AccueilEntrepriseVie des entreprisesPada1, la start-up qui ouvre les étudiants au freelance

Pada1, la start-up qui ouvre les étudiants au freelance

Le freelancing serait-il le nouveau job étudiant ? Peut-être. C’est ce qu’Hanane Oussemgane et Emile Geeraert entendent prouver avec leur nouvelle plateforme, Pada1, qui propose des missions en freelance aux étudiants, tous domaines confondus.
Pada1, la start-up qui ouvre les étudiants au freelance
© DR

EntrepriseVie des entreprises Publié le , Margot HERREDA

Ils ont été serveur, babysitter, vendeur, livreur et même couvreur ou dogsitter. Hanane Oussemgane et Emile Geeraert ont fait de longues études, minimum bac +5 chacun, et ont eu tout le loisir d’expérimenter ces jobs alimentaires qui permettent au pire, de payer le loyer, au mieux, d’arrondir leurs fins de mois étudiants. Cela n’a jamais été un secret : “statut étudiant” a depuis longtemps sous-entendu “précarité”, et ce n’est pas depuis la crise sanitaire que les étudiants vous diront le contraire.

Du freelance contre la précarité

“Il y a un vrai sujet de précarité chez les jeunes à prendre en main”. Hanane Oussemgane est encore étudiante à HEC, master entrepreneuriat, lorsqu’elle rencontre Emile Geeraert par l’intermédiaire d’un cousin. Lui aussi est en master entrepreneuriat, à l’ESCP, grande école de commerce parisienne qu’il a intégrée après un BBA (niveau bac +4) à l’EDHEC. Chacun a eu l’opportunité, après un stage ou en répondant à des offres de missions de Junior-Entreprises - ces entreprises composées essentiellement d’étudiants et rattachées à des universités - de faire l’expérience du freelance. “Au bout de quelques années d’études, on avait acquis des connaissances et des compétences qu’on pouvait utiliser au profit d’entreprises”, explique Emile. Pour lui, ce sont plutôt des missions de développement no code ou d’organisation de levées de fonds. Pour Hanane, ce sera plutôt la stratégie commerciale et opérationnelle.

Après des années de difficultés à cumuler divers jobs et à accumuler de l’expérience professionnelle difficiliment valorisable dans leurs études, le constat est sans appel pour les deux étudiants : le freelancing est un mode travail sous-estimé. Lui qui offre flexibilité, rémunération correcte et développement de compétences permet aussi de se construire un réseau professionnel, pratique lorsqu’on est sur la fin de ses études. “On s’est rendu compte que le fait de se mettre en freelance avait changé notre job : meilleure rémunération, construction d’un réseau... Et on appliquait aussi ce qu’on apprenait en amphi”, raconte Hanane.

S’ils partagent cet enthousiasme pour le freelance, voie royale du job étudiant, ils sont aussi conscients de ses limites. A chaque fois, il faut un cadre bien spécifique pour y accéder. “J’ai eu cette chance de pouvoir faire du freelance à la suite de mes stages mais tout le monde ne l’a pas”, conçoit Emile. Avec Hanane, ils murissent chacun de leur côté une réflexion : le freelancing a trop d’avantages pour ne pas le démocratiser au plus grand nombre d’étudiants. Alors, en décembre 2021, ils commencent officiellement à travailler sur un projet commun, une plateforme qui mettra en relation étudiants et entreprises en recherche de profils qualifiés pour des missions bien précises. C’est Pada1, homophone du Padawan apprenti Jedi dans Star Wars.

Apprentis Pada1

En pleine réflexion, Hanane, Emile et Enzo Bouhalassa, ancien membre de l’équipe qui a récemment quitté l’aventure Pada1 pour raisons personnelles, partent interviewer des dizaines de chefs d’entreprise et de responsables. “Nous savions que le freelancing était très intéressant pour l’étudiant, mais on avait besoin de savoir si les entreprises étaient prêtes à engager et payer des étudiants pour ça”, confient les fondateurs de la plateforme. Les retours sont plutôt positifs, le site est lancé début 2022 avec l’aide d’un post LinkedIn. Le post cartonne, plus de 300 000 vues sur le LinkedIn d’Hanane, quelques dizaines de milliers sur celui d’Emile. Les messages de la part d’entreprises affluent, elles veulent savoir quels services Pada1 propose, les étudiants réagissent en masse. Le témoin d’un réel engouement, “d’un côté, nous avons la précarité des étudiants. Et de l’autre, il y a la question des compétences clés de plus en plus recherchées par les entreprises auxquelles les étudiants sont formés à l’école”, expliquent Hanane Oussemgane et Emile Geeraert. En quelques mois seulement, Pada1 compte déjà plus de 1 500 étudiants inscrits et une vingtaine d’entreprises sont devenues clientes. Notamment des organisations en hyper croissance, comme les start-up et les scale-up.

Des missions à la motivation

Côté recrutement, les fondateurs insistent : ils ne veulent proposer aux entreprises que des étudiants “premium”. Intervient alors le processus de recrutement, deux rencontres avec les fondateurs pour mesurer la motivation de l’étudiant et un bilan de compétences pour s’assurer que le profil correspond aux prérequis de l’entreprise. Tout le monde a sa chance : le CV n’est jamais demandé, hors de question de privilégier les profils issus de grandes écoles, Hanane et Emile insistent. Sans compter sur le partenariat de Pada1 avec Article 1, une association qui se bat pour l’égalité des chances afin de permettre “à tous de travailler en freelance”. Forte de son premier semestre d’existence, Pada1 n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Hanane et Emile ambitionnent de faire incuber le projet à la rentrée prochaine et prévoient de développer une application dédiée. A long terme, Pada1 entend devenir la plateforme de référence concernant la mise en relation entre étudiants et entreprises sur des missions qualifiées, ce qui est plutôt bien parti. D’autant plus qu’il n’est pas rare que lorsqu’un client engage un étudiant en freelance sur une mission donnée, il prolonge le contrat le mois suivant ou qu’il embauche plus d’étudiants sur diverses missions.

Quelles sont les conditions de travail en freelance ?

Rémunération intéressante : environ 20 € de l’heure, sachant que 11 % de la somme touchée est dédiée aux charges (durant les 11 premiers mois), 22 % à partir du douzième mois

Flexibilité : les étudiants peuvent travailler depuis chez eux et résilier le contrat une fois la mission terminée.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 05 août 2022

Journal du05 août 2022

Journal du 29 juillet 2022

Journal du29 juillet 2022

Journal du 22 juillet 2022

Journal du22 juillet 2022

Journal du 15 juillet 2022

Journal du15 juillet 2022

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?