AccueilEntrepriseVie des entreprisesPolitisens, le petit coup de pouce donné aux élus pour réussir leur mandat

Politisens, le petit coup de pouce donné aux élus pour réussir leur mandat

Jérôme Grataloup est président de Politisens, un organisme de formation des élus locaux. C’est donc tout naturellement qu’il était présent au récent Salon des maires de France. Rencontre.
Jérôme Grataloup président de Politisens.
© AP - Jérôme Grataloup président de Politisens.

EntrepriseVie des entreprises Publié le , Propos recueillis par Boris Stoykov

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous nous présenter Politisens ?

Jérôme Grataloup : Il s’agit d’un organisme qui propose un panel de 60 formations, avec une vingtaine de formateurs qui intervient sur tout le territoire français. Il s’agit à la fois de formations techniques, sur le budget communal, l'urbanisme ou encore les marchés publics, mais aussi des formations pour aider les élus à communiquer avec le citoyen et pour rendre compte de son action au quotidien.

A.- P. : Vous êtes le président de cette entreprise. Depuis quand existe-t-elle ?

J. G. : Depuis 2018. J'en suis le président et le principal interlocuteur puisqu’en termes d'ingénierie pédagogique, c'est moi qui assure l'ensemble des programmes et des contenus des formations, mais aussi des produits alternatifs. Par exemple, nous avons le produit “bilan de mi-mandat”, qui permet aux élus de faire un point sur leurs actions, sur ce qu'il reste à faire ou encore sur ce qui a été abandonné du fait du contexte politique ou institutionnel. Politisens accompagne des élus dans cette démarche, pour pouvoir rendre compte aux citoyens de l'action qu'ils mènent.

A.- P. : Qui êtes-vous et quel est votre parcours ?

J. G. : A la base, je suis ingénieur de formation, j'ai fait un master en école de commerce et j'ai pris le virus de la politique. J'ai travaillé dans des collectivités territoriales et j’ai voulu lancer une entreprise de formation lorsque j’ai constaté, en collectivité territoriale, que certains élus avaient un besoin important de formation. Quand on est élu, on arrive sur de fonctions sans être des spécialistes des délégations sur lesquelles on agit. Par exemple, un adjoint au maire aux finances ne sera pas un spécialiste du budget des collectivités territoriales. Il est donc important qu'on puisse les aider à bien prendre leur mandat en main, parce que ce sont des décisions importantes qu'ils prennent dans les conseils municipaux et les assemblées délibérantes. Quand on vote un budget, on vote des orientations politiques, on vote aussi des faisabilités financières et il faut que chacun soit conscient de ce qu’induisent les capacités des collectivités et de la façon dont fonctionne un budget des communes.

A.- P. : Qui sont les formateurs ?

J. G. : Ils sont divers car on s'adapte à la strate de population des collectivités. Dans des grandes collectivités, on fait généralement intervenir des administrateurs territoriaux qui sont des grades importants de la fonction publique, mais lorsque dans de plus petites communes, ce sont des directeurs généraux des services de communes de taille similaire. L'idée, c'est de faire en sorte que le formateur soit en parfaite adéquation avec le public qu'il va former.

A.- P. : Cette formation se fait en ligne ?

J. G. : On se rend directement dans les collectivités. Comme on sait que les élus n'aient pas forcément le temps de se déplacer, nous venons jusqu’à eux. Les crédits de droit individuel à la formation (DIF) des élus nous permettent de nous déplacer. On prend alors attache avec la collectivité, on qualifie la formation, on regarde ce que les élus veulent faire et on vient pour la soirée, la journée... On est tout à fait ouvert à intervenir tous les jours de la semaine, samedi compris. Notre intervention est vraiment à la carte, en fonction de ce que veulent les élus. Nous nous adaptons vraiment à leur agenda.

A.- P. : Est-ce que ce sont des groupes d'élus qui sont formés ou ça peut être individualisé ?

J. G. : Généralement, on intervient pour des groupes d'élus, parce qu'il y a des problèmes de crédits de collectivités ou des crédits DIF. Après, vous avez des élus de communes assez importantes où il est possible faire de la formation individuelle, parce que les crédits nous le permettent. On est quand même assez spécialistes des petites collectivités mais on intervient aussi sur des régions et départements, on a des références dans ces collectivités-là. Et c'est aussi à la carte. Finalement, on a des formateurs qui sont en capacité d'intervenir dans tous les types de collectivités possibles et de s'adapter à la demande.

A.- P. : Pourquoi faire confiance à votre méthode de formation ?

J. G. : Parce que nous visons la satisfaction des élus. Ce que l'on veut, c'est qu'à la fin, les élus aient appris des choses et reviennent nous voir plus régulièrement. Pendant ces moments de formation, les élus se retrouvent entre eux. Ils sortent un peu la tête de l’eau, regardent leurs actions et ça leur permet de donner des petits éléments additionnels à leur mandat qu’ils n’auraient pas eu en restant uniquement focus sur les politiques publiques qu'ils mènent.

A.- P. : Êtes-vous un élu ?

J. G. : Non, mais j'ai travaillé avec des élus. Je ne souhaite pas l’être dans l'immédiat, parce que je me rends compte que les élus que l'entreprise forme sont extrêmement volontaires et sacrifient une partie de leur vie personnelle. C'est très difficile finalement. Je comprends l'importance de se former sur les délégations, sur les politiques publiques que l'on mène, parce que l’on n'est pas des spécialistes. On a donc besoin de cette formation pour prendre des décisions de façon éclairée.

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