AccueilSociété« Nous ne sommes pas un problème pour les finances publiques »

« Nous ne sommes pas un problème pour les finances publiques »

Le 104e Congrès des maires de France, intitulé « Pouvoir agir face aux chocs dans un monde instable », s’est récemment déroulé au Parc des expositions de Versailles.
Le président de l’AMF et maire de Cannes David Lisnard, et André Laignel, premier vice-président délégué de l’AMF ont fait l’état de la situation des communes et des intercommunalités.
© AP - Le président de l’AMF et maire de Cannes David Lisnard, et André Laignel, premier vice-président délégué de l’AMF ont fait l’état de la situation des communes et des intercommunalités.

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À l’occasion de la séance d’ouverture de la 104e édition du Congrès des maires et des présidents d’intercommunalité de France, le président de l’AMF et maire de Cannes David Lisnard, et André Laignel, premier vice-président délégué de l’AMF ont fait l’état de la situation des communes et des intercommunalités. Ils sont notamment revenus sur les difficultés que les villes affrontent, accentuées par la crise économique, due aux conséquences de la crise sanitaire et au retour de la guerre sur le sol européen, à une crise sociale et civique et à l’urgence climatique. Le bureau de l’AMF a également souhaité rappeler « l’importance des actions des maires au service des citoyens », tout en déplorant que « la capacité d’agir des élus locaux était durement et durablement impactéee par l’augmentation des coûts pesant sur les budgets locaux, la raréfaction des ressources et la complexité administrative ». Cela entrainant une réduction des marges de manœuvre des communes et des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

« Les moyens d’action dans nos communes se dégradent »

« Nous avons choisi avec l’équipe de consacrer ce Congrès sur le thème du ‘pouvoir-agir ?’. Cette question pourrait paraître étrange. Par définition, le maire, c’est celui qui agit. Je le dis souvent et je trouve la formule juste : quelques soient la taille de notre commune, sa typologie et ses problématiques, nous sommes des praticiens du quotidien. Mais cette question n'a jamais été autant légitime et elle doit nous interpeller puisque nous n'avons jamais autant eu le devoir d'agir. Mais parallèlement, notre capacité d’action, et ce n’est pas nouveau, tend à se réduire, avec la recentralisation et le changement de trajectoire », a introduit David Lisnard. Une idée partagée par André Laignel : « Les moyens d’action dans nos communes se dégradent ».

« Nous votons des budgets à l’équilibre »

David Lisnard a ensuite voulu faire passer un message au Gouvernement avec lequel la relation est « respectueuse et fondée sur le dialogue ». « Rappelez-vous que nous ne sommes pas un problème pour les finances publiques, mais oui, il y a un problème de finances publiques en France, il n’est pas nouveau, il s’est même accentué, mais il vient des comptes sociaux et des comptes de l’État. Les collectivités territoriales, et en premier lieu les communes et les intercommunalités, respectent la règle d’or, nous ne le répéterons jamais assez, nous votons des budgets à l’équilibre », a-t-il lancé. « La République ne peut pas se passer de communautés, de communes vivantes, de communes qui s’adaptent, qui se modernisent et qui font la transition entre le passé, le présent et à l’avenir. Nous voulons être responsables et rendre des comptes dans tous les sens du terme. Nous voulons un lien fiscal avec les habitants, un pouvoir d'action financier et un pouvoir d'action juridique ».

« Le temps d’une véritable négociation »

De son côté, André Laignel a évoqué « le temps d’une véritable négociation ». « Il faut sortir des faux semblants, des pseudos concertations qui ne servent qu’à tenter de masquer la verticalité du pouvoir. La méfiance et parfois le mépris de l’État à l’égard des collectivités locales sont un poison qui ronge la France. Cette négociation est donc urgente. Elle doit donner vie à une grande avancée des libertés locales, à une consécration constitutionnelle de la commune, à une cellule de base de la démocratie, à une autonomie financière et fiscale réelle avec la fin de la tutelle préfectorale, à la mise en œuvre d’un principe simple : qui paie, commande et qui commande, paie. L’État n’a rien à y perdre, la France a tout à y gagner. Il faut un pôle de stabilité de la République qui s’appuie sur nos maires, les élus et les personnels municipaux qui sont la première ligne de défense de nos concitoyens ».

Pour conclure, il a indiqué : « Toutes nos exigences tiennent en ces deux mots : pouvoir agir. Il faut l’utiliser avec combativité et liberté, pour que l’audace d’ouvrir de nouveaux espaces d’innovation, de solidarité et de fraternité dans nos communes porte les valeurs fondamentales de la démocratie ».

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