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Palmarès des TPE françaises

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Palmarès des TPE françaises
© DR - En 2017, l'activité des commerces de vélos a bondit spectaculairement de 4,5 %, après + 2,5 % en 2016.

L'indice d'activité des très petites entreprises (TPE) est en timide frémissement avec une belle hausse pour les agences immobilières mais une chute pour les tabacs, les librairies, la presse et l'électroménager. L'Observatoire de la petite entreprise, mené par la Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) en partenariat avec Banque Populaire, fait un tour d'horizon des "tops" et des "flops" des TPE françaises, du bilan d'activité 2017 et des premières tendances 2018.

Cet observatoire est un « fondamental de l'information microéconomique » car il « trace les indicateurs profonds basés sur la comptabilité réelle des entreprises », explique Mikael Le Nezet, directeur du marché des professionnels Banques Populaires.

En effet, cette enquête exclusive menée par la FCGA en partenariat avec Banque Populaire présente les résultats basés sur des déclarations de TVA (on ne parle donc qu'en chiffre
d'affaires) d'un panel varié de 15 000 TPE et 26 professions des secteurs du commerce, de l'artisanat et des services.

© Observatoire de la petite entreprise FCGA/Banque Populaire

Les TPE ne profitent pas encore de la conjoncture

« Malgré une conjoncture macroéconomique plutôt favorable, avec un PIB en hausse de 1,9 %, l'activité des TPE reste atone en 2017 », déplore Yves Marmont, président de la FCGA et président de la commission des études économiques.

Dans une économie globale positive dans l'absolu, avec des contrastes entre les professions, l'expert note « un petit recul sur les TPE » qui ne sont donc « pas les premières à profiter de l'augmentation de la croissance ».

Dans le commerce traditionnel, l'artisanat et les services de proximité, les performances économiques des TPE restent globalement négatives. En outre, généralement favorable au commerce de proximité, la fin de l'année s'est caractérisée par un ralentissement de la consommation des ménages (+ 0,3 % après + 0,5 %).

Toutefois, « on sent que les choses vont mieux », selon Bertrand Magnin, directeur du développement Banques Populaires (marché grand public) qui souligne que 5000 acteurs de son groupe accompagnent les TPE.

Yves Marmont (photo ci-contre) acquiesce : « On peut considérer qu'une dynamique économique s'est débloquée depuis les élections présidentielles, avec un moral au beau fixe, mais pas encore de hausse des chiffres pour les TPE. On peut toutefois espérer une reprise ».

D'ailleurs, l'amélioration de la conjoncture française devrait se poursuivre selon l'Insee. Elle s'était nettement redressée sur l'ensemble de l'année 2017, avec + 1,9 % (après
+ 1,1 % en 2016). Les premiers chiffres de cette année ne sont toutefois pas si encourageants (+0,3 % au premier trimestre). En 2018, la croissance devrait peu augmenter, tandis que celle des TPE est estimée à -0,4 %.

« Néanmoins, la TPE n'est pas directement tributaire des cycles macroéconomiques », précise Nasser Negrouche, rédacteur de l'Observatoire de la petite entreprise. Après avoir réalisé de nombreux Observatoires depuis l'an 2000, ce dernier est intimement persuadé que le cycle baissier de la croissance ne donne aucune visibilité sur la conjoncture réelle des TPE, ni certains secteurs stratégiques comme le bâtiment et l'industrie. En outre, le secteur du commerce de détail alimentaire « prouve encore son extraordinaire vaillance face aux chocs ».

Les agences immobilières et les commerces de cycles au top

En 2017, le podium des TPE est composé des agences immobilières indépendantes dont l'activité bondit de manière spectaculaire (+ 9,4 %, après + 3,4 % en 2016), des commerces de vélos (+ 4,5 %, après + 2,5 %), et des entreprises de terrassement et travaux publics (+ 3,8 %, après - 1,8 %).

Tout s'explique. Les agences immobilières bénéficient de la bonne conjoncture du secteur immobilier et de la baisse des taux d'emprunts tandis que les entreprises de terrassement profitent du rebond du secteur du BTP.

De leur côté, ça roule pour le commerce de cycles, notamment grâce au crédit d'impôt alloué depuis l'an dernier par l'Etat pour l'achat d'un vélo électrique (20% du coût d'acquisition ou 200 euros de « bonus écologique »). Ainsi, au quatrième trimestre 2017, l'activité des marchands de vélos et scooters a augmenté de 3,4%.

C'est la seule tendance franchement positive du secteur culture et loisirs dont le chiffre d'affaires moyen régresse de 3,7 %. Dynamisée par le boom du vélo à assistance électrique (230 000 unités vendues en 2017), « la profession se positionne désormais comme le partenaire privilégié des personnes en quête de moyens de déplacement alternatifs », souligne Yves Marmont. Le marché du vélo (pièces et accessoires compris) représente aujourd'hui un chiffre d'affaires global d'environ 2 milliards d'euros.

Dans les secteurs en forme, on peut aussi citer, dans une moindre mesure, les carrossiers (+ 2,7 %), les entreprises de parcs et jardins (+ 2,2 %), les hôtels-restaurants (+ 1,6 %), les magasins de bricolage (+ 1,3 %) et les transporteurs de marchandises (+ 1,1 %).

En revanche, pas d'embellie pour les entreprises de l'artisanat du bâtiment, de l'équipement de la personne, et les métiers de la santé qui ont un chiffre d'affaires stable.

Les vecteurs de croissance pour les TPE

L'investissement, l'innovation, la digitalisation, la mise en avant de l'activité sur les réseaux sociaux et la fidélisation des clients sont autant de vecteurs de croissance qui sont facilement à la portée des dirigeants de petites entreprises.

Pour Yves Marmont, président de la FCGA, le souci est que les dirigeants de TPE n'ont pas encore pris la mesure de l'importance de la révolution digitale. Cette méconnaissance pose problème. « Quand on ne sait pas faire, on n'ose pas », souligne-t-il.

« Le vrai sujet aujourd'hui est celui de l'accompagnement », en déduit Mikael Le Nezet, directeur du marché des professionnels Banques Populaires.

Selon lui, les dirigeants de TPE, souvent isolés, ont du mal à s'adapter aux changements des pratiques de consommation et à la digitalisation. Ils font désormais face à « beaucoup de concurrence avec le développement de nouveaux modes de consommation ».

Pour contrer ce phénomène, s'adapter et monter en gamme, ils doivent innover ou se faire accompagner. Mikael Le Nezet reste positif et croit beaucoup à la diversification de l'offre et à la forte action d'investissement des entreprises.

Les banques développent ainsi des offres de conseil aux TPE pour les aider à prendre le virage numérique et développer leur chiffre d'affaires. Avec des outils d'analyse des ventes, du portefeuille clients et de pilotage des stocks, à l'instar de la solution Fid Pro développée par la Banque Populaire (outil conforme au RGPD entre 49 et 79 euros par mois) qui permet aux petits commerçants d'avoir une analyse très précise de leur activité.

Selon les experts, la croissance arrivera donc quand les commerçants utiliseront ces outils.

Il faut simplement le temps que la transition se fasse dans les TPE « qui ont le nez dans le guidon » et « pas forcément les fonds nécessaires », rappelle Yves Marmont.

Les librairies, commerces d'électroménager et tabacs en chute libre

Les « flops » de l'année 2017 concernent les secteurs culture et loisirs, l'équipement de la maison, la beauté esthétique, le commerce de détail alimentaire, et la vente et réparation auto. Ces cinq secteurs enregistrent un chiffre d'affaires en fort recul, le premier particulièrement.

Yves Marmont souligne que « 56 % des entreprises du bâtiment, des commerces et des services ont connu une baisse d'activité, ce qui montre que tout n'est pas rose au niveau du commerce de proximité ».

Côté profession, ce sont d'abord les commerces d'électroménager-TV-Hifi (-7,2 %), la librairie papeterie presse (-6,2 %) et les tabacs (-5,9 %) qui souffrent. Tout s'explique aussi car ces derniers subissent la hausse d'un euro du prix du paquet de cigarettes décidée par le Gouvernement et la concurrence étrangères. Les experts rappellent qu'il existe un risque de fermeture de 5 000 tabacs au niveau national dans les deux ans.

Pour le commerce d'électroménager, la montée en puissance de circuits parallèles d'occasion et l'e-commerce représentent une concurrence féroce, tandis que les libraires luttent depuis plusieurs années contre les géants du web comme Amazon et les grandes surfaces de type Cultura et la Fnac.

Par ailleurs, les ventes s'effondrent aussi dans les commerces traditionnels de chaussures (-10,4 % au 4e trimestre 2017). Il s'agit de la plus forte baisse d'activité du secteur équipement de la personne sur la même période (- 7,1 % en moyenne). Toujours bousculés par les sites spécialisés de vente en ligne, les détaillants indépendants subissent également la concurrence des grandes enseignes du secteur. Selon une étude de la Fédération française de la chaussure, ils ne contrôleraient plus que 14 % d'un marché estimé à environ 9 milliards d'euros.

Cette étude conjoncturelle montre bien la nécessité pour les petits commerçants de se lancer dans le digital et la fidélisation des clients.

© Observatoire de la petite entreprise FCGA/Banque Populaire




Anne MOREAUX
Journaliste

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