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Pierre-Yves Bournazel « Il faut sortir des logiques partisanes »

Pierre-Yves Bournazel est député de la 18e circonscription de la capitale. Il est également conseiller de Paris. À ce double titre, il livre ses réflexions et ses propositions.
Pierre-Yves Bournazel « Il faut sortir des logiques partisanes »

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Affiches Parisiennes : Quelle est la situation dans votre circonscription ?

Pierre-Yves Bournazel : Les nombreux habitants de la 18e circonscription que je rencontre sont comme tous leurs concitoyens. La crise sanitaire a changé notre quotidien et notre organisation de vie quotidienne. Chacun consent à des efforts et voit bien que ce n'est pas toujours évident de reprendre le chemin d'une vie “normale”. Ils sont aussi pleins d'espoir pour l'avenir parce que la reprise économique est là. J’ai vu également beaucoup de capacité d’innovati on et de solidarité. Nous devons, nous députés et élus locaux, apporter notre soutien à toutes celles et à tous ceux qui sont les plus fragiles dans cette période de crise et donner des moyens à celles et ceux qui ont envie de construire le monde d’après pour leur permettre de s'y épanouir. Nous vivons un moment “charnière” où nous avons subi des fortes difficultés économiques et sociales, en traversant cette crise sanitaire, où l'État a répondu présent par un soutien massif aux entreprises, aux salariés, au pouvoir d'achat, mais qui a aussi pesé beaucoup sur le moral et la psychologie de tous les citoyens.


A.-P : Vous êtes député, mais également conseiller de Paris… Quelles sont aujourd’hui les préoccupations des Parisiennes et des Parisiens

P.-Y. B. : Je crois que beaucoup de Parisiennes et de Parisiens, qu'ils aient voté pour Anne Hidalgo ou pas, se plaignent d'une certaine dégradation de leur vie quotidienne. Il faut regarder la réalité en face. Nous avons une dégradation de notre gestion de l'espace public en termes de propreté, en termes d'aménagement, parfois trop désordonné et trop conflictuel. Le bruit, la pollution, mais aussi des travaux qui prennent beaucoup de retard et qui font que les Parisiennes et Parisiens ont envie de solutions beaucoup plus concrètes, pragmatiques, qui soient mises en œuvre afin d’améliorer leur qualité de vie. Quand je dis l'espace public, je pense aussi à la tranquillité et la sécurité. Or, il y a des outils qui ont été mis à disposition de Paris. C'est la majorité présidentielle qui a fait une avancée historique majeure en changeant le statut de Paris par la loi et en permettant à la Ville de créer sa propre police municipale. Cette police de proximité, doit se mettre urgemment en place, pour assurer des missions à la fois de prévention, sur le terrain, et de répression des incivilités de la petite délinquance. Or, nous constatons sur le terrain un manque d'effectifs de cette police municipale. Il est donc urgent d'accélérer la mise en place des effectifs de cette police municipale pour qu'elle puisse jouer son rôle dans la chaîne de la tranquillité et de la sécurité publique. La majorité présidentielle a également mis en place, par la loi, les travaux d'intérêt général. “tu casses, tu répares ; tu salis, tu nettoies” était d'ailleurs l’une de mes propositions depuis de nombreuses années pour le 18e arrondissement de Paris, qui trouve enfin sa consécration, dans le cadre de la loi. Le travail d'intérêt général est une bonne réponse afin de lutter contre la récidive, parce que c'est une réponse à la fois éducative et de sanction, qui permet de lutter contre les incivilités et la petite délinquance.

Nous avons, par ailleurs, augmenté les effectifs de la Police nationale, avec plus de 10 000 postes créés sur l'ensemble de la France dont 80, à temps plein, dans le 18e arrondissement. Donc, nous avons, avec la création d'une Police municipale et les travaux d'intérêt général, de nouveaux maillons, et nous finançons de la vidéo-protection. Nous attendons à présent que ces maillons, mis au service des Parisiennes et des Parisiens, soient appliqués directement sur le terrain par l’équipe municipale qui doit privilégier aujourd'hui la mise en œuvre concrète de solutions pour améliorer la vie quotidienne de tous. Quand on aime sa ville, on s'en occupe. Paris a besoin d'une nouvelle méthode de gouvernance au plus près des réalités de terrain pour amener les réponses qu'attendent les Parisiennes et les Parisiens afin d’améliorer leur qualité de vie, en commençant par l'espace public qui touche, encore une fois, à la propreté, à la pollution, en passant par le bruit, la tranquillité et la sécurité.

A.P. : Mais il y a d'autres sujets à Paris…

P.-Y. B. : Bien entendu. Il y a aussi l'endettement de la Ville qui suit une mauvaise trajectoire, que je dénonce depuis longtemps. Année après année, j'alerte au Conseil de Paris, lors des discussions budgétaires, sur cette dérive qui fait qu'aujourd'hui, beaucoup de projets ne sont pas financés. Nous n'avons toujours pas de plan d'investissement municipal, le fameux “PIM”, qui donne de la lisibilité sur la stratégie d'une ville. Mes propositions restent d'actualité. Il faut une réforme de l'administration parisienne, pour privilégier le renforcement des emplois qui ont un impact direct sur l'amélioration de la vie quotidienne des Parisiennes et des Parisiens. Je pense à la propreté, à la tranquillité publique avec la Police municipale et à la petite enfance. En revanche, il ne faut pas remplacer tous les fonctionnaires et agents publics qui partent à la retraite, intervenant dans ce que j'appelle “la bureaucratie”. Des postes se sont multipliés ces dernières années, avec la création de nouvelles sous-directions, des directions de la communication… Il y a là d’importantes économies à faire.
La stratégie d'investissement à Paris doit permettre de hiérarchiser les priorités. Il faut arrêter les grands projets du type “Tour Eiffel-Trocadéro”, qui n'est pas une priorité pour la capitale. Cet argent devrait plutôt être redéployé dans nos écoles, nos équipements culturels, comme les bibliothèques et les conservatoires, nos équipements sportifs, comme les gymnases. Trop souvent dans nos quartiers – je le vois dans le 18e –, nous sommes en retard en matière d’entretien de ces équipements.


A.-P. : Les Jeux olympiques et paralympiques se profilent. Est-ce que la capitale sera prête ?

P.-Y. B. : Paris 2024 et l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques sont l'occasion de remettre les projecteurs internationaux sur la France et particulièrement sur Paris et le Grand Paris. Il faut, d'ici deux ans, remettre de l'ordre dans l'espace public parisien, dans les comptes publics parisiens et il faut un cap et une vision pour redonner aux Parisiennes et aux Parisiens de l'énergie et de la confiance dans l'avenir de notre capitale.
Nous avons évoqué des problèmes de l'espace public, des problèmes financiers... Nous pourrions évoquer la question du coût de la vie. Nous sommes dans une ville qui est extrêmement chère, notamment en matière d'accès au logement. Pour rester attractif, il est aussi urgent de revoir la gouvernance à travers une stratégie du Grand Paris visant à mieux accueillir, notamment les familles des classes moyennes à l'échelle de la métropole. On voit bien que beaucoup ont malheureusement la légitime tentation de quitter notre ville, parce qu'elle est chère et dégradée.

A.-P. : Pourtant, la capitale est une destination prisée par les touristes…

P.-Y. B. : Pour moi, malgré tout, Paris reste la plus belle ville du monde. Et je suis profondément attaché à ses quartiers, à ses villages, à l'âme parisienne, aux Parisiennes et aux Parisiens. Mais force est de constater qu'il y a un besoin urgent de redonner un cap à cette ville, une nouvelle méthode de travail pour avoir une culture concrète de la mise en place des politiques publiques. Aujourd'hui, il faut qu'il y ait une remise en cause de ce qui ne fonctionne pas. Ce qui dysfonctionne de manière majeure et visible à Paris doit être arrêté et changé, en s'inspirant de ce qui fonctionne ailleurs et en s'appuyant aussi sur des idées qui peuvent émerger de différentes sensibilités politiques.

© DR


A.-P. : Peut-on être maire d'une ville comme Paris et faire en même temps une campagne présidentielle ?

P.-Y. B. : Anne Hidalgo a tout à fait le droit de concourir à la magistrature suprême. Je suis très attaché à la démocratie. En revanche, je crois qu'il est essentiel qu'on s'occupe de Paris et qu’on s’en occupe pleinement. Gérer une ville, comme gérer un pays, c’est voir la réalité en face. Quand il y a des choses qui dysfonctionnent de manière majeure, il faut le dire et avoir la lucidité de changer de politique et de cap. Or, aujourd'hui, avec beaucoup de Parisiens, j'ai le sentiment qu’on continue d'avancer dans une direction qui, de toute évidence, n'est pas la bonne. Chaque Parisien constate que la gestion des travaux à Paris ne peut pas continuer ainsi. Les barrières s'installent des semaines avant le début des travaux. Elles restent parfois des semaines, voire des mois, après la fin des travaux. Quand des travaux sont terminés, sur une même portion de voirie, on recommence des travaux quelques mois plus tard, parce qu’un autre opérateur intervient.

Il appartient à la Ville de coordonner la gestion des travaux à Paris. Ils doivent être mieux organisés et mieux réalisés. C'est la qualité qui doit l'emporter sur les objectifs de quantité. Il faut remettre du bon sens et du pragmatisme dans la gestion de la ville. Il faut que la maire et ses adjoints, comme l'ensemble des élus, soient au rendez-vous des attentes des Parisiennes et des Parisiens. Si elle considère qu'elle a un bon projet pour la France, la bonne vision, c'est tout à fait son droit. Pour ma part, je soutiens Emmanuel Macron. Les Françaises et les Français jugeront les 10 et 24 mai.

A.-P. : Vous êtes engagé auprès d'Édouard Philippe dans le parti Horizons et vous soutenez le président de la République, Emmanuel Macron. Vous l’avez parrainé ?

P.-Y. B. : Oui, j'ai parrainé Emmanuel Macron. Durant la crise sanitaire douloureuse que nous avons vécue et que nous continuons à vivre, je crois qu’il a été à la hauteur de la tâche qui lui incombait. Il a tenu bon dans la tempête. Malgré toutes les difficultés économiques et sociales, il a su prendre les bonnes décisions ou, si j'ose dire, les moins mauvaises parce que, comme l’a dit Pierre Waldeck-Rousseau, “Gouverner, c'est choisir entre deux inconvénients”. Tout aurait pu s'effondrer. Grâce aux décisions pour protéger les entreprises, les PME, les commerces, les artisans, pour protéger les salariés dans leurs emplois, pour protéger le pouvoir d’achat, nous avons pu tenir. Et pour preuve, nous avons une dynamique aujourd'hui avec 7 % de croissance et la reprise de l'activité. C'est le premier point.
Le deuxième point, c'est que tout au long du quinquennat, Emmanuel Macron a porté ce projet de l'égalité des chances qui est un des fondements de mon engagement politique. Égalité des chances, c'est-à-dire donner plus à ceux qui ont le moins de capital social et culturel au départ. Une des très grandes réformes qui a été menée dès 2017 et qui porte ses fruits aujourd'hui, est celle qui a permis le dédoublement des classes de CP de CE1, en zone d'éducation prioritaire. Les enfants qui en ont bénéficié à la rentrée de septembre 2017, en cours préparatoire, sont à présent en cours moyen deuxième année. Ils ont un niveau largement supérieur à celles et ceux qui les ont précédés dans les mêmes écoles. Ce niveau, en termes d'acquisition des fondamentaux, lecture, écriture, calcul, est équivalent à celles et ceux qui sont dans des écoles, dans des secteurs socialement beaucoup plus favorisés.

Ça, c'est la promesse républicaine. C'est une réforme d'intérêt général. Elle va prendre une génération. Il fallait le courage de la mettre en œuvre. Elle porte et elle portera ses fruits, surtout à moyen et long termes.

Il va falloir la poursuivre et l’amplifier au cours du prochain quinquennat. Nous y travaillons dans le cadre du projet 2022 – 2027, pour renforcer lancer de nouvelles actions dans les collèges et permettre justement à chaque enfant de pouvoir réussir grâce à l’école son émancipation. À travers l'égalité des chances, nous avons aussi voulu favoriser l'intégration par l'emploi. Pour aller vers l'emploi, encore faut-il être bien formé. Nous avons mis le paquet sur la formation. Aujourd'hui, nous avons plus de 700 000 apprentis en France. Qui l'aurait cru en 2017 ? Nous permettons à des gens de mieux se former et d'aller vers des métiers où il y a des débouchés. C'est la raison pour laquelle le chômage recule. Les décisions ont permis de rapprocher la logique de formation de la logique d'emploi. Beaucoup bénéficient de ce système et peuvent s'insérer grâce à des filières d'apprentissage, pour aller vers l'emploi, donc vers une meilleure vie sociale. Pour moi, cette réforme est essentielle.

A.-P. : Vous adhérez totalement à la façon de faire du président de la République ?

P.-Y. B. : Il y a eu des réussites et des échecs. Comme tout le monde, Emmanuel Macron a ses qualités et ses défauts, mais je crois qu'il a toujours la force et l'énergie de sa jeunesse et, en même temps, la solidité de l'homme d'État qui a montré son expérience dans la gestion des crises les plus dures qu'on ait pu connaître ces dernières décennies, notamment la crise sanitaire, économique et sociale. Avec beaucoup d’autres, je souhaite l'accompagner dans cette campagne, mais surtout l'accompagner, si les Françaises et les Français lui font confiance, durant le prochain quinquennat, afin de poursuivre la transformation de notre pays, et ainsi rassembler les Français autour de ce grand projet d'avenir de réindustrialisation de notre pays. Poursuivons et amplifions ce travail.

A.-P. : Et concernant le mouvement politique Horizons ?

P.-Y. B. : Je suis issu de la droite modérée. J'étais porte-parole d'Alain Juppé lors de la primaire de 2016. Bien avant qu'il ne soit Premier ministre, j'ai pu constater qu’Édouard Philippe était un homme d'État de très grande qualité. Au-delà de l'amitié que je lui porte depuis de nombreuses années, je considère qu'il est solide et qu'il a une vision. Je souhaite l’aider au sein ce nouveau mouvement “Horizons”, afin d’enraciner la majorité présidentielle et permettre son élargissement, dans la continuité de ce qu’Emmanuel Macron avait appelé “la logique du dépassement”. Permettons à des hommes et des femmes issus de sensibilités politiques différentes de se rassembler autour d’un projet et défendons l'intérêt général, plutôt que défendre des logiques partisanes rétrécies. J’ajoute enfin que, dans un monde où on constate la montée de très fortes radicalités, il est important que celles et ceux qui ont une certaine conception de la démocratie, de la République, de l'État de droit, s’appuient sur l'intelligence collective, en cherchant à rassembler les citoyens, plutôt que les diviser selon leur classe sociale, leur origine ou leur religion… Nous sommes dans une période charnière où la solidité de l'homme et de la femme d'État, la solidité des convictions républicaines sont importantes. Voilà tout ce qui peut être défendu avec force et conviction. Emmanuel Macron est de cette trempe-là ; Édouard Philippe l’est également.

A.-P. : On a beaucoup parlé de la fusion qui n'a pas abouti entre Agir et Horizons et des mésententes dans la maison commune de la majorité. Qu’en pensez-vous ?

P.-Y. B. : Horizons participe à l'élargissement et à l'enracinement de la majorité présidentielle. Ce qui nous intéresse, c'est le service du pays. Nous soutenons Emmanuel Macron, loyalement et en toute liberté, car nous pensons que c'est lui qui porte les qualités de chef d'État dont le pays a besoin dans les cinq ans qui viennent.

Nous construisons le projet sur le temps long, mais également les réponses dont notre pays a besoin face aux grands défis qui sont devant nous : défi climatique, transformation de notre modèle économique, égalité des chances de l'école, éducation et place de la France dans l'Europe et dans le monde, à travers les évolutions géopolitiques qui se profilent. Voilà ce qui nous intéresse. Pour le reste, les cadres, les élus, les parlementaires d’Agir se retrouvent naturellement et spontanément dans la ligne d'Horizons et soutiennent Édouard Philippe, parce qu'il est le chef naturel de cette sensibilité politique. Notre seule boussole, c'est le service du pays, c'est de faire réussir la France, de nous engager dans cette campagne avec et pour Emmanuel Macron.

A.-P. : Peut-on évoquer les autres candidats de cette campagne présidentielle ? Il y a beaucoup d'animosité aux extrêmes. On le voit notamment avec des candidats comme Éric Zemmour, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon… Par ailleurs, pourquoi Emmanuel Macron tarde à se déclarer ? Est-ce, justement, parce qu'il travaille jusqu'au bout de son mandat ?


P.-Y. B. : Pour l'instant, il y a une crise sanitaire qui demande beaucoup d'investissement. C'est bien naturel. Les réponses aux questions économiques et sociales, ainsi qu’une situation géopolitique complexe, demandent aussi beaucoup d'investissement. Le temps de l'annonce de candidature d'Emmanuel Macron arrive. Il pourra se confronter à ses concurrents, mais surtout, il aura le temps nécessaire afin de parler aux Françaises et aux Français.
Quant à ses concurrents, ils sont d'accord pour le critiquer. Ça ne construit pas, pour autant, une politique crédible pour l'avenir du pays. Dans la crise sanitaire extrêmement difficile et douloureuse que nous traversons, les uns et les autres ont rarement cherché les voies du rassemblement. Dans leurs prises de position, ils sont même souvent dans la contradiction permanente sur la manière dont il aurait fallu gérer la crise. Quand on regarde les choses avec un peu de recul, heureusement qu’ils n’étaient pas aux responsabilités.

Je constate, par ailleurs, qu'il y a effectivement une montée des radicalités, ’une gauche dure, l’extrême gauche, comme dans une droite dure et une extrême droite. Il est incontestable qu’Éric Zemmour a un projet de société élaboré. Il est en totale opposition avec celui que nous portons. Nous croyons à la nation, lui prône le nationalisme. Nous croyons en une nation France, ouverte sur l'Europe, sur le monde, une nation France qui cherche à rassembler ses citoyens, pas à les opposer. « Le nationalisme », disait Romain Gary, « c'est la haine des autres, alors que le patriotisme, c'est l'amour des siens ». Le nationalisme cherche toujours des ennemis, des ennemis à l'intérieur, qui seraient responsables de tous les maux de la société, et des ennemis à l'extérieur afin de galvaniser ce qui serait une forme de pureté imaginée, du bon Français ou de la bonne France. C'est une impasse politique et une impasse dangereuse parce que ces idées-là ont toujours conduit le pays à l’abîme.

Aujourd’hui, les deux candidats de cette droite identitaire extrême, Éric Zemmour et Marine Le Pen, se reprochent réciproquement d'avoir des “nazis” dans leurs mouvements. Est-ce là le modèle de société que nous voulons pour l'avenir du pays ? De l'autre côté, il semblerait que les sociaux-démocrates, à gauche, comme les gens de la droite modérée, préfèrent la solidité d'Emmanuel Macron, homme d'État qui a de l'expérience et qui a protégé les Françaises et les Français durant les crises, avec une légitimité sur le plan européen et international. Plus à gauche, la critique systématique de l'action d'Emmanuel Macron est plus idéologique qu'autre chose. Jean-Luc Mélenchon est comme Eric Zemmour. Il a sa logique et le mérite de la constance de ses idées. Ses idées, c'est demain, on rase gratis, on fait la révolution et après, on voit… Ce n'est pas là non plus notre modèle et notre vision. Nous sommes en opposition avec cette vision de la société. Les extrémistes parlent fort, par slogans, mais n'ont pas de solution. Je disais précédemment que dans la période que nous traversons, qui a engendré une crise économique et sociale majeure, la plus grave crise depuis 1929, notre pays aurait pu s'effondrer. Il a bien fallu qu’Emmanuel Macron tienne bon et prenne les bonnes décisions pour sauver les entreprises, pour sauver l'emploi, pour sauver le pouvoir d'achat. Regardez ce qui se passe dans d’autres pays… Nous traversons une crise difficile, douloureuse, notamment pour les plus fragiles d’entre nous. Il nous appartient de les protéger au maximum et d'inventer, dans le prochain quinquennat, de nouvelles protections face aux mutations du monde et aux crises que nous affrontons. Mais qui a supprimé la taxe d'habitation pour 80% des Français et en 2023 pour la totalité ? Qui a baissé l'impôt sur le revenu pour la première tranche ? Qui a fait le “reste à charge zéro” pour les prothèses dentaires, les prothèses auditives et les lunettes ? Qui a augmenté le minimum vieillesse, l'allocation adulte handicapé ? Qui a baissé les charges sociales sur les salaires proches du Smic ? C'est cette majorité et c'est bien elle qui a eu cette préoccupation d’aider ceux qui sont les plus vulnérables de la société. Mais le chemin est encore long parce qu'il y a encore beaucoup de difficultés. Nous sommes dans la bonne direction. Il faut poursuivre et amplifier ce travail. Mais on ne peut pas résoudre en cinq ans ce que les autres ont dessiné dans le mauvais sens sur les 40 dernières années. Je pense donc que la critique systématique, idéologique, qui est portée par les concurrents d'Emmanuel Macron ne résiste pas à la démonstration des faits.

L’action législative

« J'ai conçu mon mandat parlementaire de manière très libre. J'ai voté les grandes réformes qui me semblaient importantes pour l'avenir du pays, notamment le soutien de l'action du Président et du Gouvernement sur le dédoublement des classes de CP de CE1, sur le soutien la création et à la culture. Je me suis beaucoup investi sur des questions écologiques et de transformation de notre modèle économique et social. Je me suis beaucoup investi sur les questions de pouvoir d'achat, de soutien aux plus vulnérables et aux plus fragiles. Je pense au reste à charge zéro sur les prothèses dentaires, auditives et sur les lunettes, pour 10 millions de Français. J'ai, par ailleurs, conservé ma liberté de ton. J’ai voté pour l'interdiction du glyphosate. Je me suis engagé sur des sujets d'intérêt général, pour faire avancer les bonnes causes, comme la lutte contre la contrefaçon, qui est un fléau majeur. Ce sujet m’a demandé beaucoup de temps, afin de bien connaître la situation et faire des propositions efficaces. C'est un phénomène mafieux qui exploite mes enfants à l'autre bout du monde, qui ne respectent aucune norme environnementale, qui détruit nos savoir-faire et nos emplois en France et qui finance le crime organisé et le terrorisme. Ce sont donc des sujets structurels complexes qui demandent un investissement considérable. J'ai construit avec mon collègue Christophe Blanchet une proposition de loi, sur le plan national, afin d’apporter des réponses pour mieux prévenir les effets nocifs de la contrefaçon, mieux éduquer et sanctionner davantage. Cette proposition de loi, qui a été débattue à l'Assemblée nationale fin 2021, a été votée à l'unanimité, des Insoumis aux Républicains, en passant par tous les groupes de la majorité présidentielle, MoDem, Agir Ensemble et La République en marche, mais aussi les groupes socialiste, d'opposition, communistes, etc.

J'aime bien faire avancer des projets concrets, proposer des solutions, au-delà des clivages politiques. De la même façon, j'ai voté des propositions de loi venant de groupes politiques de droite ou de gauche, qui n'étaient pas de la majorité présidentielle, parce que je pensais que c'était de bons projets et de bonnes causes qui étaient défendues. J'ai toujours fonctionné comme cela et je continuerai à le faire. Dans ma circonscription, les habitants savent que ma porte leur est toujours ouverte. D'ailleurs, j'ai beaucoup appris à leur contact. Ils m’ont ouvert les yeux sur certains sujets que je n'avais pas bien perçu et j'ai pu ainsi m'enrichir et faire ainsi des propositions à l'Assemblée nationale qui émanait de leur travail ou de notre travail en commun.

En cinq ans, nous avons quand même bien avancé. Il y a encore beaucoup à faire. C'est pour ça que j'ai envie de poursuivre cet engagement. J'ai cette énergie, cette volonté de faire.

La logique du dépassement est aussi une logique de rassemblement et de refus du sectarisme. Je ne suis pas un député “godillot”. Je n’ai jamais fonctionné comme cela. Je ne dis pas oui à tout et je ne dis pas non par principe. J'essaye de construire ma propre pensée, mon propre cheminement, en allant au contact des experts et des citoyens. J’aime apprendre des autres et comprendre la complexité des sujets. Je raisonne en homme libre.

Je crois que les Français attendent cet état d'esprit. Il faut sortir de ces logiques d'enfermement, de ces logiques partisanes et toujours se remettre en cause, pour avoir des parlementaires libres, de confiance et de proximité qui ont les pieds sur terre et qui aussi sont capables d'évoluer, et je l'assume, d'évoluer selon la réalité des situations, quel que soit le niveau de d'action. »

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