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Présidence française de l’UE : le moment d’agir est donné aux « fils refondateurs »

La REM Paris Centre a récemment organisé une conférence de presse autour de la présidence française de l’UE, animée par Sébastien Maillard, directeur de l’Institut Jacques Delors et Sandro Gozi, député européen Renaissance Europe.
Présidence française de l’UE : le moment d’agir est donné aux « fils refondateurs »
© Union européenne

ActualitéEurope Publié le , Lila Daoui

Dans le cadre de la présidence française de l'Union Européenne (PFUE) et une semaine après l'intervention du président de la République devant le Parlement européen, le pôle Europe de La Rem Paris Centre a accueilli, pour un échange en visioconférence, Sandro Gozi, député européen Renaissance Europe et Sébastien Maillard, directeur de l'Institut Jacques Delors et spécialiste des questions européennes.


© DR - Sandro Gozzi

Asseoir les actions voulues par la France au plan européen

Premier à prendre la parole, Sandro Gozi a estimé que la présidence française de l’UE permettra de récolter les fruits d’une action menée depuis mai 2017, avec la victoire du Président Macron suivi de son discours de la Sorbonne où il a présenté sa vision de l’Union européenne et ses pistes d’action pour une Europe « souveraine, unie et démocratique ». Certaines ont vu le jour, à l’instar de la Conférence de l’avenir de l’Europe, une mobilisation directe des citoyens européens. « C’est le premier exercice de ce genre et de cette envergure », a tenu à rappeler le député européen. En effet, 800 citoyens tirés au sort dans les 27 Etats membres ont l’occasion de faire part de leurs attentes en matière de politiques européennes, qu’il s’agisse de l’Etat de droit, de l’immigration, de la jeunesse ou encore de l’écologie. La Conférence de l’avenir de l’Europe rendra des conclusions fin mai 2022.

« Discuter des réformes européennes »

Autre enjeu de la PFUE défendu par Sandro Gozi : changer l’Europe en engageant un débat ouvert et aller vers une révision des traités. « Il faut discuter des réformes européennes », a-t-il affirmé. Un des secteurs qui doit être réformé est celui du numérique qui, s’il offre des opportunités, posent aussi des défis de taille. Il implique une réorganisation du marché européen numérique, une meilleure réglementation des plateformes et services numériques, un renforcement des droits des consommateurs, et ceux des citoyens face aux fake news etc. A ce titre, le Parlement européen a récemment approuvé une proposition de loi européenne sur les services numériques.

Pour le député européen, la présidence française de l’UE est la parfaite occasion de terminer un processus de réformes déjà entamé précédemment et d’accélérer les priorités inscrites à l’agenda européen d’Emmanuel Macron : développer d’autres grands consensus, comme le l’Europe Green Deal ou Pacte vert pour l’Europe, l’instauration d’une taxe carbone aux frontières externes, ou encore avancer sur l’épineux sujet de la réforme de l’espace Schengen.

Autre sujet au cœur des discussions lors de cette PFUE : le pacte de stabilité et de croissance, pour lequel les députés européens devront s’accorder sur les règles budgétaires. Si l’Union européenne doit tendre vers une maitrise saine des finances publiques, il apparait que « les règles actuelles sur la dette publique sont obsolètes ».

Concluant ses propos, Sandro Gozi s’est félicité de la « très bonne » entente liant la France et l’Italie. Preuve en est, elle a été formalisée par un traité historique signé entre les deux Etats, afin d’établir une relation stratégique pour développer un agenda commun sur les points clés des réformes européennes. « Nous avons une fenêtre d’opportunités. Le moment est maintenant. L’Europe a douze mois pour les exploiter et agir en tant que fils refondateurs », a-t-il conclu.


© DR

Quinquennat français : la réussite du plan de relance européen

Intervenant ensuite, Sébastien Maillard a fait un bilan du quinquennat au niveau européen, qui prend très concrètement forme autour du plan de relance européen historique de 750 milliards d’euros, dont Emmanuel Macron peut se targuer d’être à l’origine. Intitulé « Next Generation EU », ce dispositif réunit les plans nationaux de relance de douze Etats membres, afin de relever l’Union européenne de la pandémie. Ceux-ci obéissent à des critères communs : 37 % des fonds versés doivent être alloués à la transition écologique et 20 % à celle numérique. L’accompagnement social qui découle nécessairement de ces transitions est lui couvert par un fonds spécifique. « Il n’y a pas eu de telles avancées sur le plan de l’intégration européenne avant ce plan de relance », a souligné le directeur de l’Institut Jacques Delors.

S’agissant du remboursement du plan de relance européen, qui endette la Commission sur près de 30 ans, l’Union européenne a créé des ressources propres, la taxe carbone aux frontières pouvant d’ailleurs en être une, afin que le remboursement de la dette ne repose pas sur les Etats membres.

Selon Sébastien Maillard, si les Etats membres ont, notamment depuis la crise sanitaire, pris conscience de la place de Europe dans le monde, celle-ci doit s’affirmer davantage, se faire respecter davantage. « Il y a encore beaucoup à faire », a-t-il estimé, ajoutant qu’il est primordial de ne pas opposer la nation à l’Europe ni l’Union européenne à l’Europe, comme tend à le faire l’extrême droite.

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