AccueilEntrepriseOlivier Desurmont crée Sinéo : un modèle d'économie sociale et solidaire

Olivier Desurmont crée Sinéo : un modèle d'économie sociale et solidaire

Diplômé d'une école de commerce, sportif de haut niveau dans l'équipe de France de water-polo, Olivier intègre le groupe Suez en tant que chef de projet informatique. Après quelques années à Paris, il désire donner plus de sens à sa carrière, à sa vie et décide de réaliser l'un de ses rêves, créer son entreprise en y intégrant ses valeurs.
Olivier Desurmont crée Sinéo : un modèle d'économie sociale et solidaire
© Sinéo

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Il cherche une idée


Reste à trouver « La bonne idée » ! Il la trouve durant l’été 2003. C’est la canicule, certains arrêtés préfectoraux interdisent le lavage de voiture mais ne proposent aucune solution, l’idée était née : le lavage de voitures sans eau !

Après plusieurs recherches, Olivier se rend compte que l’idée existe déjà et que quelques sociétés parisiennes proposent ce service dans les parkings souterrains. Cependant la qualité du lavage est médiocre et les produits de nettoyage très toxiques. Convaincu du concept, il décide de trouver une solution permettant un lavage sans eau, de qualité et surtout respectueux de l’environnement.

Des débuts difficiles


En août 2004, l’aventure commence. Olivier démissionne et « troque son costume cravate pour un bleu de travail ». Il rentre chez ses parents, vend sa voiture et crée SINEO (sans eau en latin) avec 7 000 euros en poche.
« A l’époque, mes parents se faisaient du souci car je rentrais tous les soirs fatigué, les mains noires, en bleu de travail avec peu de rentrées d’argent. »

Olivier décide d’apprendre son métier de laveur de voiture et de commencer ses recherches. Il commande des produits à travers le monde entier, espérant trouver le produit « miracle ». Mais rien ne lui convient. Il décide alors de créer ses propres produits. Il effectue un tour d’Europe des meilleurs laboratoires de chimie « verte » ou de chimie « végétale » et finit par en trouver un situé dans les Vosges qui peut répondre à ses attentes.


Malheureusement, pour entamer des recherches sur un nouveau produit, le laboratoire lui demande 100 000 euros, montant impensable à l’époque pour Olivier. Il s’arme donc de patience et de persévérance en remplaçant l’argent par l’énergie. A la huitième visite, victoire ! Sa conviction séduit. Le directeur accepte de lancer les recherches - les honoraires seront mis en attente pour le moment.

Milieu d’année 2005, il reçoit ses premiers produits. Il connaît son métier, son marché et peut proposer un lavage de haute qualité, sans eau et surtout avec des produits 100 % biodégradables. Le concept est bon, la qualité irréprochable et le 100 % biodégradable est un plus indéniable. Le succès ne se fait pas attendre. SINEO séduit les particuliers mais surtout les professionnels de l’automobile (70 % de son CA).
Son chiffre d’affaire passe en quatre ans de 80 000 à 4 millions d’euros.

Ce succès repose sur trois valeurs essentielles : l’innovation, le respect de l’environnement et les valeurs sociales. Depuis toujours, Olivier est proche des milieux associatifs. A travers son entreprise, il cherche à offrir un métier tremplin à des personnes en difficulté. En effet, 85 % des salariés sont des personnes en besoin de réinsertion, des chômeurs de longue durée, des RMIstes, des handicapés, etc.

Mais Olivier ne s’arrête pas là, il a mis en place une cellule spécialisée en interne pour aider ses employés à trouver un logement, à régler des problèmes de surendettement ou à trouver un financement (pour passer un permis de conduire, par exemple). L’entreprise devient agréée « Entreprise d’insertion » par l’état.


« On ne peut pas seulement leur donner un salaire, il faut comprendre les causes du problème et redonner un cadre complet à l’individu. Si mon employé continue à dormir dans la rue, il est certain qu’il ne tiendra pas 3 semaines. »


Et SINEO va encore plus loin. Leurs équipes aident chaque employé à définir son projet professionnel, retravaillent leurs CV et lettre de motivation. Le but est de décrocher un CDI dans un délai de deux ans avec un métier que les employés auront choisi et dans lequel ils pourront s’épanouir. Comme le souligne Olivier, « laver des voitures, ce n’est pas une finalité »
.

Dans cette optique, Olivier a aussi négocié avec de grands groupes français comme Auchan, Norauto ou encore la SNCF afin que ses employés, à l’issue des deux années passées chez SINEO, puissent obtenir un CDI.


Aujourd’hui, 68 % des employés quittent l’entreprise dans un délai de deux ans avec un CDI, et dans un cœur de métier qu’ils ont choisi (« sortie positive ») : du gendarme à l’assistante maternelle, en passant par garde animalier.

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