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Omerta dans la fonction publique

Les fonctionnaires français qui ont l'outrecuidance de critiquer le fonctionnement de leurs services sont systématiquement sanctionnés, parfois lourdement.

Actualité Publié le ,

Deux d’entre eux, en poste dans des collectivités locales, se sont vu infliger plusieurs mois de congé sans solde pour avoir publié des ouvrages critiques (Absolument dé-bor-dée d’Aurélie Boulet en 2010 et Abruti de fonctionnaire de Jérôme Morin en 2011). Plus récemment, sept policiers de la brigade canine de Seine-et-Marne ont dénoncé de graves dysfonctionnements. Après avoir au préalable alerté leur hiérarchie, sans susciter la moindre réaction, ils sont rendus en délégation auprès de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) pour dénoncer le comportement de trois de leurs collègues (alcoolisme, dégradations, vols, …). Après enquête, l’IGPN a effectivement sanctionné les trois policiers fautifs (avertissement ou blâme). Mais elle a estimé que les sept policiers qui les ont dénoncé ont fait preuve « d’un état d’esprit irrespectueux de la chaîne hiérarchique ». Tous ont été mutés, ainsi qu’une policière qui avait confirmé leurs accusations. Alerté, le procureur de la République de Melun a déclaré attendre « d’éventuelles décisions sur le plan disciplinaire et le retour des enquêtes administratives pour décider des suites ».

Cette réaction de l’IGPN manque singulièrement de l’objectivité que l’on est en droit d’attendre de cette « police des polices ». Un projet de réforme des services d’inspection de la police a été lancé voici quelques mois par Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. Il comprend notamment la mise en place d’une plate-forme nationale de signalement à l’usage des citoyens.

Il est déplorable que des fonctionnaires, qui dénoncent des comportements contraires à leur déontologie, fassent l’objet de sanctions administratives. Cet esprit de corps ne va pas dans le sens de l’amélioration du service public et ouvre la porte à toutes les dérives.

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