifs financiers existent, notamment dans le cadre du plan France Relance. Des appels à projets seront menés sur le sujet jusqu'en 2022.

Le mot de la secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité

Evoquant les « vives inquiétudes » manifestées par les entrepreneurs au sujet de certaines dispositions présentes la loi « climat et résilience », Bérangère Abba a souligné que la biodiversité était « un capital naturel productif, mais aussi un patrimoine commun ». Par conséquent, « le préserver c'est notre responsabilité, elle est partagée ». Pour la secrétaire d'Etat, « prévoir des sanctions dissuasives c'est d'abord ne pas fausser la concurrence : ne pas être dissuasif serait prendre le risque que certains s'accommodent d'une sanction financière pour ne pas respecter les règles auxquels les autres souscrivent ».

Toutefois, la « création du délit d'écocide ne doit surtout pas occulter les efforts faits par les entreprises, leurs engagements volontaristes depuis plusieurs années ». Pour Bérangère Abba, « au contraire ce délit marquera un relèvement des standards de gestion environnementale, en visant à sanctionner les organisations, qui délibérément, ne se tiendraient pas dans cette dynamique et cette transition ».




Quentin CLAUZON
Journaliste

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