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Paris Fintech Forum : le Davos de la finance digitale

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Paris Fintech Forum : le Davos de la finance digitale
@ AP - Cédric O, secrétaire d'Etat aux affaires numériques, Laurent Nizri, fondateur du Paris Fintech Forum et Christian Nagel,

Plus de 2 700 professionnels de la finance, venus de 75 pays différents, se sont donnés rendez-vous à la 5e édition du Paris Fintech Forum au Palais Brongniard. L'occasion pour les acteurs du secteur financier de faire un état des lieux des innovations récentes, et pour le Secrétaire d'État au numérique, Cédric O, de réaffirmer le soutien des Pouvoirs publics à ce secteur florissant.

Quelques jours seulement après la tenue du Forum économique mondial de Davos en Suisse, le gratin de la fintech s'est réuni dans la capitale française afin de débattre, non pas de l'économie mondiale, mais du microcosme du secteur de la finance innovante. Néobanques en ligne, appli de gestion de dépenses ou d'investissement ou encore nouveaux systèmes de paiements digitaux font florès. Des innovations bienvenues au moment où seulement 19 % des Français sont satisfaits de leurs services bancaires, selon une enquête nationale menée en janvier par Moneway.

L'essor global du secteur

La fintech (contraction de « finance » et « technologie ») désigne une nouvelle industrie financière composée d'entreprises qui déploient des nouvelles technologies, pour la plupart digitales, afin d'améliorer les activités des services financiers. Combinant technologie de la donnée et de la mobilité et modèles innovants, ces sociétés souhaitent servir les nouveaux besoins financiers des utilisateurs.

Ce secteur connaît un essor sur les marchés du monde entier. La Fintech se globalise et l'Asie-Pacifique, notamment la Chine, continue de dominer le classement mondial avec sur le podium Ant Financial (Chine), Grab (Singapour) et JD Digits (Chine). On note aussi l'essor des sociétés indiennes Paytm et Ola et des américaines Compass et Opendoor.

Se développent ainsi de nombreuses néobanques en ligne, à l'instar de la française Qonto, de nouveaux systèmes de paiements digitaux, avec des géants comme Apple pay ou Libra de Facebook et de petits qui montent comme le français Lydia, de la gestion de dépenses, de la comptabilité, de l'investissement ou encore de l'octroi de crédit.

Côté hexagonal, l'écosystème s'est réuni au sein de l'association à but non lucratif France FinTech créée en juin 2015 à l'initiative des entrepreneurs. Sa mission est de promouvoir l'excellence du secteur en France et à l'étranger et de représenter les fintechs françaises auprès des Pouvoirs publics, du régulateur et de l'écosystème. Le message semble avoir été bien reçu de la part du Gouvernement car la cinquième édition du Paris Forum Fintech s'est déroulée sous le haut patronage du Président de la République et a reçu la visite du Secrétaire d'Etat au numérique. En 2018, 350 fintechs françaises étaient identifiées par l'association, dont 234 exercent une activité régulée sous différents statuts (ACPR et Banque de France). En plein boom, ces dernières ont levé 699 millions d'euros en 2019, et déjà 144,5 millions en janvier 2020, selon l'association.

Mieux encore, 4 fintechs françaises - Dether, Lunchr, Moonshot-Internet, Spendesk - se trouvent parmi le classement des 100 meilleures fintechs de l'année 2019 selon le géant de l'audit KPMG. Elles succèdent ainsi à Leetchi (2016), Alan, iBanFirst, Lydia, Payfit, Qonto (2017), +Simple et Shift (2018) parmi les acteurs référencés du classement « Emerging 50 ».

Vues de l'intérieur

Lors d'une table ronde, cinq intervenants étrangers sont venus partager leurs expériences et leurs visions des lancements et des développements des start-up de la Fintech, notamment en Europe et aux Etats-Unis. S'ils ne sont pas tout à fait d'accord sur les détails, un consensus semble faire jour sur la bonne conjoncture du secteur.

Ainsi, Tom Stafford, managing partner de DST Global (fonds d'investissement installé à Hong Kong), s'attend à voir émerger entre 8 à 12 géants de la fintech, comme Paypal, d'ici moins de dix ans.

Emmalyn Shaw, managing partner de Flourish Ventures (fonds d'investissement américain), confirme ce point de vue mais estime que seul deux ou trois acteurs internationaux auront le monopole, sûrement chinois, américains ou britanniques. Pour le moment, seules trois fintechs ont rejoint le club de la centaine de milliards de dollars de chiffre d'affaires.

Les intervenants se demandent si le paiement digital va se développer aussi vite et aussi fortement que les réseaux sociaux, notamment comme Facebook et Twitter à leurs débuts, mais n'en sont pas tous convaincus. Par exemple, pour le moment, le service Apple pay n'est « pas un véritable succès », surtout en France où il n'est que très peu utilisé.

En revanche, ils semblent certains que nous vivons une transition majeure du secteur bancaire, d'autant plus dans les pays développés et émergents comme en Europe et en Amérique du Sud.

Norris Koppel, CEO de Monese (entreprise britannique qui propose des comptes courants et des services de transfert d'argent), estime que dès lors qu'une start-up de la fintech atteint une taille considérable, elle a forcément beaucoup d'offres d'acquisition des grands groupes bancaires et n'a pas d'autre choix que d'accepter de se faire racheter. Certains acteurs anticipent donc un « M&A boom », c'est-à-dire une explosion de fusions-acquisitions sur le marché de la fintech. Les géants comme Mastercard ne vont donc pas tarder à réagir fortement.


Tom Stafford (DST Global), Emmalyn Shaw (Flourish Ventures), Tim Sievers (Deposit solutions), Matt Oppenheimer (Remity), Norris Koppel (Monese) et Steve McLaughlin (Financial technology partner) ont parlé de l'écosystème et des lancements des start-up dans la fintech.

Régulation et sécurité

Invité à participer à une conférence sur la régulation et la sécurité bancaire dans un monde ouvert, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, explique que
« les nouvelles technologies représentent une révolution très importante pour les banques » qui leur permet de « délivrer un meilleur service aux clients », et de « repenser et redesigner toutes leurs fonctions ». Pour lui, la protection des données personnelles et la cybersécurité sont au cœur de cette nouvelle approche bancaire.

La grande banque française a donc repensé sa relation client et réfléchi à de nouveaux business models s'inscrivant mieux dans cet écosystème en pleine tourmente en proie à une nouvelle concurrence. Face à l'arrivée de larges plateformes et de néobanques, cet acteur classique a décidé, avec optimisme, de se développer en accord avec les nouvelles technologies et de former de nouveaux partenariats. Elle a par exemple acheté la start-up Treezor, la plateforme de crowdlending Lumo et contracté un accord commercial avec Amazon.

Pour Jose manuel Campa, président de l'European banking authority, « l'innovation n'est pas nouvelle pour la finance ». Cet expert qui a toujours vu le secteur évoluer en fonction des nouvelles technologies et nouveaux usages bancaires, met aussi la sécurité et la responsabilité des acteurs en exergue, ainsi que celle des organes de contrôle de ce secteur majeur. Plusieurs aires sont très importantes dans cette dynamique de changement selon lui, à l'instar de la fragmentation du secteur et de la cybersécurité. « Le composant-clé est la confiance » qui passe forcément par la transparence du process et sa sécurité totale..

Construire les champions européens de l'industrie de la finance

Parmi les 320 intervenants de ces deux jours de colloque, quatre experts européens sont venus discuter de la nécessité d'investir et de créer des géants de la fintech capables de concurrencer les Américains et les Chinois.

Pour Eric Lombard, directeur de la Caisse des dépôts, c'est une sorte de mystère s'il n'y a toujours pas de géant européen en la matière car la capacité d'investissement et les talents y sont « énormes », surtout depuis quelques années où les grands fonds se sont développés. Il passe ainsi le message que le marché européen est ouvert et facilement accessible, « davantage que le marché américain qui répond à 15 organismes de régulation ».

Gilles Grapinet, PDG de Worldline (grande société française de paiements en ligne en BtoB) dénonce la fragmentation du secteur bancaire qui a plus de 600 000 acteurs en Europe. Cet expert voit les start-up comme de futurs partenaires et est convaincu que les banques sont encore des acteurs indispensables du secteur. « Il faut travailler en écosystème », lance-t-il. Des groupes français investissent fortement. La Banque Postale, par exemple, s'est alliée avec KissKissBankBank, strat-up française de financement collaboratif fondée en 2010 sur le modèle de Kickstarter.

Selon eux, le futur de la fintech se trouve le développement du paiement instantané et l'application de la PSD2 (Payment Service Directive, directive européenne adoptée le 13 novembre 2007 sur les services de paiement dans le marché intérieur). Cette dernière est salutaire pour Gilles Grapinet, pour qui « parfois être en retard est un avantage ». Il estime ainsi que l'Europe peut créer un très bon produit bancaire en prenant exemple sur ce qui fonctionne bien aujourd'hui et en évitant les écueils subis par certaines start-up chinoises et américaines.

On s'arrache le botin des fintechs

Les visiteurs du salon ont eu la chance de recevoir un exemplaire de l'ouvrage “Altéir Fintech selection 2020” qui se vend dans le monde entier.

Cette analyse de l'état de l'art de la finance digitale réalisée par le cabinet de conseil Altéir, présidé par Laurent Nizri, le fondateur du forum des fintech, propose une sélection de pas moins de 160 monographies de fintechs en croissance issues de 33 pays différents.

Avec déjà plus de 1000 demandes issues du monde entier pour l'édition 2020, cet ouvrage de 200 pages disponible uniquement en version anglaise papier est une sorte de bible des professionnels du monde de la finance innovante.

Sa directrice défend une nouvelle dynamique de transparence et la redéfinition du processus de label d'AGS pour 2020, avec deux avancées prévues : la suppression de l'exigence de signature du juge commissaire (pour aider les mandataires dans un élan de confiance) et l'élargissement du paiement à J+2 à d'autres créances alimentaires des entreprises.




Anne MOREAUX
Journaliste

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