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Plan de relance : premières réactions des entreprises fortement impactées par la crise sanitaire

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Plan de relance : premières réactions des entreprises fortement impactées par la crise sanitaire
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La Délégation aux entreprises du Sénat s'est réunie pour la dernière table ronde du mandat actuel afin d'aborder les conséquences de la situation sanitaire pour les entreprises et leurs premières réactions sur le plan de relance.

La Délégation aux entreprises du Sénat a organisé le 23 septembre dernier une table ronde autour de Pierre Goguet, président de la CCI France, Joël Fourny, président de CMA France, François Asselin, président de la CPME et Olivier Schiller, administrateur et président de l'entreprise Septodont, sur le thème « les conséquences de la situation sanitaire pour les entreprises et leurs premières réactions au plan de relance ».

Dans le cadre de cette réunion, la Délégation s'est récemment déplacée dans le Morbihan, où elle a échangé avec une vingtaine de chefs d'entreprise sur leur situation en ce début d'automne et sur leur opinion quant aux mesures annoncées dans le cadre du plan de relance. S'il a globalement eu un impact positif sur le moral des entreprises, les représentants des travailleurs indépendants, des TPE, PME et ETI ont exprimé certaines inquiétudes et exposé leurs préconisations.

Pour Élisabeth Lamure, présidente de la Délégation aux entreprises, « plus que jamais l'expérience des acteurs de terrain, au premier rang desquels les élus locaux et les chambres consulaires, sera utile au sein des comités de suivi du plan de relance. Le Gouvernement prévoit que les comités de suivi régionaux incluent les services de l'État, les représentants des collectivités locales et les partenaires sociaux. Il me paraît indispensable qu'ils associent également les sénateurs des départements concernés. ».

« Le Gouvernement doit rassurer rapidement les acteurs économiques en précisant la méthodologie qui guidera la mise en œuvre du plan de relance. Il doit garantir que les entreprises de taille petite, moyenne et intermédiaire y prendront pleinement leur place. Il faut aller vite et faire simple. Le retour de la confiance est à ce prix ! », a t-elle ajouté.

Un plan de relance qui ne rassure pas assez

Comme énoncé par Pierre Goguet, si la reprise est plus rigoureuse qu'attendue, des dispersions sont notables entre les secteurs d'activité et entre les territoires. Tel est le cas du tourisme, de l'aviation, de l'artisanat, de l'évènementiel ou encore du commerce, secteur déjà affaibli par la crise des gilets jaunes. Ainsi, la remontée de l'optimisme est plutôt faible, elle concerne 6 % des entreprises. Dans l'industrie, cet optimisme est encore moins élevé. La crise n'a donc épargné que très peu d'entreprises : 95 % se considèrent très directement touchées par celle-ci, selon les chiffres de Joël Fourny.

S'agissant du plan de relance, 53 % des chefs d'entreprises considèrent qu'il peut redonner confiance, un tiers d'entre eux dans l'industrie. Toutes les entreprises sont convaincues de la nécessité du port du masque mais expriment une forte critique concernant la politique des tests. Par ailleurs, certaines sont inquiètes de l'image que la crise va laisser sur leurs comptes et souhaiteraient un traitement comptable spécifique des problématiques de cette période. Une demande forte s'est élevée pour envisager des traitements adaptés des comptes des entreprises. Autre préoccupation actuelle, l'absence de visibilité sur l'avenir. Les entreprises se demandent si l'exportation pourra redémarrer, de même que le tourisme international.

Un constat global qui est partagé par François Asselin. Ce dernier relève aussi une grande hétérogénéité entre les secteurs. Si d'un point de vue macroéconomique la situation est moins catastrophique que prévu, certains secteurs souffrent plus que d'autres. Le président de la CPME s'inquiète également du sort de beaucoup d'entreprises avec la reprise de l'activité des tribunaux de commerce, qui rouvriront les procédures de cessation de paiements dès le 7 octobre prochain. De même, interviendra en fin d'année l'arrêt des bilans puis la publication des comptes à fin mars, avec le risque d'un traitement comptable s'accompagnant d'une cotation dégradée qui pourrait inciter les partenaires financiers à se retirer des crédits de trésorerie. Pour la CPME, une solution serait de mettre en place un prêt de consolidation qui regrouperait les dettes, étalées jusqu'à près de dix ans pour aider les entreprises viables.

Pistes d'améliorations

Les différents représentants des travailleurs indépendants et des chefs d'entreprises ont abordé plusieurs pistes de réflexion et préconisations afin de permettre une meilleure reprise économique sur l'ensemble du territoire grâce à ce plan. Celui-ci doit d'ailleurs associer les élus locaux et l'ensemble des acteurs de terrain qui disposent de l'expertise nécessaire dans les territoires. Sur ce point, les chambres consulaires se sont dit prêtes à jouer un rôle d'accompagnement des entreprises dans la prévention de leurs difficultés. « Il est de notre rôle, en tant que chambres consulaires, d'accompagner techniquement les entreprises et nous souhaiterions apporter cet appui notamment sur le volet numérisation et digitalisation, en apportant une offre de service concrète et en mettant en place des formations continues qui leur permettront de se familiariser avec les nouvelles dispositions et outils », s'est exprimé Joël Fourny.

Ainsi, il a été évoqué d'étaler le remboursement du prêt garanti par l'État (PGE) sur dix ans, et non six, et d'appliquer le même taux de remboursement, quelle que soit la durée de ce dernier, et de considérer de façon consolidée l'ensemble des dettes (fiscales, sociales, etc.) tout en trouvant une solution au problème de la règle de minimis en vigueur dans l'Union européenne. L'objectif est d'éviter que des entreprises se retrouvent ensevelies sous leurs dettes, sans perspectives d'activité leur permettant de concrétiser leurs projets d'investissement.

Par ailleurs, le plan de relance doit s'accompagner d'une évolution des normes comptables permettant de traiter les prêts au titre des capitaux propres et non pas comme des dettes qui entraînent une dégradation de la cotation Banque de France des entreprises.

Enfin, parce que la baisse annoncée des impôts de production ne compense que partiellement leurs hausses précédentes, elle doit s'inscrire dans la durée afin de permettre une reprise des investissements et de la compétitivité des entreprises françaises face à leurs concurrents.




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