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Environnement Paris : davantage de sécheresses, canicules et inondations dans les années à venir

Une nouvelle étude sur les effets du dérèglement climatique sur la ville de Paris a été commandée par la mairie. Les phénomènes météorologiques exceptionnels vont devenir la norme dans les prochaines années.
Paris : davantage de sécheresses, canicules et inondations dans les années à venir
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La ville de Paris a récemment réalisé un diagnostic de robustesse et vulnérabilité qui se penche notamment sur les différents risques encourus par la capitale en raison du dérèglement climatique. Les résultats de cette étude viennent confirmer ce qui avait été évoqué et montré lors de l’élaboration du Plan climat de Paris, adopté par la ville en mars 2018, qui a vocation à lutter contre le dérèglement climatique : il va falloir des actions plus fortes pour éviter que la ville ne subisse trop de dégâts dans les années à venir.

Trois scénarios envisagés

Dans l’étude commandée par la ville de Paris, trois scénarios sont étudiés :

  • Le scénario volontariste : les objectifs internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont atteints et la hausse moyenne de température à l’échelle mondiale se stabilise autour de +2°C.
  • Le scénario intermédiaire : les tendances actuelles se poursuivent et dessinent une trajectoire d’augmentation de température moyenne à l’échelle mondiale à +3,5°C.
  • Le scénario « du pire » : le système mondial reste fortement carboné et se dirige, en l’absence de politique climatique, vers un dépassement des +4,5-5°C.

Le cap des 2°C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle est désormais franchi sur la capitale. Cette augmentation a déjà de grandes conséquences sur la météorologie. On assiste ainsi à une augmentation de la pluviométrie. Si en 1885, on observait seulement 561mm de pluie, on en observe aujourd’hui 721mm. Si le volume de pluie annuel devrait continuer d’augmenter, le nombre de jours de pluie va à l’inverse diminuer. Les pluies seront plus saisonnières en automne et en hiver et seront plus intenses qu’actuellement. A l’inverse, les étés devraient être plus secs de 10 % d’ici 2050.

Le risque de crue décennale, c’est-à-dire qui a une chance sur 10 de se produire chaque année, va augmenter de 20 % et celui de crue centennale, qui a une chance sur cent de se produire, va de son côté augmenter de 40 %.

Une augmentation non négligeable de la température moyenne

La température moyenne, dont l’augmentation est déjà entamée depuis la fin du XIXème siècle, devrait s’intensifier de façon importante dans les prochaines années. La température moyenne dans la capitale était de 10,7°C au début de la révolution industrielle, elle est de 13,1°C aujourd’hui et pourrait atteindre 14,5°C en 2085.

On estime à 22 le nombre de jours de canicules par an en 2050 et à 34 jours en 2085. Ces chiffres inquiétants sont une projection mais ils peuvent encore être atténués ou amplifiés en fonction de notre activité. L’étude rappelle qu’il existe une marge de manœuvre sur le long terme. Si jusque 2030, les projections semblent converger peu importe le scénario choisi, il est encore possible de réduire considérablement la hausse des températures entre 2030 et 2100.

Il est nécessaire de s’adapter et de préparer la réponse aux risques liés au réchauffement climatique.

Les plus précaires seront les premiers touchés

Les résultats de l’étude pointent également l’inégalité des populations face à une crise climatique d’ampleur. Pour les chercheurs, l’augmentation des températures est avant tout un enjeu social. Selon eux, les publics fragiles seront touchés en premier, dont les personnes âgées, les femmes enceintes mais également les personnes en situation de précarité financière : mal-logés, sans domicile fixe, personnes isolées… Il est donc nécessaire pour eux de mettre en place des mesures d’accompagnement, afin d’éviter une trop grande fracture sociale face à la crise climatique. La ville de Paris a d’ores et déjà mis en place le « Dispositif Reflex » qui vise à accompagner les personnes âgées et en situation de handicap lors des périodes de fortes chaleurs.

La mairie tente de prévenir les risques

Selon la dernière étude, la ville de Paris va devoir faire face à plusieurs défis climatiques dès 2030. Il s’agit de la protection des habitants et usagers de la surchauffe urbaine, de l’anticipation et de la gestion des risques liés aux inondations mais aussi de la préservation et du développement de la biodiversité et de la prévention de la raréfaction de la ressource en eau. Pour répondre à ces défis, la commune a déjà créé plusieurs dispositifs.

Concernant les risques d’inondations, les autorités ont renforcé les moyens dévolus à la gestion des crues de la Seine et de ses affluents à travers le plan de prévention du risque d’inondation. Sur le volet de la biodiversité, la ville de Paris souhaite multiplier les projets de re-végétalisation de la capitale pour contribuer à la lutte contre la baisse de biodiversité.

Le réseau d’eau non potable va subir une maintenance dans les années à venir. Cette rénovation des 1 700 kilomètres de réseau permettra de limiter la pression sur l’eau potable afin qu’elle soit utilisée en premier lieu pour la consommation. La mairie compte également revoir son plan local d’urbanisme bioclimatique pour répondre aux différentes problématiques. Des moyens financiers supplémentaires devraient également être octroyés à la lutte contre les effets du dérèglement climatique.

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