Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Olivier Salustro : « Les commissaires aux comptes doivent élargir leur palette de compétences »

le -

Olivier Salustro : « Les commissaires aux comptes doivent élargir leur palette de compétences »
@ AP

Olivier Salustro est le président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris – Île-de-France. Les Universités d'été, organisées dans quelques jours, constituent pour lui « le point d'orgue de la profession » en région. Dans la période difficile que traverse le monde, c'est d'ailleurs, selon lui, le tout premier congrès de la rentrée pour la France entière. A la fois en présentiel et en virtuel, cet événement est l'occasion de faire le point, notamment sur l'ouverture des missions d'accompagnement offerte aux commissaires aux comptes.

Affiches Parisiennes : Vous êtes le président de la compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris – Ile-de-France. Comment avez-vous traversé les temps difficiles de la crise du Covid-19 ?

Olivier Salustro : Jusqu'à présent, les commissaires aux comptes se portent au mieux dans cette période si difficile. Ils ont traversé la première partie de cette crise avec abnégation et résolution, au chevet de leurs clients entreprises pour les aider à gérer au mieux leurs activités et notamment mes sujets de crise. Et souvent, tout comme les experts-comptables d'ailleurs, très mobilisés sur tous les fronts auprès de leurs clients.

A. P. : Un événement important va se tenir début septembre, l'université d'été des experts-comptables et des commissaires aux comptes. Comment avez-vous préparé l'événement cette année ?

O. S. : Justement, après cette période de crise, c'est l'événement point d'orgue de la profession en Ile-de-France. Généralement, ces universités d'été rassemblent beaucoup de participants et cette année, compte tenu de la crise du Covid-19, nous avons redouté de ne pouvoir les « tenir en physique ». Et Dieu merci cela va se faire. En faisant venir un nombre plus limité de personnes certes, mais en y faisant venir du monde malgré tout. C'est le tout premier « congrès » de la rentrée pour la France entière. Je pense que des événements comme ceux-là ne se sont pas encore produits depuis la sortie du confinement.

Donc, ce sera une grande première. Malgré tout, il y aura quand même une partie virtuelle pour ceux qui ne voudraient pas ou ne pourraient pas se déplacer. Une partie des événements et des conférences sera retransmise en direct via internet.

A. P. : C'est aussi un événement important pour les commissaires aux comptes parce que vous tenez votre assemblée générale annuelle, quels sont les grands moments attendus lors de cette assemblée ?

O. S. : Ce sera la dernière assemblée générale de la mandature. Je présenterai donc les moments forts de cette période de trois ans, assez riche en « événements de toutes sortes », et le bilan de l'année. Tout ce que nous avons pu faire pour défendre la profession, maintenir nos parts de marché, les développer et reconquérir nos clients. D'ailleurs, au-delà du bilan moral et chiffré on présentera également tout le processus d'innovation, lancé depuis le début d'année qui doit aider nos confrères à trouver des solutions pour reconquérir des clients et développer leur activité.

A.P. : Vous avez aussi un moment très fort. C'est la conférence des présidents. Quels sont les thèmes que vous souhaitez aborder lors de cette conférence ?

O. S. : Les thèmes abordés sont évidemment des conséquences de la crise du Covid, la marche des affaires, mais ce ne sera pas l'essentiel. Nous allons aborder un thème qui tient à la nouveauté apportée par l'ouverture offerte aux commissaires aux comptes en direction des missions d'accompagnement et donc, entre guillemets, de la séparation entre l'audit, le conseil et la manière de bien aborder cette nouveauté. Nous allons répondre à plusieurs questions.

Comment articuler les choses et ne pas ne pas se trouver dans une guerre fratricide entre experts comptables et commissaires aux comptes ? Comment rester complémentaires ? Comment développer les missions ? Aujourd'hui, il y a beaucoup d'experts comptables stressés par ce sujet. Des commissaires aux comptes, également.

A.P. : Est-ce que vous pensez que la profession va continuer à exister de cette manière ? Ou plutôt, qu'il y aura une plus forte séparation entre les deux métiers ?

O.S. : Les deux professions poursuivent des objectifs totalement différents et il faut absolument que leur développement soit porté par des voies qui leur soient propres. Je crois que la schizophrénie qui nous animait ces dernières années ne nous a pas permis, finalement, de nous développer harmonieusement dans nos deux métiers. Je pense que les deux professions, même si elles partagent beaucoup de choses comme le diplôme, la formation, restent fondamentalement différentes. Même si la plupart des commissaires aux comptes exercent aussi le métier d'expert-comptable, je pense qu'ils doivent poursuivre des objectifs spécifiques sous chacune des « casquettes » et de manière assez forte pour précisément éviter le mélange des genres.

Il y a aussi quelque chose de nouveau qui arrive en chez les experts comptables. C'est la facture électronique. Il y a d'ailleurs une grande conférence sur ce sujet aux Universités d'été pour voir si c'est une menace pour la profession. C'est quelque chose qui peut évoluer en bien vers le conseil. Au-delà de la facture électronique, il y a bien sûr le sujet de l'automatisation de certaines tâches qui doivent permettre de monter en gamme, de laisser tous les fichiers aux machines, pour se consacrer à des taches de valeur ajoutée plus importante.

Et donc aborder des questions plus enrichissantes, tant pour le client que pour ceux qui opèrent ces tâches répétitives pour lesquelles, finalement, on n'a pas besoin de gens très compétents ou très formés : il vaut donc mieux les déléguer à la machine.

A.P. : Les Universités d'été sont un grand moment de rencontres. C'est le moment où vous faites le point sur l'avenir, comment voyez-vous l'avenir de la profession ?

O.S. : Effectivement, on se penche sur l'avenir de nos professions. Nous vivons dans un monde d'informations surabondantes. Je crois qu'il est important pour nous tous citoyens, pour la sécurité de l'économie, que ces informations fassent l'objet de certifications, d'attestation portant sur leur validité, leur pertinence, pour éviter aux utilisateurs et lecteurs de commettre des erreurs.

Précisément, donner un grand avenir à celui qui saura finalement faire le tri entre la bonne et la mauvaise information, l'information pertinente et celle qui ne l'est pas. Je crois que les auditeurs légaux ont un rôle fondamental à jouer, à condition qu'ils acceptent d'élargir leur palette de compétences. Qu'ils acceptent non plus seulement de certifier des informations financières, mais également d'attester de l'information extra-financière qui, à mon avis, est très prometteuse en termes de développement. A deux conditions : primo rester totalement indépendants, garantie absolue pour le lecteur de la validité du label CAC et secundo faire la promotion de ce label pour le renforcer. Nous y travaillons à travers le développement de la plateforme The Smart List qui devrait voir le jour prochainement. C'est le message peut-être à faire passer.

Aussi, celui qui tient à la réorganisation de la profession.

Je crois qu'une partie de la solution viendra des innovations, thème que nous travaillons sans relâche à la Compagnie de Paris. L'autre partie viendra des actions des compagnies régionales. Nous vivons dans un monde où les territoires, les entités régionales sont extrêmement porteuses d'innovation. Je crois qu'il ne faut pas tout attendre d'une compagnie nationale, mais beaucoup demander et compter sur les compagnies régionales. C'est d'ailleurs comme ça que je conçois le rôle et la fonction de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris, comme étant une entité autonome, porteuse de solutions d'innovation et à la pointe du combat pour cette innovation. De fait, une compagnie régionale devra dans un très proche avenir délivrer des services à forte valeur ajoutée, sans se limiter au régalien qui lui échappe petit à petit.




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer