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Philippe Rochmann : « Notre syndicat est un acteur discret de la profession »

le - - Actualité - Interview

Philippe Rochmann : « Notre syndicat est un acteur discret de la profession »

À l'occasion du dîner annuel du syndicat professionnel, tenu récemment, son président, Philippe Rochmann, évoque l'histoire et les objectifs de cette compagnie qui fêtera bientôt ses 140 ans.

Affiches Parisiennes : Quels sont l’historique et le rôle de la Compagnie ?

Philippe Rochmann : La Compagnie est le plus ancien syndicat professionnel d’avocats encore en activité. Fondée en 1876, elle est en quelque sorte une vieille dame qui fêtera ses 140 ans l’an prochain. À l’origine, notre syndicat avait pour dénomination « Compagnie des docteurs en droit de la Seine », syndicat auquel adhéraient tous les docteurs en droit exerçant le métier de conseil juridique, avant que cette profession ne soit réglementée en 1971.

La spécificité de ses adhérents tenait à la rédaction d’actes juridiques, d’où l’attrait des conseils juridiques pour y adhérer. En 1971, le syndicat a pris la dénomination de « Compagnie des conseils juridiques de Paris et d’Île-de-France » puis en 1992, lors de la fusion entre les avocats et les conseils juridiques, elle est devenue « Compagnie des avocats-conseils d’entreprise de Paris et d’Île-de-France ». La Compagnie est toujours présente pour aider nos confrères à se projeter dans l’avenir.

Notre syndicat est donc un acteur discret de la profession. Nos membres sont particulièrement actifs dans le domaine de la veille juridique, de la rédaction d’actes et du partage d’informations et d’expériences.

Nous participons aussi aux réflexions d’ensemble concernant les sujets qui intéressent la profession, je pense notamment au périmètre de nos activités menacé par d’autres professions réglementées mais aussi aux nouveaux intervenants qui « ubérisent » la justice et le droit. Nous savons qu’il faut se préparer à cette nouvelle économie et qu’il faut pour cela impérativement augmenter la valeur ajoutée de nos prestations, notamment à travers une formation initiale plus axée sur la pratique professionnelle qui permette à nos étudiants d’entrer très rapidement dans la vie active, aussi bien en France qu’à l’international. La Compagnie est plus combative que jamais : nous serons présents et actifs pour accompagner et porter les changements à venir.

A.P. : Quels sont vos objectifs en tant que président de la Compagnie ?

P. R. : Les sujets du moment sont largement évoqués dans mon discours (lire encadré). Je quitterai la présidence de la Compagnie à la fin de l’année, heureux du travail accompli pendant ces six belles années.

Nombre d’adhérents de la Compagnie ont toujours été au service de la profession et de ses instances dirigeantes dans le cadre de mandats électifs et d’exercice de diverses fonctions (MCO, MCNB, Experts dans diverses commissions du CNB, administrateur de l’EFB, membre du comité de direction de la Carpa de Paris, administrateur de l’UNCA…) ou en étant des lanceurs d’alertes vis-à-vis de nos institutions. Je souhaite rendre ici hommage aux membres de la Compagnie qui ont joué un rôle important dans nos instances professionnelles. Notre regretté ami Patrick Roquet (BANCO), Jean-Pierre Chiffaut-Moliard (AMCO, AMCNB), Didier Chambeau (AMCNB), Jack Demaison (AMCNB) et Jean-Charles Krebs (AMCO, AMCNB et ex-président de l’UNCA). J’espère pouvoir suivre leur exemple et continuer mon action au bénéfice de mes confrères et consœurs et pour la profession si mes confrères parisiens me font l’honneur de m’élire au Conseil de l’Ordre de Paris le 16 décembre prochain.

A.P. : Pourquoi organisez-vous ce dîner ?

P. R. : La Compagnie, comme toutes les associations du barreau de Paris, organise tous les ans son dîner annuel, après son assemblée générale, au mois de novembre. Jusqu’en l’an 2000 ce dîner était organisé dans différents lieux de la capitale et nous étions une centaine de convives. En 2000, nous avons retenu le cadre prestigieux du restaurant Le Doyen et son chef Christian Le Squer.

Cette année-là, nous avons été plus de 150 convives et dès l’année suivante, le bouche-à-oreille ayant parfaitement fonctionné, nous avons refusé des convives pour nous limiter à 220 invités, contraints par la capacité de la salle.

Depuis 2014, Yannick Alleno officie aux pianos de cette institution gastronomique et notre dîner est, nous dit-on, l’un des événements majeurs de l’automne, et, cette année, au cœur de la période électorale qui se termine en décembre par les élections au Conseil de l’Ordre de Paris.

Sont présents à ce dîner les principaux acteurs de notre profession, tous les corps de la magistrature civile et administrative, Cour de cassation, Cour d’appel, Cour administrative d’appel, Tribunal de grande instance et Tribunal administratif, les bâtonniers, les membres et anciens membres du Conseil de l’Ordre, les présidents des autres syndicats et les personnalités du barreau de Paris, le président du Conseil des prud’hommes de Paris, le président de la Chambre des métiers de Paris.

Cette année, la présidente de la Cour nationale du droit d’asile, le président de l’Union Internationale des avocats le Directeur général des finances publiques, le président du Conseil de la concurrence nous ont fait l’honneur de participer à notre dîner.

Ce dîner, outre sa haute tenue gastronomique, rehausse le prestige du barreau de Paris par la qualité des convives qui nous font chaque année l’amitié de reconnaître le travail et la place de la Compagnie dans la profession. 

 

Extrait du discours de Philippe Rochmann

« Le droit est partout et nous ne sommes plus les seuls à avoir accès aux textes car l’information de base est désormais publique. Notre valeur ajoutée, qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer, c’est notre intelligence et notre capacité à définir avec nos clients la bonne stratégie à adopter dans la défense de leurs intérêts.

Alors, agissons ensemble pour augmenter toujours et encore la valeur ajoutée de nos prestations. Cela passe par une formation initiale et continue d’excellence encore plus axée sur nos pratiques professionnelles, sur l’international, sur la gestion de nos cabinets qui nous permettra d’accéder à de nouveaux marchés, à de nouveaux métiers et d’aborder finalement la concurrence en position de force.

Nous ne devons plus subir les changements mais les accompagner ou encore mieux les initier en prenant toutes les initiatives possibles. Peut-être, faudra-t-il, Monsieur le bâtonnier élu, que nous réfléchissions ensemble à faire évoluer, à la marge je vous rassure, quelques points de notre déontologie afin de nous assurer que nos confrères demeurent les acteurs incontournables du droit dans notre pays. J’espère pouvoir vous accompagner dans cette réflexion. 

Non seulement les avocats seront dans le train lancé à grande vitesse mais en plus nous serons dans la locomotive ! »  




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