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Prostitution : l'abolitionnisme progresse

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La ministre des Droits de la femme, Najat Vallaud-Belkacem, a récemment déclaré dans le Journal du Dimanche qu'elle souhaitait, en accord avec le Parti socialiste, faire disparaître la prostitution en France. Effectivement, le président de la République, François Hollande, a indiqué pendant la campagne présidentielle que «le fait qu'un client ait le droit de disposer librement du corps d'une autre personne parce qu'il a payé est (…) une atteinte aux droits humains». Il s'est dit favorable à l'abrogation du délit de racolage passif (créé en 2003) ainsi qu'à l'ouverture d'une réflexion sur la pénalisation des clients des prostituées. Forte de cet appui, Mme Vallaud-Belkacem entend donc, en liaison avec Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, mettre sur pied une «conférence du consensus» chargée de définir les lignes directrices de l'action à entreprendre. Parmi les mesures envisagées figurent le lancement de campagnes de sensibilisation contre les relations sexuelles tarifées ainsi que la recherche d'alternatives à la prostitution pour les personnes qui exercent cette activité. Le gouvernement peut à juste titre arguer de la résolution, votée à l'unanimité le 6 juin 2011 par l'Assemblée nationale, qui affirmait vouloir éradiquer la prostitution. La France se situe ainsi, à l'instar de certains pays d'Europe du Nord, dans le camp des abolitionnistes, pour qui la prostitution est une intolérable atteinte à la dignité humaine. Les prostituées sont de ce fait considérées comme des victimes à aider, tandis que les proxénètes doivent être poursuivis en justice, les clients pouvant également être pénalisés. Cette position, qui part d'un présupposé moral discutable, ne fait pas l'unanimité. Si la prostitution est «le plus vieux métier du monde», c'est qu'elle correspond à un besoin des «clients». De plus, nombre de prostituées choisissent volontairement cette activité. Il est donc utopique de vouloir l'abolir. On va simplement la déplacer vers des zones où les prostitué(e)s seront encore moins en sécurité. Il serait bien plus réaliste de rouvrir les maisons closes, fermées par la loi Marthe Richard du 13 avril 1946, et d'alourdir les sanctions contre les proxénètes.

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