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Olivier Cousi : Campus est notre rendez-vous fête et formation du barreau

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Olivier Cousi : Campus est notre rendez-vous fête et formation du barreau

Olivier Cousi est l'un des “inventeurs” de Campus. Il retrace les premières heures de cette manifestation d'envergure qui constitue l'un des plus grands rassemblements d'avocats en France et qui fête cette année ses dix ans.

Affiches Parisiennes : Vous êtes l'initiateur de Campus avec Yves Repiquet, comment l'idée a-t-elle vu le jour ?

Olivier Cousi : Tout le mérite en revient à Yves Repiquet, bâtonnier en 2007, qui avait été très impressionné par une réunion des membres de l'ABA –American Bar Association– à laquelle il participait au milieu de dix ou quinze mille avocats et juristes réunis à San Francisco ou à Chicago... A son retour en France, pendant la réunion du Conseil de l'Ordre qui suivait, il nous a vanté cet événement professionnel émaillé d'ateliers et d'événements festifs , en se demandant pourquoi nous n'organiserions pas une telle manifestation à Paris. Yves Repiquet nous a donc demandé de réfléchir à l'adaptation française de cette réunion professionnelle. J'ai été désigné en tant que membre du Conseil pour animer le comité de pilotage composé, notamment, de Xavier Delcros et Gérard Nicolaÿ –pour la formation–, Bruno Marguet et moi-même–pour l'organisation–, avec l'appui d'autres membres du Conseil.

Cette initiative entrait d'ailleurs parfaitement dans le cadre de la réforme de 2005, mettant en place l'obligation des vingt heures annuelles de formation continue pour les avocats. Xavier Delcros, alors membre du Conseil de l'Ordre, avait mis sur pied une offre cohérente, mais nous avions alors une quinzaine de milliers d'avocats au barreau de Paris et la mise en œuvre de ce programme de formation restait problématique. Sur la base de l'offre et des besoins de formation continue, avec l'objectif fixé par Yves Repiquet de rassembler tous les confrères parisiens –ce qui ne s'était jamais fait au-delà des traditionnels bals du bâtonnier–, je me suis retrouvé maître d'œuvre du projet.

En termes de concept, nous souhaitions mettre en place, sur deux ou trois jours, un cycle, ouvert par définition à l'ensemble du barreau, qui permette à chacun d'accomplir facilement ses vingt heures de formation. En participant à Campus, les avocats pouvaient ainsi en une fois se mettre à jour de leur obligation légale. Au delà de la validation de cette formation continue, nous avions l'ambition de mettre en œuvre la volonté du bâtonnier Repiquet de voir tous les confrères se réunir sur un même lieu, en profitant d'une atmosphère plutôt festive et agréable. Nous avons décidé de fixer le rendez-vous début juillet et nous avons assez vite pensé au Jardin d'acclimatation.

L'une des contributions que j'ai pu apporter par mes expériences passées à la Conférence ou à la Ligue d'Improvisation du Barreau de Paris est : “l'esprit Campus”, c'est-à-dire ne pas être ensemble de 8h du matin à 17h en ne parlant que formation, mais aussi savoir créer une ambiance conviviale, à travers un déjeuner sympathique, des spectacles et des animations en soirée, notamment à travers la participation des associations du barreau...

A.-P : Pour vous, le Jardin d'acclimatation était une évidence ?

O.C.  : Non, mais en réalité, de tels lieux sont assez rares à Paris. Nous avions également pensé au Parc floral de Vincennes, mais la majorité des cabinets sont implantés dans l'Ouest de la capitale... Le choix s'est donc assez vite porté sur le Jardin d'acclimatation, d'autant qu'il était, à l'époque, voisin du Musée des arts et traditions populaires, ce qui ajoutait un attrait culturel. Les avocats y avaient accès librement, dans le cadre de Campus. La conservatrice de ce musée nous a par ailleurs permis de profiter des auditoriums et autres salles de conférence. A l'extérieur dans le Jardin d'acclimatation, nous avions prévu d'installer des tables pour les pique-niques. Nous avons fixé la date de Campus entre le début des vacances scolaires et le 14 juillet.

Cette première édition a constitué un gros investissement, à la fois financier et de travail. Nous nous sommes fait aider par les spécialistes de Public Système –société d'organisation d'événements devenue Hopscotch–, notamment en matière d'inscription de logistique et de catering (j'ai découvert ce mot à cette occasion).

Nous ne connaissions pas vraiment le coût d'une telle manifestation... Par ailleurs, nous n'avions aucune idée du nombre d'avocats qui allaient être séduits par notre offre. En termes d'accueil et de logistique, nous avions beaucoup d'inconnues.

Finalement, Campus a été un vrai succès, puisque nous avons reçu près de 4 000 participants. En France, un tel rassemblement d'avocats ne s'était jamais vu. Le CNB a créé plus tard sa convention nationale.

A.-P : Comment s'est déroulée cette première édition de Campus ?

O.C.  : Cette première a été épique, notamment parce que nous avons eu la pluie comme invitée d'honneur durant une journée entière. Nous avons dû improviser en trouvant, en urgence, des tentes et des chapiteaux. Dans cette panique, le budget a un peu explosé...

Nous avions fait les choses de façon très sympathique avec, par exemple, une garderie pour les enfants qui profitaient ainsi des activités du jardin d'acclimatation. Nous avons organisé parallèlement et au même endroit la journée des associations, la traditionnelle Revue des revues de l'UJA et un Conseil de l'Ordre « forain ».

« Nous avons eu beaucoup de retours positifs sur cette manière de se retrouver ensemble. »

A.-P. : Le résultat a donc été à la hauteur de vos espérances ?

O.C.  : Ma fierté est d'avoir vu Campus intéresser des confrères qui ne sont pas les “officiels”, ceux que l'on croise traditionnellement à toutes les occasions. Des avocats individuels, n'ayant pas un accès facile à la formation et n'ayant que peu d'occasion d'échanger entre confrères, se sont massivement inscrits. Nous avons eu beaucoup de retours positifs sur cette manière de se retrouver ensemble, ce qui ne nous était pas arrivé depuis la faculté. L'esprit Campus était né.

A.-P : : Et l'histoire a continué...

O.C.  : Oui, dans le même esprit. Pour la deuxième édition, nous sommes allés à la Sorbonne. Nous retrouvions ainsi le quartier de nos études. Nous dessinions un environnement qui nous rappelait celui des bancs de la faculté, sous les auspices d'une régression plutôt festive...

Le budget était moins important qu'au Jardin d'acclimatation, mais l'organisation a été compliquée par les problèmes inhérents aux locaux historiques. En fait, les salons appartiennent au Rectorat tandis que les amphithéâtres ou certaines galeries sont sous le contrôle de Paris I ou Paris IV.

Au-delà de toutes ces contraintes, cette édition a été aussi sympathique que la première.

Après plusieurs années à la Sorbonne, sous le mandat de Christian Charrière-Bournazel, nous avons transféré Campus dans le cadre de l'Unesco, sous le bâtonnat de Jean Castelain, puis de Christiane Féral-Schuhl. Les lieux s'y prêtaient parfaitement, mais l'accès et la sécurité posaient de réels problèmes.

Au fil des années, j'ai eu moins de temps à consacrer à cet évènement, et Bruno Marguet a pris le relais remarquablement en développant le sponsoring qui permet de financer l'événement pour équilibrer les comptes. Les dernières années, Campus s'est déroulé dans les locaux de l'Ecole de formation. Comme vous me permettez de faire une mise en perspective, je pense qu'au fil du temps, nous avons trop axé Campus sur la formation, perdant un peu l'esprit « Campus » initial, celui de la fête du barreau.. Il nous faudra retrouver un second souffle pour les dix prochaines éditions.

A.-P. : A vos yeux, la formation continue reste très importante pour les avocats ?

O.C.  : Elle est encore plus fondamentale aujourd'hui. Nous avions élaboré à l'époque –et cela s'est perpétué– une grille de formations très ambitieuse. L'idée était que chaque avocat puisse trouver à Campus, dans le cadre de son activité, la mise à jour dont il a besoin sur l'actualité juridique de l'année. Certains thèmes continuent à très bien fonctionner depuis dix ans, notamment la formation sur les baux ou le droit du divorce. Cette année, elle devrait d'ailleurs être particulièrement suivie avec le nouveau texte qui défraye la chronique. Nous avons des intervenants de grande qualité, par exemple Elodie Mulon, spécialisée dans ce domaine. Cependant, il nous faudra orienter Campus vers les mutations liées à l'économie numérique du droit.

Au-delà de son autorité régalienne, de l'inscription au tableau ou de la discipline, en passant par le respect du périmètre du droit, l'Ordre a pour rôle essentiel d'organiser la formation des confrères. La formation est à la fois un problème de compétence et de crédibilité vis-à-vis des clients. Nous savons tous que pour les avocats, le temps est compté, il faut donc que l'offre de formation soit attrayante et adaptée à tous leurs besoins.

A.-P : : Comment voyez-vous l'avenir de cette manifestation ?

O.C.  : Nous organisons cette année la dixième édition. La pérennité de Campus prouve donc que c'est un bon produit. Les bâtonniers successifs se sont parfaitement appropriés cette manifestation, chacun avec sa sensibilité, sans renier ce qu'elle est fondamentalement : des journées de formations ouvertes à tous et conviviales. C'est actuellement l'événement annuel le plus important du barreau de Paris.

A.-P. : Concernant le prix de ces formations, quelle est votre position ?

O.C.  : Il est vrai que le prix peut paraître a priori dissuasif, particulièrement pour nos jeunes confrères. Certains se demandent s'il est normal que l'Ordre organise Campus sur la formation obligatoire des avocats et fasse payer les participants. En fait, l'offre de formation en tant que telle est gratuite –les intervenants sont tous bénévoles. Les avocats payent simplement la logistique, les plateaux repas et les soirées festives... Il me paraît naturel qu'une telle opération s'autofinance et que les participants contribuent au financement de cet événement. Les sponsors en financent également une partie. Il faut aussi noter que le prix des formations dans le cadre de Campus, qui peut d'ailleurs être déduit ou bénéficier du FIFPL, est néanmoins plus faible que ceux des offres de formations classiques, proposées par les organismes spécialisés.




Emilie BOUSQUET
Journaliste

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