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Pour ses 15 ans, Avocap renforce son développement et renouvelle sa gouvernance

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Pour ses 15 ans, Avocap renforce son développement et renouvelle sa gouvernance
© DR

Arnaud Lizop, fondateur d'Avocap, Bérénice Ferrand, présidente d'Avocap 2.2, et Marine Hérouard, directrice de cabinet, décrivent la troisième étape que traverse actuellement ce cabinet d'un nouveau genre.

Affiches Parisiennes : Avocap passe une nouvelle étape de son développement. Que pouvez-vous nous en dire en quelques mots ?

Arnaud Lizop : La première étape (2006-2011) était celle d'un « espace commun de développement individuel », caractérisé par une mutualisation de moyens au service de nos membres. La deuxième étape (2012-2018) a vu nos liens se renforcer avec des confrères, qui sont « indépendants ensemble » et bénéficient ainsi d'échanges et de synergies.

Depuis 2019, nous avons abordé une troisième étape que nous appelons :
« la valeur ajoutée de l'échange ». En effet, le seul fait d'échanger des informations, des dossiers et des compétences entre confrères est une source d'enrichissement collectif et individuel. C'est une révolution pour des avocats, qui ont longtemps cherché à protéger leur pré-carré au lieu d'échanger des informations. Les avocats ont préféré s'appauvrir seuls plutôt que de s'enrichir ensemble. Nous avons bousculé, et continuons de bousculer, ce conformisme délétère.

Avocap est aujourd'hui une structure d'exercice à part entière - un cabinet, qui permet à chacun de nos membres de conserver sa structure d'exercice, tout en utilisant Avocap comme cabinet alternatif, par exemple pour répondre à des appels d'offres, traiter des dossiers complexes, unir ses forces à celles d'autres confrères, répondre aux demandes de clients d'une certaine envergure.

Cette troisième étape a vu l'arrivée d'une nouvelle génération, avec la nomination de notre consœur Bérénice Ferrand à la présidence d'Avocap, au mois de septembre dernier, et la nomination de notre consœur Marine Hérouard, en qualité de directrice de cabinet. L'une et l'autre forment, avec l'appui du conseil d'administration, un tandem indissociable et particulièrement efficace, puisqu'au cours des deux derniers mois, nous avons accueilli au sein d'Avocap plus de trente nouveaux membres.

A.-P. : Bérénice Ferrand, pourriez-vous nous parler un peu de vous, comment êtes-vous arrivée chez Avocap et comment vous est venue l'idée de rejoindre la structure ?

Bérénice Ferrand : Marine Hérouard et moi-même avons rejoint Avocap il y a un peu plus d'un an, dans le cadre de nos études à l'Ecole des avocats. Nous avons rencontré Arnaud Lizop via l'EFB, et avons travaillé ensemble au développement de Legaltechs au sein d'Avocap dans le cadre du projet “Avocap Analytics”. A l'issue de notre partenariat, nous avons intégré le conseil d'administration au mois de janvier dernier. Soucieuses de développer de nouvelles synergies avec nos membres, nous avons coordonné une réponse à un appel d'offres, au profit de consœurs et confrères membres d'Avocap. Arnaud Lizop m'a ensuite proposé de prendre sa succession à la présidence d'Avocap Paris, ce que j'ai accepté avec joie, et j'ai pris mes fonctions à la fin du mois de septembre dernier. Marine Hérouard a également rejoint l'équipe exécutive d'Avocap et nous travaillons en tandem sur toutes les missions dont nous avons la charge au sein d'Avocap.

Marine Hérouard : Parmi les projets réalisés au sein d'Avocap, nous avons développé un nouveau service pour répondre au mieux aux besoins de nos membres : le CMP (Compétences mutualisées ponctuelles). Il s'agit d'un service de sous-traitance de dossiers qui permet à des avocats, membres ou non d'Avocap, de déléguer tout ou partie d'un dossier à un confrère Prestataire CMP, membre de la communauté Avocap. Les Prestataires CMP sont sélectionnés pour leur hyperspécialisation afin de répondre au mieux aux besoins des avocats Adhérents au CMP.

Ce service a été pensé pour des avocats qui font face à un accroissement ponctuel de leur clientèle ou qui, dans un dossier, ne sont pas compétents sur un aspect subsidiaire de celui-ci. Cela permet aux avocats qui souscrivent au CMP de pouvoir prendre plus de dossiers et ainsi d'augmenter leur chiffre d'affaires.

Pour bénéficier du CMP, il faut adhérer au service, ce qui donne accès à une grille tarifaire privilégiée. Le CMP a été pensé comme un « service entre confrères », mis en œuvre et exécuté par des confrères pour des confrères.

A.-P. : Comment s'est développé le cabinet pendant cette période particulière de la Covid ?

B. F. : Le cabinet a bénéficié d'un essor particulier et tout à fait paradoxal en période de crise économique et sanitaire, puisque la tendance qui se dessinait depuis déjà quelques années auprès de nos confrères, de se départir d'un certain nombre de leurs charges, s'est largement accentuée pendant ces derniers mois. Cela explique en partie le nombre croissant de consœurs et confrères qui nous rejoignent chaque mois. Il est aussi intéressant de constater, au-delà de cette volonté de se départir d'un certain nombre de charges, une certaine corrélation avec un besoin de convivialité dans l'exercice professionnel, qui fait écho à la valeur ajoutée de l'échange, au cœur de nos projets, tant sur la mise en place du CMP par Marine Hérouard que sur la création d'une structure d'exercice Avocap.

A.-P. : Avez-vous mis en place une charte de qualité au sein du CMP ?

M. H. : Tout à fait, nous tenons à ce que le CMP reste un véritable service de qualité. C'est pour cela que nous avons mis en place des processes très précis et rigoureux. Cela permet de garantir la qualité des prestations effectuées et de garder une véritable homogénéité entre les prestations effectuées d'un Prestataire CMP à l'autre.

Par ailleurs, puisque cela fonctionne au sein du CMP, nous avons prévu de dupliquer cette charte qualité au sein de d'Avocap Exercice (le cabinet Avocap).

De plus, les avocats Prestataires CMP sont sélectionnés pour leur hyper-
spécialisation. Ainsi, les avocats qui traitent les dossiers, sont des avocats reconnus pour leur expertise dans des domaines très précis, ce qui permet, là encore, de garantir une qualité et une efficacité au sein du service CMP.

Nous avons également agrandi notre équipe de Prestataire CMP afin d'offrir une plus grande diversité d'expertise aux Adhérents CMP.

A.-P. : Arnaud Lizop, vous avez innové en créant cette structure totalement nouvelle, qui a même surpris au sein du Barreau. Vous êtes ancien membre du CNB, vous avez été candidat à sa présidence et vous connaissez bien les institutions. Comment jugez-vous aujourd'hui la profession, est-elle en train de suivre cet élan novateur que vous avez initié ?

A. L. : La crise actuelle permet deux choses. La première est l'accélération d'une réforme de la profession dont Avocap a préfiguré l'évolution, lors de sa création il y a 15 ans. La deuxième est un retour vers nos fondamentaux, vers le renforcement d'une déontologie re-visitée et de nos préoccupations éthiques. Notre évolution doit être empreinte de ces deux mouvements complémentaires, qui font de l'avocat le dépositaire d'une mission d'intérêt général.

A.-P. : Justement, vous avez développé d'autres services annexes, notamment dans le domaine de l'intelligence artificielle...

A. L. : Nous avons effectivement développé deux pôles particuliers. Le premier est l'AJA (Avocap Justice amiable), dirigé par deux confrères, Michel Apelbaum et Nathalie Navon- Soussan, avec l'aide de Michèle Jaudel. C'est un pôle qui a pour objet d'accompagner le mouvement général d'une justice de moins en moins contentieuse et de plus en plus orientée vers les modes alternatifs de règlement des différends. Un nombre important de membres d'Avocap sont médiateurs et assurent la promotion de ces modes alternatifs. Nos locaux eux-mêmes sont organisés de façon à favoriser la tenue et l'organisation de médiations ou d'arbitrage au sein d'Avocap. Nous avons également créé le pôle Avocap Analytics, fruit de la relation privilégiée que nous entretenons avec Case Law Analytics et avec son fondateur, Jacques Levy-Vehel, qui a pour premier objet d'assurer un screening régulier de l'ensemble des Legaltechs, de façon à les répertorier, les repérer, à en effectuer la notation et de nouer des partenariats privilégiés et, le cas échéant, des prises de participation au sein du capital des Legaltechs, qui nous inspirent plus particulièrement. A chaque fois que nous identifions une activité particulière, un pôle s'organise et se développe.

A.-P. : La nouveauté, c'est aussi que vous dirigez maintenant une holding qui chapeaute les cabinets de Paris, Lisbonne, Bruxelles et Dakar, faisant d'Avocap un cabinet réellement international.

A. L. : La dimension internationale d'Avocap résulte à la fois d'une nécessité et d'un engagement. La nécessité, c'est le fait que les avocats doivent être de plus en plus ouverts sur le monde extérieur, et ma conviction est que cette ouverture doit s'effectuer en premier lieu en direction de l'Europe. C'est la raison pour laquelle nous avons créé en 2013 Avocap Europe, qui est implanté à Bruxelles, présidé par notre confrère Jean-Michel Fobe et qui a pour vocation de constituer un véritable hub des avocats européens. Ce modèle tend à être une source d'inspiration puisque notre confrère David Frois a pris lui-même l'initiative de créer Avocap à Lisbonne, réalisation dont nous sommes extrêmement fiers et il pourrait y en avoir d'autres à l'avenir. Dès à présent, nos membres sont chez eux dans chacun de nos cabinets et dans les diverses capitales.

A.-P. : L'impact de la crise sanitaire, notamment avec le télétravail, n'a donc pas impacté la croissance d'Avocap, bien au contraire ?

A. L. : Chaque fois qu'une crise majeure intervient, cela donne un coup d'accélérateur au développement d'Avocap, parce que nous sommes en ligne avec les besoins fondamentaux de la profession. La période actuelle marque une accélération importante de notre développement, maîtrisée par l'équipe actuelle, qui sait rester à la fois agile, très déterminée, et attachée à nos valeurs.

A.-P. : Est-ce que pour vous trois, l'avocat est une sorte d'entrepreneur ?

B. F. : Le terme d'avocat entrepreneur nous semble redondant, puisque l'avocat est, par essence, en exercice libéral, de sorte qu'être entrepreneur fait partie de la définition de son mode d'exercice. Ce postulat a été le point de départ de notre réflexion, mais pas un point d'arrivée. L'avocat est un entrepreneur, dès lors qu'il est indépendant et qu'il gère lui-même sa structure, mais certains avocats vont plus loin et réfléchissent à un exercice flexible, souple et dans l'échange avec les autres confrères. A l'heure actuelle, ce type d'exercice n'est pas commun. Notre ambition est ainsi de réinventer une structure d'exercice, qui permette de répondre aux désirs d'indépendance des avocats et au besoin d'hyper-spécialisation que nous rencontrons chez notre clientèle.

M. H. : Au sujet des Legaltechs, nous pensons qu'il y a un véritable potentiel. Nous pensons qu'il est important que les avocats collaborent avec ces dernières, voire qu'ils soient à l'initiative de leur création. Les avocats ont une véritable plus-value à apporter aux Legaltechs : leur déontologie. La déontologie de l'avocat lui impose de rendre un service de qualité. Il est donc nécessaire que les avocats communiquent à ce sujet auprès de leurs clients. Il y a un véritable travail de pédagogie à effectuer afin que le client comprenne les garanties que lui apportent la présence d'un avocat dans le cadre d'une Legaltech.

C'est pourquoi nous avons créé, au sein d'Avocap, Avocap Analytics. Nous pensons qu'il faut aller plus loin et contribuer à la création plutôt que de s'y opposer. D'autant que certaines Legaltechs, se sont d'ores et déjà emparées d'une partie du marché de l'avocat. Il serait dommage que les avocats ne profitent pas des nouvelles technologies pour moderniser leur activité.

A.-P. : Vous utilisez donc bien la loi Macron…

A. L. : Nous utilisons la loi Macron, qui représente véritablement un changement de paradigme extrêmement important et marque le point de départ d'une nouvelle profession d'avocat. A cet égard, je voudrais souligner que notre intérêt et notre préoccupation pour les questions d'intérêt général nous a conduit à créer un département de Recherche et Développement, auquel nous sommes très attachés. Pour nous, l'avocat a une mission d'intérêt général, ce n'est pas uniquement un acteur économique, le dépositaire d'un savoir ou l'organisateur d'un service, c'est véritablement un acteur d'intérêt général au service de la société. Et cette dimension-là est présente au sein d'Avocap à travers un certain nombre d'initiatives. Je voudrais notamment saluer le travail que font deux de nos membres, Diego Pollet et Marianna Meron- Campagne, qui est membre du conseil d'administration, et qui anime un pôle particulier de recherche juridique concernant le droit des aînés. C'est un sujet qui me tient à cœur depuis longtemps, qui est une marque de civilisation importante, et nous espérons, en apportant une contribution à la réflexion dans ce domaine, renforcer cette dimension politique, au sens fort du terme, qui marque l'exercice de notre art.




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