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Observatoire de l'économie francilienne : Le chiffre d'affaires des entreprises en hausse de 2 %

Grâce à l'information financière traitée dans le cadre de leurs missions, les experts-comptables entretiennent une base de données baptisée « Statexpert ». L'Ordre des experts-comptables d'Île-de-France a souhaité exploiter cette ressource statistique à travers un Observatoire trimestriel qui vient de publier ses premiers résultats : le chiffre d'affaires des TPE et PME franciliennes a progressé de 2 % sur un an, au cours des trois premiers trimestres 2014.
Observatoire de l'économie francilienne : Le chiffre d'affaires des entreprises en hausse de 2 %
© A.-P. - De gauche à droite : Julien Tokarz, Stéphane Cohen et Nicolas Bouzou

ActualitéRégion Île-de-France & Grand Paris Publié le ,

Cet observatoire de l’économie francilienne repose à la fois sur les données Statexpert et sur des données publiques de l’économie francilienne afin de présenter un panorama large de l’activité en Île-de-France. Sa première analyse a été dernièrement dévoilée par StéphaneCohen, le président de l’Ordre des experts-comptables d’Île-de-France et JulienTokarz, ancien président de l’Ordre des experts-comptables d’Île-de-France, en partenariat avec l’économiste NicolasBouzou, fondateur du cabinet Asterès, pour qui « l’exploitation inédite des télédéclarations des experts-comptables franciliens offre un nouveau regard sur l’activité des entreprises à la disposition de tous les observateurs de l’économie francilienne ».

Selon l’observatoire, au terme d’une année marquée par un contexte économique difficile, l’Île-de-France se distingue par une situation nettement plus favorable que le reste du pays. Le chiffre d’affaires des entreprises franciliennes a progressé en effet de 2 % sur un an au cours des trois premiers trimestres 2014 ; une croissance modérée, certes, mais meilleure qu’en 2012 et 2013 (respectivement 1 % et 0 %). L’activité a été pour l’essentiel tirée par la bonne tenue des ventes dans le commerce. À contre-courant de la conjoncture nationale, l’emploi francilien progresse depuis l’été 2013 et a, cette année, renoué avec son niveau d’avant-crise. Les départements de la petite couronne parisienne sont deux à trois fois plus dynamiques que les départements périphériques. La progression du chiffre d’affaires a été particulièrement forte en Val-de-Marne (14 %) et en Seine-Saint-Denis (6 %). Les Hauts-de-Seine font figure d’exception (-1 %) du fait de la forte présence de services à haute valeur ajoutée, en repli. L’activité a été modérée à Paris (1 %), du fait notamment d’une moindre performance des commerces parisiens (2 %).

Une reprise modérée

Les conditions d’une reprise vigoureuse de l’activité économique en France ne sont toujours pas réunies bien que des éléments favorables émergent. Après une quasi-stagnation en 2012 et 2013, le Produit intérieur brut français devrait à peine progresser en 2014 (+0,4 %). Cette croissance repose cependant sur une base fragile :

• Elle est tirée par la demande intérieure. Au troisième trimestre 2014, la consommation des ménages était en hausse de seulement 0,3 % et celle des administrations de 0,6 %.

L’investissement, lui, continue de reculer, aussi bien du côté des entreprises (- 0,6 % sur un an au T3) que des ménages (- 1,7 %) et des administrations (- 1,3 %).

Enfin, traduction du manque de compétitivité des entreprises françaises sur les marchés internationaux, le commerce extérieur a négativement contribué à la croissance économique (- 0,2 % sur un an au T3).

En ce début d’année 2015, des facteurs extérieurs et intérieurs se conjuguent et ouvrent des perspectives de croissance modérée à un an :

La dépréciation de l’euro par rapport au dollar (de l’ordre de 10 % depuis le début de l’année) permet d’accroître la compétitivité-coût des entreprises dans un contexte de sortie de crise progressive aux niveaux européen et mondial.

Le contre-choc pétrolier et le maintien des cours à un niveau bas sont une aubaine pour le pouvoir d’achat des ménages et les marges des entreprises.

La demande intérieure est soutenue grâce à des taux d’intérêt qui demeurent à leur plus bas niveau historique.

La consommation devrait accélérer sous l’effet d’une stabilisation de la charge fiscale. Enfin, la politique de l’offre menée par le gouvernement pourrait porter ses fruits : 2015 bénéficiant notamment d’une montée en puissance des effets du CICE et du Pacte de responsabilité.


L’emploi francilien a renoué avec son niveau d’avant-crise

La région Île-de-France, qui génère à elle seule 30 % du PIB français, se démarque par une situation relativement plus favorable qu’en province. L’emploi francilien progresse depuis l’été 2013 et a aujourd’hui renoué avec son niveau d’avant-crise. Dans le reste du pays, la situation est toutefois opposée, avec une baisse tendancielle de l’emploi depuis plus de deux ans.


Deux éléments majeurs permettent d’expliquer cette tendance relativement favorable en Île-de-France :

La production de logements neufs reste importante en dépit d’un recul des mises en chantier fin 2013 et début 2014.

Les investissements dans les transports collectifs sont massifs, tant pour la rénovation des réseaux que dans leur extension, notamment dans le cadre du Grand Paris. Fin 2014, de nombreux chantiers sont en cours et une vingtaine déjà terminée : mise en service des tramways T5, T7 et récemment le T8 dans l’est parisien, prolongement des lignes de métro, modernisation des RER…

La situation économique favorable de l’Île-de-France relativement aux régions se traduit par un taux de chômage francilien inférieur d’un point au taux national. Des disparités existent néanmoins entre les départements. La Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise se situent au-dessus de la moyenne nationale, avec un taux record de 12,8 % pour la Seine-Saint-Denis. Plus de 5 points la séparent des Yvelines, qui affichent le taux le plus faible de la région (7,1 %). Le niveau élevé du chômage en Seine-Saint-Denis traduit les difficultés structurelles propres au département. Les populations les plus fragiles, les jeunes et les actifs non ou peu diplômés, y sont surreprésentées relativement au reste de la France. On observe ainsi une forte inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi. Les emplois créés dans les secteurs les plus dynamiques sont occupés par des ressortissants de départements voisins, plus qualifiés.

L’activité des entreprises franciliennes a progressé en 2014

Les déclarations trimestrielles de TVA collectées par les experts-comptables d’Île-de-France font ressortir une évolution favorable de l’activité des entreprises de la région sur les trois premiers trimestres 2014. Le chiffre d’affaires des 5 000 entreprises franciliennes ayant déclaré leur TVA aux premier, deuxième et troisième trimestres 2014, est en hausse de 2 % sur un an. La tendance se redresse donc par rapport aux deux années précédentes, marquées par une relative stabilité de l’activité.


Cette tendance favorable s’explique en partie par la bonne performance des entreprises du commerce et de la construction, qui représentent un quart des entreprises franciliennes et contribuent le plus à la croissance de l’économie régionale. Les entreprises du secteur du commerce réalisent à elles seules un quart du chiffre d’affaires global et totalisent 14 % des effectifs. Le secteur de la construction représente 13 % du chiffre d’affaires des entreprises franciliennes, et 8 % des effectifs (Il s’agit là du poids du secteur de la construction dans l’économie francilienne, selon les données Insee. À ne pas confondre avec les chiffres qui traduisent le poids des secteurs dans l’échantillon de la base Statexpert). L’activité dans ces deux secteurs a progressé de 5 % sur un an, ce qui a permis de maintenir l’emploi régional. La progression a cependant été contenue par le faible dynamisme des activités immobilières (3 %) et le recul des services spécialisés à haute valeur ajoutée (- 3 %), qui constituent le cœur de l’économie francilienne. Ces deux secteurs représentent plus du tiers des entreprises de l’échantillon, réalisent 10 % du chiffre d’affaires total et regroupent 15 % des effectifs. Ces activités sont particulièrement concentrées dans l’ouest francilien, et représentent jusqu’au quart des entreprises à Paris.

Les entreprises de la petite couronne parisienne sont les plus dynamiques

Le chiffre global masque une situation contrastée suivant les départements. En dehors de Paris, une ligne de fracture se dessine entre une petite couronne très dynamique, et une périphérie plus molle.

Le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis sont les départements qui affichent les taux de croissance de l’activité les plus élevés (respectivement 14 % et 6 % de croissance du chiffre d’affaires total des entreprises). Ce dynamisme relatif tient pour l’essentiel à la bonne performance des entreprises du commerce et de la construction. Les Hauts-de-Seine font figure d’exception, avec un chiffre d’affaires en baisse de 1 %.

Dans les départements de la grande couronne, la croissance relativement faible du chiffre d’affaires tient à un moindre dynamisme du commerce et de la construction. Dans les Yvelines et en Seine-et-Marne, l’activité dans ces deux secteurs a crû à des rythmes jusqu’à deux fois inférieurs à ceux des départements de petite couronne. Dans le Val-d’Oise, le recul de l’activité dans le commerce a été compensé par une croissance soutenue de l’activité de construction. L’Essonne est le seul département à observer un recul de l’activité dans ces deux secteurs clefs. Le département est en outre pénalisé par un repli de l’industrie manufacturière, qui réalise 10 % du chiffre d’affaires total.

La croissance de l’activité a également été modérée à Paris, du fait d’une faible progression des activités de commerce. Les commerces parisiens ont notamment souffert d’une baisse du tourisme : le nombre de nuitées a reculé de 2 % sur un an, au premier semestre 2014.

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