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Promesses de vente de longue durée

le - - Immobilier

La loi de simplification du droit a réduit le champ de la protection du vendeur dans les promesses de longue durée.

Les lois de simplification du droit comportent souvent des mesures qui modifient le fond du droit. En voici un exemple typique. Depuis la loi du 25 mars 2009 (loi Boutin), le Code de la construction et de l'habitation prévoit deux mesures de protection du vendeur de biens immobiliers en cas de promesses de longue durée. Elles s'appliquent au vendeur, personne physique, en cas de promesses de vente d'une durée de plus de 18 mois. D'une part, l'article L290-1 impose le recours à l'acte authentique pour la signature de la promesse, d'autre part, l'article L290-2 contraint le vendeur à verser une indemnité d'immobilisation d'un montant minimum de 5 % du prix de vente, sous forme de versement ou d'une caution déposées entre les mains du notaire. Or, l'article 110 de la loi du 22 mars 2012 de simplification du droit a modifié l'article L290-2 pour insérer le mot «unilatérale» après le mot «promesse». Il résulte de cet ajout que la règle qui impose le versement d'une indemnité d'immobilisation de 5 % lorsque la promesse de vente a plus de 18 mois est désormais circonscrite aux promesses unilatérales de vente. Il suffit à l'acquéreur qui souhaite éviter de payer 5 % d'indemnité de conclure une promesse synallagmatique plutôt qu'une promesse unilatérale. Il devient ainsi très facile de contourner la protection du vendeur mise en place en 2009. Précisons que la règle qui impose le recours à l'acte authentique pour les promesses de plus de 18 mois n'est pas modifiée. Elle reste donc de rigueur, tant pour les promesses synallagmatiques que pour les promesses unilatérales. On peut estimer qu'il reviendra au notaire d'attirer l'attention du vendeur sur les conséquences de la signature d'une promesse de longue durée (par hypothèse une promesse unilatérale) qui ne comporte pas d'indemnité d'immobilisation ou une indemnité très faible. Si le vendeur accepte de signer une promesse unilatérale de trois ans, avec une indemnité de 1 % du prix de vente, il doit être conscient que son bien est rendu indisponible pendant ce délai, pour une somme réduite. Si les conditions suspensives ne sont pas remplies, il pourra donc se retrouver trois ans plus tard, sans indemnité, avec le même bien qui aura été indisponible pendant trois ans. Le texte initial de la proposition de loi entendait, par ailleurs, allonger à trois ans le délai de 18 mois prévu par le CCH, mais cet aspect de la réforme n'a finalement pas été adopté. L'article 110 ne comportant pas de précision sur sa date d'entrée en vigueur, cette réforme est applicable dès le lendemain de la publication de la loi, soit depuis le 24 mars 2012.






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