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Procédures collectives : une baisse inédite en 2020

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Procédures collectives : une baisse inédite en 2020

L'entreprise Ellisphere a récemment publié son bilan des défaillances d'entreprises en France pour l'année 2020 qui, malgré un contexte de pandémie et de crise économique, fait état d'une baisse inédite de 39 %, qui reste toutefois à relativiser.

Acteur majeur du marché de l'information économique, financière et légale sur les entreprises du monde entier, Ellisphere a dévoilé le panorama général des procédures collectives en 2020, une année marquée par la pandémie de Covid-19 et les impacts économiques qui y sont liés. Il apparait pourtant que l'exercice 2020 connait une baisse sans précédent du nombre de défaillances en France, de -39 %, avec moins de 31 000 ouvertures de redressement et de liquidations judiciaires directes, contre près de 50 000 en 2019. Il en va de même pour les procédures de sauvegarde qui reculent de 18 % (en nombre).

Cette baisse sans précédent doit toutefois être relativisée car elle reflète l'effet cumulé du ralentissement de l'activité des greffes de tribunaux de commerce et du soutien financier massif de l'Etat et des organismes financiers. Illustration des effets de la crise, de nombreuses entreprises anticipent déjà la gestion de leurs activités et de leurs effectifs et le second semestre 2020 a été marqué par un nombre croissant de restructurations, de plans de départs volontaires, de plans de sauvegarde de l'emploi et de fermetures définitives de sites.

Dégradations : le signal reste faible

Tout au long de l'année 2020, la tendance de défaillances est restée faible et tant sur un plan géographique que sectoriel, peu d'éléments annoncent la dégradation à venir.

Toutefois, des dégradations significatives sont à noter concernant les agences de voyage, les industriels de la viande, de la restauration collective, les cafétérias et libres-services, les fabricants de carrosseries et remorques et enfin, l'activité de construction de routes et autoroutes.

Dégradations importantes fin 2020 pour les greffes

En examinant les jugements prononcés par les greffes, Ellisphere relève plusieurs constats. Tout d'abord, depuis la réouverture des saisines en octobre dernier, l'activité des greffes de tribunaux de commerce n'a pas augmenté significativement mais la reprise d'activité s'est accompagnée d'un durcissement des décisions.

Ainsi, sur l'année 2020, 82 % des décisions étaient des liquidations judiciaires pour 18 % de redressements judiciaires et le dernier trimestre 2020 a été marqué par une forte évolution des conversions de redressement ou de procédure de sauvegarde en liquidation judiciaire.

Par ailleurs, le recours aux procédures de sauvegarde a progressé au dernier trimestre 2020. Enfin, au 4e trimestre 2020, le nombre d'homologations de conciliation a cru mais le nombre de décisions favorables à la survie des entreprises, suite à un redressement ou une procédure de sauvegarde, est resté faible et équivalent à celui d'avant la crise sanitaire.

Zoom sur l'état de santé des secteurs

Ellisphere a ensuite survolé la situation, par secteur, des défaillances en 2020. L'artisanat du bâtiment et le secteur du BTP s'en sortent bien : le premier a enregistré un rebond, certes modeste +0,5 % d'activité, au troisième trimestre et le second a enregistré une baisse de 43,2 % du nombre de défaillances par rapport à 2019.

Il en va de même pour la grande distribution alimentaire et le secteur de la pharmacie. A contrario, certains secteurs ont subi de plein fouet la crise. C'est le cas de l'immobilier tertiaire, du commerce, notamment les structures spécialisées de gros et de détail qui ont été fermées durant le confinement, et du commerce textile physique, qui a perdu globalement 26 % de chiffre d'affaires.

La crise a également fortement impacté le secteur de l'Aéronautique qui a dû arrêter la quasi-totalité des vols. Le chiffre d'affaires des compagnies était d'ailleurs encore en recul de 40 à 70 % après le déconfinement. En lien, les activités du tourisme, mais aussi les taxis et VTC et les sociétés d'autocars, ont été et restent très affaiblis. Le secteur du tourisme connait une perte de 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires depuis le premier confinement.

Un constat qui concerne aussi malheureusement le secteur de l'événementiel, les structures sportives, la restauration, dont les représentants du secteur estiment que 30 % ne survivront pas, les débits de boissons, en manque total de visibilité, l'hôtellerie et enfin les stations de ski.

Le durcissement du couvre-feu généralisé à 18h sur tout le territoire métropolitain et les dernières annonces gouvernementales sur l'impossible réouverture de ces secteurs d'ici au moins mars 2021, laissent présager des pertes de chiffre d'affaires colossales pour tous ces secteurs.

Un avenir peu réjouissant

Concernant l'évolution des défaillances d'entreprise dans les mois à venir, le constat semble peu réjouissant. L'arrêt des mesures de soutien de l'Etat risque d'entrainer les entreprises très fragilisées vers la faillite, faute de ressources suffisantes pour rembourser leurs dettes. Ainsi, la fin du premier trimestre 2021 risque d'enregistrer un premier pic de défaillances, suivi d'une augmentation constante due aux clôtures des comptes sociaux 2020 et à la présentation de ceux-ci aux partenaires financiers.

La deuxième vague de défaillances d'entreprise pourrait débuter au premier trimestre 2022 lorsque tomberont les premières échéances de remboursement des PGE qui solliciteront très fortement la trésorerie des entreprises. Les estimations du nombre de défaillances d'entreprise en 2022 se situent ainsi entre 80 000 et 85 000.

Les TPE, qui représentent plus de 80 % des défaillances en France et 88 % des bénéficiaires des PGE, ont été les plus fragilisées durant cette crise et leur capacité à pouvoir rembourser la dette représente un problème de taille.

Quant aux PME et ETI, elles vont être confrontées à une forte tension sur les prix, devront se préparer rapidement à une transformation technologique et à une réorientation de leurs investissements pour s'orienter vers un modèle économique plus robuste et pérenne pour les années à venir. Le rôle des directions financières va s'avérer primordial dans la préparation active du monde « post crise ».




Anne MOREAUX
Journaliste

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