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Philippe Bonnin : "Nous devons développer le goût de l'entrepreneuriat auprès des jeunes"

le - - Actualité - Interview

Philippe Bonnin : "Nous devons développer le goût de l'entrepreneuriat auprès des jeunes"

Philippe Bonnin, candidat à la Présidence du Conseil Régional de l'Ordre des experts comptables nous reçoit aujourd'hui pour évoquer l'avenir de la profession.

 Philippe Bonnin, comment pensez-vous rapprocher davantage les dirigeants des experts-comptables ?

Aujourd'hui, nous assistons à une évolution dans nos missions, avec un rôle de conseil plus fort. Cependant, cette évolution passe par un meilleur positionnement sur le marché. Il faudrait que nos experts puissent communiquer autour de leur spécialisation. A titre d'exemple, aujourd’hui, un consultant qui est expert en crédit impôt recherche, vous savez qu'il est expert dans ce domaine. Mais un expert comptable dans le même domaine, vous ne savez pas qu'il a cette spécialisation, ce n'est pas indiqué sur son papier en-tête. Sa communication et sa visibilité sont limitées à sa seule capacité à communiquer par voie orale, par le bouche à oreille. Je me demande donc si ces experts comptables spécialisés ont tous les atouts concurrentiels par rapport à des consultants extrêmement compétents, déjà prêts et disposant d'outils, par rapport à nos experts qui sont meilleurs sur le marché mais que personne ne connait.

Est-ce seulement un problème de communication ? Ne pensez-vous pas qu'il faille accompagner ce changement de cap ?

Ce n'est pas simplement un problème de communication mais un problème d'adaptation et de conditions normatives puisque notre profession ne nous permet pas aujourd'hui d'afficher notre spécialisation. C'est une réflexion de fond, cela fait 20 ans que mes confrères me parlent du marché du conseil, je pense que structurellement les instances doivent se poser des questions sur les moyens que nous avons à notre disposition et les outils réglementaires pour pouvoir faire cela dans de bonnes conditions. Si nous voulons exécuter ce type de mission aujourd'hui nous devons penser à la norme adaptée, penser au contrôle de qualité...Est-ce que les obligations liées à cette intervention permettent à un confrère de faire de cette mission dans les conditions équivalentes qu'à un consultant ?

Il y a donc lieu de mener une réflexion profonde sur le sujet...

Oui, nous ne pouvons pas aujourd'hui, vouloir faire du conseil sans avoir d'abord réglé un certain nombre de choses.

Comment envisagez-vous l’évolution de la profession ?

A mon sens, l'évolution passe par un recentrage fort de notre marché vers les entreprises et non les particuliers. Le deuxième point c'est l'attractivité de la profession. Aujourd'hui, une profession qui n'arrive pas à se renouveler, ce n'est pas une profession dynamique qui a terme, pourrait mourir. Donc, si nous n'arrivons pas à nous renouveler, à montrer ou à créer le dynamisme, les acteurs économiques comme Pouvoirs publics pourront se poser des questions sur l'utilité de la profession. Nous avons tout intérêt à démontrer notre importance par une multiplicité d'acteurs. Il y a un problème de cohérence sur le marché. Ensuite, je pense que si nous n'attirons pas les jeunes, alors que nous sommes dans un secteur qui vieillit, sachant que nous avons perdu beaucoup de nos stagiaires experts-comptables et que certains de nos jeunes diplômés partent travailler en entreprise, nous risquons d'affaiblir la profession. Afin de développer cette idée, une des mesures que je préconise serait de créer une escouade de conférenciers et d’experts qui se déplaceraient dans les collèges et les lycées pour expliquer davantage notre profession. Il faut développer le goût du métier.

Françoise Savès (présidente d'lFEC) nous a indiqué vouloir intégrer une dimension entrepreneuriale à la profession, notamment en renforçant la formation des jeunes diplômés sur ce sujet, qu’en pensez-vous ?

Je suis totalement pour. J'appuie Françoise Savès sur ce sujet. Ces dernières années, nous avons remplacé et fait évoluer le diplôme, le DAEC à l'époque, par un diplôme d'État, qui a suivi la réforme LMD. Cependant, ce diplôme a peut-être éloigné la compétence technique, de la dimension entrepreneuriale. A mon sens, il faudrait qu'il y ait un rapprochement et un renforcement sur ce sujet. Et il y a véritable accompagnement à faire sur cette dimension entrepreneuriale, car aujourd’hui, il faut montrer aux jeunes qu'ils peuvent devenir les entrepreneurs et les chefs d’entreprise de demain ! Un des axes fort serait de leur montrer que demain, ils pourront créer leur entreprise et former des experts comptables qui deviendront eux-mêmes des chefs d'entreprise. Nous devons développer ce goût de l'entreprise auprès d'eux. Il faut prendre du recul sur la profession d’expert comptable et montrer que l’on peut avoir confiance. C’est la principale qualité demandée aux personnes du métier.

Si vous aviez un souhait à émettre pour l’avenir de la profession, quel serait-il ?

Ce serait d’être un véritable acteur beaucoup plus prégnant auprès des Pouvoirs publics pour aider nos clients. Il faudrait également réduire le millefeuille législatif, je souhaiterais également que les mesures annoncées ne soient plus des effets d’annonces derrière lesquelles il y a des délais de mise en place beaucoup trop longs. Si les mesures immédiates ne sont pas appliquées, il n’y aura pas d’évolution pour l’entreprise. Aujourd'hui plus que jamais, nous voulons être un véritable acteur auprès des Pouvoirs publics, pour le bien de l'économie française, donc pour le bien des entreprises. 

©AgenceFairvalue






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