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Nouvelle étape pour la zone faible émission métropolitaine

A l'unanimité, le conseil métropolitain présidé par Patrick Ollier a élargi les restrictions de circulation dans le cadre de la zone faible émission (ZFE). La Métropole du Grand Paris en appelle toutefois à l'Etat pour garantir les contrôles et aider davantage les ménages les plus modestes.
Nouvelle étape pour la zone faible émission métropolitaine
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Beaucoup de délibérations étaient à l'ordre du jour du récent Conseil métropolitain. Chapitre majeur des presque 60 points soumis au vote, la zone à faibles émissions (ou ZFE) dont Daniel Guiraud, maire des Lilas et vice-président délégué à la transition écologique a rappelé la définition. Il s'agit d'un « territoire dans lequel est instaurée une interdiction d'accès à des horaires déterminés pour certaines catégories de véhicules polluants ayant des impacts sur la santé des populations ». Le territoire en question est celui ceinturé par la A86 et les horaires de 8h à 20h.

Un bon outil, mais qu'un outil

Alors que les mesures de restrictions pour les véhicules crit'Air 4 devaient entrer en vigueur au mois de janvier prochain, la chose est repoussée au mois de juin en raison de la pandémie. La date de juillet 2022 est en revanche conservée pour les véhicules crit'Air 3. L'objectif sous-jacent, « ambitieux », reste d'atteindre 100 % de véhicule propre en 2030. Aux yeux de Daniel Guiraud, il s'agit là d'« un bon outil mais que d'un outil ». Il précise en effet que la mise en place de la ZFE « ne dispense pas d'avoir une action pour réduire la place de la voiture en zone urbaine dense ». De fait, la ZFE invite à substituer des véhicules propres à des véhicules polluants, non à réduire sa mobilité ou à trouver des modes de substitution.

Un bon outil, mais un outil pour l'heure limité. Deux points majeurs restent à éclaircir et la Métropole, par l'intermédiaire de son vice-président, en appelle à l'Etat. Ou plutôt, réitère « des demandes maintes fois formulées ». Il s'agit, d'une part, de l'effectivité du contrôle des infractions et des verbalisations. L'élu socialiste des Lilas trahit une pointe d'agacement lorsqu'il parle du rapport promis par le préfet Raphaël Bartolt et qui n'a toujours pas été remis. Le président Ollier indique lui avoir reçu un courrier de Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des Transports, énonçant la date de fin 2021 pour la mise en place de caméras… « Tant que ceci ne sera pas acté, nous aurons du mal à avancer », affirme le maire de Rueil-Malmaison.

Aider au contrôle et contrôler les aides

D'autre part, Daniel Guiraud attend des précisions de l'Etat en ce qui concerne l'aide aux foyers les plus modestes à l'acquisition de véhicules propres. Malgré l'importance des dispositifs en place (en cumulant les aides étatiques et métropolitaines, un ménage peut obtenir jusque 19 000 euros pour l'achat d'un véhicule neuf et 12 000 euros pour de l'occasion), des sommes restent à leur charge. Dans le même courrier que celui-ci-dessus, Jean-Baptiste Djebbari propose l'idée du micro-crédit. Le vice-président de la MGP à la Transition écologique aurait souhaité la mise en place d'un autre dispositif : « Je pense qu'il y a une excellente solution dans les propositions de la convention citoyenne pour le climat : le prêt à taux zéro avec garantie par l'Etat ». Patrick Ollier précise que la Métropole le proposait même avant l'instauration de la convention.

Unanimité

Ces divers constats ont fait l'unanimité des groupes politiques. Patrice Leclerc, maire de gauche de Gennevilliers se réjouit de la mise en place de la ZFE tout en invitant à ce que l'urgence écologique ne fasse pas oublier l'urgence sociale. Sylvain Raifaud, conseiller EELV du 10e arrondissement, soutient « bien évidemment » la mise en place de la ZFE tout en insistant sur la « nécessité d'avoir des éclaircissements sur le contrôle ». Il rappelle, à l'instar de Daniel Guiraud, qu'il ne s'agit pas que de permettre d'acheter des véhicules propres mais aussi de se dispenser de son véhicule, et donc de ne pas se contenter uniquement de la ZFE. Florence Berthoux, maire « divers droite » du 5e arrondissement de Paris tient, quant à elle, à rappeler qu'il ne s'agit pas là d'écologie punitive mais de mesures sanitaires (avançant le chiffre de 6 600 décès que la pollution engendrerait) et économique (la pollution couterait 1 600 euros par habitant par an). Elle regrette, elle aussi, que la solution du prêt à taux zéro n'ait pas été retenue par l'Etat.

Un décret avait par ailleurs fait entrer dans la ZFE les communes n'ayant pas encore délibéré à son sujet.

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