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Présent et avenir des cabinets d'avocats en France

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Présent et avenir des cabinets d'avocats en France
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L'Observatoire des métiers dans les professions libérales vient de réaliser une étude prospective sur l'évolution des cabinets d'avocats à la demande de la Commission paritaire nationale pour l'emploi et la formation professionnelle (CPNEFP). Cette analyse permet notamment d'évaluer les besoins en matière de formation et d'emploi. Voici les principaux résultats de cette étude d'envergure.

Selon cette étude de l'OMPL, les cabinets d'avocats représentent environ 100 000 actifs dont 60 % d'avocats exerçant dans 27 000 cabinets. 11 443 de ces derniers (42 %) emploient 42 000 salariés soit environ 38 000 emplois équivalent temps plein ; 3 000 étant des avocats salariés. 69 % des cabinets employeurs comptent un ou deux salariés (+ 14 % en cinq ans), et 8 % six salariés ou plus. Trois régions concentrent plus de la moitié des employeurs, l'Île-de-France (32 %), PACA (12 %) et Rhône-Alpes (10 %).

Les emplois se répartissent pour 27 % dans les cabinets d'un ou deux salariés qui regroupent 70 % des employeurs ; 8 % dans les cabinets de trois à 10 salariés qui constituent 27 % des employeurs ; 35 % dans les cabinets de plus de dix salariés qui représentent 3 % des employeurs.

Les femmes sont majoritaires dans les cabinets : 54 % des avocats et 89 % de l'emploi salarié. 81 % occupent des emplois non-cadres. L'âge moyen est de 43,3 ans. Trois quarts des avocats ont moins de 50 ans.

Désormais, 69 % du chiffre d'affaires est réalisé grâce aux entreprises, alors que les particuliers sont prépondérants pour 27 % des cabinets. Entre 1999 et 2007, on note une hausse de 73 % d'entreprises-clientes, soit +209 % en termes de chiffre d'affaires. Les cabinets à activité mixte, généraliste ou avec des activités dominantes, sont majoritaires et les dominantes se développent. La moitié des avocats réalise chaque année au moins une mission d'aide juridictionnelle.

En 2012, le revenu annuel moyen de la profession s'est établi à 75 810 euros, tandis que le revenu médian s'est élevé à 45 718 euros, avec de fortes disparités au sein de la profession (le revenu moyen est supérieur de 66 % au revenu médian). En 10 ans, le revenu annuel moyen a progressé de 22 % en euros courants, soit 2 % par an.

Les principaux métiers du cabinet d'avocat

Au côté de l'avocat, on trouve les secrétaires – administratif/juridique et l'assistant juridique.
Dans les cabinets de plus grande taille, s'ajoutent les juristes et les métiers support (informatique, gestion des RH, communication, documentation…)

Les salariés sont de plus en plus formés : 11 % des stagiaires et 66 % des heures de formation continue sont captés par les formations diplômantes ou certifiantes. C'est une situation assez classique dans les branches des entreprises libérales qui allouent un budget conséquent à la formation des nouveaux salariés. Elles durent en moyenne 325 heures contre 20 heures pour les formations non diplômantes.
En 2014, les avocats salariés, secrétaires juridiques, administratifs non-cadres, assistants juridiques concentrent 81 % des heures de formation. Un quart des formations est consacré au droit et à son actualité. Viennent ensuite l'utilisation de logiciels, la bureautique : 17 %. L'anglais et les langues étrangères, le français : 14 %. Le développement de l'activité et la communication représente 6 % et 5 %. Les stages courts sont privilégiés : 74 % durent moins de 16 heures en 2014.

Au total, Actalians (OPCA de la branche) a financé 13 147 stages en 2014, soit une augmentation de 66 % du nombre de stagiaires par rapport à 2006 et de 16 % du nombre d'heures de formation. Ce malgré une baisse des formations diplômantes et une augmentation des stages non diplômants.

Quelles évolutions pour l'emploi salarié ?

Sur la période 2007-2012, l'estimation de la croissance annuelle des effectifs salariés est de 1,3 % selon la DADS et de 0,1 % selon les données Actalians. Ce qui est assez bas compte tenu de la croissance annuelle des effectifs d'avocats (3,6 %). Sur 10 ans, cela représenterait un retrait de 20 % à 30 % des salariés par rapport aux avocats (selon la référence retenue). Actuellement, il est difficile de déterminer si cette tendance va se poursuivre et si elle est liée à un contexte de développement des cabinets ralenti ou à l'augmentation du nombre d'avocats.

On remarque une évolution de la répartition des effectifs entre 2007 et 2012, sur la base des données Actalians :
• Une augmentation du nombre de cabinets d'un et deux salariés : 27 % des effectifs salariés 2012 contre 24 % en 2007.
• Les cabinets de plus de 50 salariés connaissent une légère croissance de leurs effectifs.
• Les cabinets de + de 10 salariés ne représentent que 3 % des cabinets employeurs, mais emploient 35 % des salariés.

Quel avenir pour la profession ?

Les principales composantes qui détermineront l'évolution de la profession sont le niveau d'activité et la répartition du travail entre avocats et non-avocats, en termes qualitatif et quantitatif.
Les facteurs de rupture déterminant l'essentiel de l'évolution de ces composantes sont la suppression de la territorialité de la postulation, la banalisation de la prestation, la structuration d'un processus de production, l'accentuation de la concurrence externe, le retrait des monopoles d'exercice relatifs à chacune des professions du droit, la mobilisation des nouvelles possibilités de communication, l'ouverture du capital, et les nouveaux équilibres de vie.

À partir de là, trois scénarios sont analysés :
1. Une croissance qualitative et quantitative des effectifs salariés dans un contexte de développement de l'activité, de pro-activité de la branche et des cabinets, et de ralentissement de la progression du nombre d'avocats.
2. une tendance quasi stable.
3. Un emballement des conditions induit une réduction des effectifs salariés par le non-remplacement d'une grande partie des départs.

Les principaux enseignements

L'étude de l'OMPL permet de tirer de nombreux enseignements, notamment :

- Hétérogénéité des cabinets : elle résulte de la diversité des activités, des clientèles, des types de barreau, de la taille du cabinet, des modes de facturation, et enfin des différences d'organisation.

- Deux métiers plus largement répandus : secrétaire administratif/juridique et assistant juridique. Dans les cabinets de plus grande taille, les juristes et les métiers support (informatique, gestion des ressources humaines, communication, documentation…).

- Évolution importante du nombre d'avocats : l'activité de la branche continue de se développer et le nombre d'avocats est en nette croissance, tandis que le nombre d'emplois salariés reste stable. Cependant les données disponibles en l'état ne permettent pas de distinguer le conjoncturel (stabilité ponctuelle) et du structurel (amorce d'une baisse de long terme).

- Transformation de l'organisation du travail : les technologies de l'information et de la communication (TIC), malgré leur arrivée tardive, ont profondément modifié le travail au quotidien et la relation au client, tandis que le nombre croissant d'avocats influe sur l'organisation du travail. La crise a un impact sur l'évolution de la branche. Le ratio moyen secrétaires/avocats est orienté à la baisse. Malgré tout, les deux structurations – cabinet/pool d'avocats sans secrétaire et équipe très « staffée » (c'est-à-dire avec un nombre conséquent de secrétaires et/ou d'assistants) – continuent de se rencontrer.

Le statut de collaborateur libéral progresse tandis que celui d'avocat salarié est assez marginal. Dans les cabinets de taille importante, les fonctions support se renforcent tout en se professionnalisant. Hors les fonctions support, les besoins qualitatifs et quantitatifs d'assistanat et de secrétariat sont potentiellement à la hausse. Malgré tout, les avocats semblent s'orienter vers toujours plus d'autonomie. De plus, les nombreux jeunes avocats (collaborateurs) se voient confier des tâches qui auraient pu être dévolues à des juristes, des assistants juridiques voire des secrétaires.

Six tendances majeures se dessinent :

  1. • l'autonomisation des avocats et la baisse corrélative du nombre de secrétaire et assistant par avocat ;
  2. • le développement des fonctions support (notamment dans les gros cabinets) ;
  3. • le renforcement de la spécialisation des avocats ;
  4. • l'élargissement des activités des avocats ;
  5. • la croissance soutenue du nombre d'avocats ;
  6. • le maintien de la crise ou la sortie de crise, pour la dimension de contexte économique.

Comment accompagner l'évolution des cabinets d'avocats ?

Selon l'étude de l'OMPL, il est important que l'avocat, dans sa formation initiale, et non pas seulement au travers d'expériences professionnelles, soit sensibilisé à l'intérêt, l'apport et la valeur ajoutée de s'entourer d'une équipe en secrétariat et/ou assistanat voire de juristes. Certains cabinets proposent déjà des formations sur le développement de la synergie entre l'avocat et son assistant. Cela renvoie à la préconisation sur le coût et la valeur ajoutée d'un secrétariat.

En complément, il pourrait être pertinent de former les secrétaires et les assistants à une maîtrise approfondie de leur valeur ajoutée (au sens technique, économique et organisationnel). Ainsi, ils pourraient être force de proposition pour initier une plus grande délégation de tâches de la part de leurs avocats.

Au-delà du seul droit, la communication, le marketing et le commercial – dans une déclinaison adaptée au métier – apparaissent comme des leviers d'évolution de tous les cabinets. Afin de sensibiliser les chefs d'entreprise et permettre aux cabinets de les acquérir, la formation des assistants pourrait être un moyen de faire entrer cette culture professionnelle dans les cabinets. En parallèle, le développement des fonctions support s'appuie sur l'embauche de professionnels. La formation à ces métiers de secrétaires et assistants leur permettrait d'évoluer plus aisément vers ces postes voire, dans les plus petits cabinets, de prendre en charge, au-delà de leur activité, une mission transversale. Les actions possibles pour développer l'activité relèvent des cabinets individuellement et de façon variable, mais également de la branche tout entière.

Au travers des études, et sans que cela soit limitatif, ont été évoquées les actions de : communication, organisation commerciale, mutualisation, knowledge management, élargissement de l'offre, innovation dans les produits et l'approche client…

Au regard des évolutions évoquées, il apparaît important que la branche conforte son suivi de l'évolution des effectifs salariés.

L'OMPL est une association créée le 28 février 2005, par la signature d'un accord
relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des salariés des professions libérales. Les signataires : l'UNAPL (Union nationale des professions
libérales) et les cinq syndicats de salariés représentatifs au plan national (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, CGT-FO).

Elle a pour missions principales :
• de dresser un état général de l'emploi et des qualifications dans les entreprises libérales.
• De réaliser des études prospectives sur l'évolution des entreprises, de l'emploi et des qualifications à court et moyen termes.
• De répondre aux demandes spécifiques des CPNEFP (Commission paritaire nationale de l'emploi et de la formation professionnelle) sur les questions emploi-formation.
• D'organiser des journées de rencontre/débat en lien avec les problématiques d'emploi et de qualification dans les entreprises
libérales.




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