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Prisons : la réponse sécuritaire : un choix illusoire ?

Selon le Syndicat des avocats de France (SAF), « le mouvement des surveillants des établissements pénitentiaires a mis en lumière la dégradation de leurs conditions de travail, laquelle, n'est que le reflet de celle des prisons vétustes et surpeuplées ».
Prisons : la réponse sécuritaire : un choix illusoire ?

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Dans un communiqué, le syndicat fait état de la surpopulation carcérale, « parfois à plus de 200% », du manque d'hygiène, de la présence massive de rats, autant de facteurs qui «affectent les conditions d'incarcération et ne peuvent qu'entraver tout travail éducatif ou de réinsertion ». Pour le SAF, « c'est sur ce terreau que peuvent se développer les prosélytismes de tous ordres et la marginalisation qui mettent en danger les surveillants, mais aussi à terme, toute notre société ».

Un accord semble avoir été trouvé entre la ministre de la Justice et le syndicat majoritaire du personnel surveillant de la pénitentiaire. Néanmoins, le SAF regrette « que le mode d'action choisi par les grévistes se soit fait au détriment des détenus et de leurs droits ».

Comme le souligne le syndicat, « pendant près de deux semaines, les détenus ont été livrés à eux-mêmes, privés de leur famille, de leurs avocats, de toute défense lors des conseils de discipline, de douches, de soins ou de promenade ».

Pour lui, « la réponse ne se trouve certainement pas dans la prise en charge ultra sécuritaire de certains détenus et la modification de l'article 57 de la loi pénitentiaire de 2009. Le retour des fouilles à nu constituent, incontestablement, des traitements inhumains et dégradants, ainsi que l'a déjà jugé la Cour européenne des droits de l'Homme dans son arrêt Frérot contre la France. La mise à l'écart définitive des détenus considérés comme dangereux ou radicalisés par la création d'une étanchéité totale avec les autres détenus, aussi ».

Les avocats du SAF, qui défendent au quotidien les personnes en détention, connaissent « les conséquences délétères et contreproductives de telles mesures qui transforment la prison en "usine à captivité", selon l'expression de M. Delarue, ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté (Francetvinfo 4 juin 2014) ».

Pour le SAF, « il est illusoire et dangereux de laisser croire que la solution réside dans ce choix sécuritaire, tout comme l'est, la création de nouveaux établissements. Ce n'est pas augmenter le nombre de places d'emprisonnement qui résoudra le problème carcéral, mais bien, comme le font les autres pays européens, travailler à réduire le nombre des détenus ».

Selon le syndicat, « la problématique est le choix français du tout carcéral ». Selon lui, « sans changement “culturel” de la pratique des tribunaux, la situation carcérale en France restera dans l'impasse. »

Le syndicat appelle ainsi à « une vaste réflexion » sur la place de la prison dans la justice et dans la société et sur les conditions d'incarcération.

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