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Olivier Boucherie : « Le modèle français du commissariat aux comptes est une chance »

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Olivier Boucherie :  « Le modèle français du commissariat aux comptes est une chance »
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Olivier Boucherie est le président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Versailles. Il profite de ces Universités d'été pour faire un point d'étape sur l'évolution de la profession, au cœur d'une riche actualité juridique et normative.

Affiches Parisiennes : Vous êtes co-organisateur des Universités d'été des experts-comptables et commissaires aux comptes d'Île-de-France Pouvez-vous nous présenter la compagnie des commissaires aux comptes de Versailles ?

Olivier Boucherie : La Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Versailles représente et défend les intérêts de la profession dans les quatre départements qui composent son ressort : l'Eure-et-Loir, les Hauts-de-Seine, le Val-d'Oise et les Yvelines. Première compagnie française par les honoraires encaissés par ses membres, deuxième par le nombre de mandats, cette CRCC fédère 1 747 confrères et 520 cabinets de toutes tailles. Elle témoigne ainsi de la diversité des modes d'exercice de la profession faisant écho à la diversité des entités auditées. J'en assure actuellement la présidence, au côté de Florent Burtin, son vice-président délégué. Cette CRCC de Versailles déploie des solutions innovantes au service de ses membres, en vue de garantir un commissariat aux comptes de qualité, source de valeur ajoutée pour les entités contrôlées et de confiance pour les acteurs économiques.

A.-P. : Vous avez pris vos fonctions de président en début d'année. Quels sont vos priorités et vos objectifs ?

O. B. : Dans la continuité de l'action de nos illustres prédécesseurs, la gouvernance de la CRCC de Versailles est un modèle qui gagnerait à être dupliqué, au-delà du seul département EIP de la CNCC. Afin de représenter tous les commissaires aux comptes et tous les modes d'exercice, elle prévoit une présidence bicéphale, composée d'un représentant de l'IFEC, ou de l'USEC, et d'un membre de l'UCCL.

A.-P. : Notre mandature voit la mise œuvre de la réforme européenne de l'audit, entrée en vigueur le 17 juin 2016 et dont les effets novateurs vont se poursuivre.

O. B. : Notre environnement est surtout porté par la digitalisation de l'économie, qui n'est pas sans impact sur nos clients et notre façon de travailler. Le FEC, les factures électroniques, la communication digitale et l'indispensable signature électronique vont impacter nos missions et nos rapports. L'accès à un nombre de données quasi illimité va faire évoluer nos méthodes de travail.

A.-P. : Cette véritable mutation impacte donc directement votre action ?

O. B. : Elle m'a conduit à proposer de travailler autour de ces deux axes, le nouveau contexte régalien, issu de la réforme européenne de l'audit, et le contexte technologique, issu de la numérisation de notre environnement, afin que chacun des confrères puisse apporter sa pierre à l'édifice. Notre maison commune, désormais rénovée et en ordre de marche, peut accueillir, plus souvent et plus nombreux, tant nos confrères que les représentant de notre environnement professionnel : enseignants, magistrats, avocats, hommes politiques...
Il nous appartient de mettre en œuvre notre programme de campagne qui, je le rappelle, est construit autour de quatre thèmes majeurs : “valoriser l'institution et le métier, défendre le mandat d'auditeur légal dans les entités de petites tailles, favoriser l'innovation et la croissance, et enfin préserver l'unité et la diversité de la profession.
Nous savons, par ailleurs, pouvoir compter sur une équipe de permanentes motivées, dynamiques et toujours performantes. Le service et l'accueil des confrères constituent leur constante préoccupation.

A.-P. : Pouvez-vous nous en dire plus sur le régalien ?

O. B. : Cet axe est pris en charge par la commission “délégations”. Elle a pour vocation de gérer les trois délégations confiées par le H3C à la CNCC et dont les CRCC sont les chevilles ouvrières. Sa mission est de veiller aux contrôles des activités professionnelles, d'accompagner les confrères dans l'accomplissement des procédures administratives modifiées, quant aux inscriptions, et au respect des obligations réglementaires des commissaires aux comptes – déclaration de mandat, déclaration d'activité, dérogations et déclaration de formation.

A.-P. : Et l'axe technologique ?

O. B. : Il concerne essentiellement quatre commissions. La première, chargée de la délégation formation, a vocation à utiliser au mieux notre maison commune renouvelée pour permettre aux confrères de s'approprier l'évolution réglementaire, et surtout technologique, dans le respect de notre environnement professionnel. De son côté, la commission “services aux confrères” voit son action recentrée sur deux pôles majeurs : le soutien aux confrères et les outils numériques. Elle intègre la dimension digitalisation et se doter de nouvelles expertises voilà notre ambition pour un avenir meilleur.
La commission “réponses aux confrères” assiste Christine Woehl, notre secrétaire, dans son apport considérable aux confrères, sans égal dans les 33 autres CRCC. Il nous faut toujours accompagner nos consœurs et nos confrères dans leur pratique quotidienne. La mise en œuvre de ces deux axes majeurs nécessite une communication améliorée, tant à l'égard de nos confrères que de notre environnement.
Enfin, la commission “attractivité” a notamment pour vocation de faire vivre la convention signée avec l'académie de Versailles, à semer des graines de CAC dans les lycées et sur les salons, à organiser le tournoi de gestion, la journée pédagogique et de participer, avec le Conseil régional de l'Ordre de Paris – Ile-de-France et la CRCC de Paris, à Jobfair.
Susciter l'envie des jeunes générations, intensifier notre action auprès des collégiens et des lycéens, la voie est tracée…

A.-P. : Votre compagnie organise-t-elle d'autres événements ?

O. B. : Oui, nous organisons des manifestations qui participent à la dynamique de notre compagnie régionale. Parmi ces rendez-vous, nous proposons les Carrefours réflexions, chaque trimestre, les petits déjeuners départementaux au printemps, des manifestations franciliennes, comme Transfair, et les Universités d'été, sans oublier notre journée institutionnelle qui aura lieu cette année le 3 octobre à Cœur Défense, en présence de Christine Guéguen, présidente du H3C, et du philosophe Luc Ferry. Ce dernier animera une conférence dédiée à la révolution transhumaniste et au devenir de nos sociétés face à la “techno-médecine” et à l'impact disruptif d'internet.

A.-P. : La profession de commissaire aux comptes est-elle en danger à l'aune de ces évolutions technologiques ?

O. B. : Au contraire, c'est pour nous une réelle opportunité, car l'évolution de la société digitale augmente l'attractivité de la profession. Une réforme est en cours, s'agissant des voies d'accès à la profession. Les programmes du DCG, du DSCG et du DEC sont actuellement mis à jour, toilettés pour s'adapter aux besoins des cabinets, des entités, de l'évolution technologique et de la numérisation des données. Le taux d'emploi est assez fort, en tension même, les rémunérations sont attractives, les conditions de travail évoluent et deviennent encore plus agréables.

A.-P. : Comment définir la mission des commissaires aux comptes dans les PME ? Est-ce différent de la mission dans les grandes entreprises ?

O. B. : Il s'agit-là de l'un des axes prioritaires de la mandature de Jean Bouquot, président de la compagnie nationale. Le modèle français du commissariat aux comptes dans les petites entités est une chance et une nécessité dans notre économie libérale.
Nous percevons bien la volonté de l'Etat de se désengager et de se recentrer sur ses missions régaliennes. La nécessaire régulation de l'économie libérale passe par le contrôle et la certification des comptes des petites entités, par ce tiers de confiance qu'est le commissaire aux comptes.
Pour rappel, l'ordonnance du 17 mars 2016 transposant en droit français la réforme européenne de l'audit a inscrit dans le code de commerce la reconnaissance de la proportionnalité de l'audit adapté à la taille de l'entité bénéficiant de la certification de ces comptes annuels. Cette prise en compte de la spécificité des mandats PE va conduire à l'élaboration d'une norme d'exercice professionnel régissant l'organisation adaptée des cabinets en fonction de la taille de leurs mandats.
La valeur ajoutée de la mission du commissaire aux comptes, tant dans son aspect économique que dans son aspect préventif, sont nécessaire pour le retour à la confiance qui entraîne la croissance économique.

A.-P. : Faut-il adapter la formation des commissaires aux comptes en conséquence ?

O. B. : La formation est un levier pour actualiser en permanence nos compétences, gérer les changements au sein de nos cabinets et garantir la qualité de nos interventions. C'est pourquoi le non-respect de cette obligation constitue l'un des critères que retient le H3C pour déclencher les contrôles d'activité. La vigilance est de mise. Le H3C pourrait à l'avenir procéder à des contrôles plus fréquents quand l'obligation de formation n'est pas respectée, selon une périodicité oscillant entre trois et six ans pour les mandats non-EIP.

A.-P. : C'est là l'une des priorités des Universités d'été ?

O. B. : Pour animer cette dynamique de formation continue au service des confrères, la Compagnie de Versailles s'est effectivement mobilisée, comme les années précédentes, dans la préparation des Universités d'été. Ce temps fort de la profession sera consacré aux grands changements qui attendent notre profession et leurs implications pour nos cabinets. Pour chacun d'entre nous, ce sera l'occasion de profiter de plus de 90 ateliers, dont 15 homologués, permettant de cumuler 24 heures de formation. Les confrères y trouveront beaucoup de nouveaux ateliers consacrés à une actualité juridique et normative riche et à l'impact de la réforme européenne de l'audit sur l'organisation de nos cabinets et sur nos méthodes de travail.

A.-P : Avez-vous prévu d'autres actions de formation au cours de cette fin d'année 2017 ?

O. B. : Oui, de nouvelles formations consacrées au “SmartFEC” seront proposées cet automne. Cet outil d'exploitation des données du FEC, développé par la profession et parfaitement adapté au travail de l'auditeur, rencontre un vif succès auprès des confrères. Encore faut-il maîtriser le tableur Excel ! Afin d'optimiser l'utilisation du SmartFec et les temps d'intervention, une formation complémentaire sur Excel sera disponible via un package “Excel/SmartFec”.
La problématique n'est pas d'adapter la formation du commissaire aux comptes aux PE, car la nature de la mission, l'audit, n'est pas différente. Elle est d'attirer de nouveaux talents avec la réforme du certificat d'aptitude aux fonctions de commissaire aux comptes (CAFCAC) qui va s'ouvrir plus largement très prochainement.




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