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Pourquoi les PME doivent aligner stratégie, ressources et plan d’actions

Les dirigeants de PME doivent absolument prendre le temps de se poser pour clarifier leur stratégie, identifier leurs ressources disponibles et les utiliser à bon escient.
Pourquoi les PME doivent aligner stratégie, ressources et plan d’actions
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EntrepriseVie des entreprises Publié le , Par Jean-Pascal Thorel et Morgane Marc, experts-comptables et associés Absoluce

Il est bien connu qu’en France, les PME n’ont pas le réflexe de faire appel à des conseils extérieurs pour les accompagner dans la conduite de leur activité. Leurs dirigeants ont « le nez dans le guidon », seuls, craignent de devoir payer des honoraires « pour du vent ». Les stéréotypes sont légion dans ce domaine. C’est bien dommage, car les besoins sont là.

Souvent beaucoup d’incohérences

Il est courant que le dirigeant ait la vision de son entreprise dans sa tête, mais sans jamais la formaliser. Or, un tel exercice peut permettre d’éviter de prendre de mauvaises décisions. Par exemple, une analyse insuffisante le conduira à ne pas identifier des activités déclinantes ou déficitaires, et, par habitude, ou par refus de changer, à les faire perdurer. Jean-Pascal Thorel cite un autre exemple, inverse : « Une entreprise était persuadée que l’un de ses produits était déficitaire. Or cela était dû à sa méconnaissance des prix de revient. Après analyse, les mesures correctives ont pu être prises et ledit produit s’est avéré tout à fait compétitif. »

A un deuxième niveau, à supposer que la stratégie ait été construite, apparaissent régulièrement des incohérences au niveau de l’allocation des ressources humaines et financières. Dans une PME, ces ressources sont limitées, il est donc impératif de les affecter avec pertinence à tel ou tel projet. Or, il est courant de constater une inadéquation flagrante entre la stratégie et les ressources correspondantes.

Un manque de culture qui peut s’avérer fatal

Tenir le cap, savoir s’adapter et prendre les bonnes décisions passe par un appétit pour les nouvelles tendances sociétales, pour les nouvelles habitudes de consommation de son produit, par la veille des projets législatifs et réglementaires de son secteur… Malheureusement, les dirigeants de PME qui se dévouent entièrement à leur activité ne prennent pas le temps de prendre du recul. Il existe rarement une seule bonne vision de son marché, plusieurs options sont toujours possibles, encore faut-il en sélectionner une et avoir le courage de faire évoluer sa stratégie en conséquence.

Ce qui fait la différence : la capacité de mise en œuvre (l’exécution !)

On peut avoir la meilleure stratégie du monde, si on ne sait pas la mettre en œuvre, l’échec est au bout du chemin. Or, toute réflexion stratégique engendre obligatoirement des changements : des changements de méthodes, des changements d’allocation de ressources, de nouveaux projets… Formaliser un plan d’actions est une étape incontournable, mais ce n’est pas la plus difficile. La performance d’une entreprise s’appréciera au regard de sa capacité à mettre en œuvre le plan d’actions : le lancer, « tenir » sur le moyen et long terme, respecter le calendrier, etc. Toutefois, l’entreprise devra rester agile et, parfois, faire pivoter sa stratégie !

Savoir s’appuyer sur ses conseils proches

Jean-Pascal Thorel et Morgane Marc sont experts-comptables et le revendiquent, mais ils ont su faire évoluer leur métier. Les chefs d’entreprise, notamment des PME, restent réticents à faire intervenir des consultants et méfiants quant à leur valeur ajoutée ; alors que les besoins d’accompagnement sont là.

« Nous sommes passés d’un monde risqué à un monde de l’incertain. Dans ce contexte, nous avons adapté la méthode Canvas pour aider les entreprises à se challenger, à décrire leur business model et à le repenser. Nous utilisons également le DMC (décision model canvas) créé par Valérie Fernandez et Thomas Houy », explique Jean-Pascal Thorel.

Cet outil simple et particulièrement structurant oblige l’entreprise à poser sa stratégie, à prendre des décisions éclairées, à formaliser son plan d’actions et à le mettre en œuvre. Il se décline en 12 étapes, allant de l’analyse « objectifs-valeurs » jusqu’au couple « nouveaux objectifs – nouvelles valeurs », en passant par les étapes « certitudes », « angles morts », « agenda », « bénéfices/risques », « stop ou encore », entre autres…. « Lors de réunions mensuelles, nous checkons avec le dirigeant la bonne exécution du plan d’actions et validons les aménagements qui s’imposent au fil du temps. ».

L’intérêt, en tant qu’expert-comptable, d’être dans la place, est évident : celui-ci apporte de la rationalité et du pragmatisme. En s’appuyant sur une méthode éprouvée, les chefs d’entreprise deviennent plus pertinents dans l’analyse de leur environnement, connaissent mieux leurs prix de revient, ont globalement de meilleurs outils de gestion, lancent peut-être moins de projets, mais ont à cœur de les mener à bien.

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