Fermer la publicité
Journal d'information juridique et d'annonces légales

Nous aidons les PME à faire les premiers pas numériques

le - - Entreprise

Nous aidons les PME à faire les premiers pas numériques
© A.P. - Mounir Mahjoubi Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique.

La numérisation des TPE-PME est au cœur de la stratégie du Gouvernement et de Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé du Numérique. Ce dernier suit actuellement le développement d'une plateforme dédiée sur laquelle les entrepreneurs trouveront bientôt l'ensemble des informations susceptibles de faciliter leurs premiers pas numériques.

« Nous devons faciliter l'arrivée de jeunes formés au numérique dans les PME. »

Concernant le numérique, les TPE-PME françaises accusent un réel retard par rapport à certains de nos voisins européens...

Mounir Mahjoubi : En matière de numérique, il est vrai que la France et ses entreprises ne sont pas au rang qu'elles devraient tenir en Europe. Les prestataires susceptibles d'aider les PME à franchir le pas ne sont pas en nombre suffisant. C'est pourquoi nous développons des formations partout sur le territoire, notamment avec la Grande école du numérique (GEN – GIE) créé en 2015 qui forme aux métiers du numérique à travers plus de 600 formations en France, ndlr – et dans le supérieur, à la fois dans l'Education nationale et dans le privé.

Les formations proposées par la GEN ont cette particularité de ne pas exiger de conditions de diplômes pour les intégrer, mais simplement un niveau de motivation. Dans les promotions, on trouve des gens de 17 à 55 ans, avec ceux qui n'ont pas réussi leur cursus scolaire et ceux qui en sont à leur deuxième ou troisième reconversion professionnelle. Ils sont ainsi formés en six à huit mois à l'un des métiers du numérique.

Où sont organisées ces formations ?

M. M. : Elles sont extrêmement bien réparties sur le territoire, notamment en milieu rural, en périurbain et dans les petites villes. Cette stratégie permet de créer des compétences de techniciens numériques à travers un assez bon maillage. L'une des formations, pour l'instant baptisée “couteau suisse numérique pour les PME”, rencontre actuellement un beau succès, même si son nom n'est pas très adapté. On y apprend à mettre en œuvre un peu d'e-commerce, un peu de'e-réseau, de sécurité... Quand la personne formée entre dans une PME, elle est capable de prendre en charge une grande partie du dossier numérique.

Ce qui est nécessaire aujourd'hui pour une TPE-PME est bien de trouver ce type de technicien qui va participer au développement des services numériques de l'entreprise. C'est tout l'enjeu du déploiement de ces nouvelles formations.

Il y a actuellement des expérimentations régionales qui fonctionnent très bien. La GEN adosse à sa formation un partenariat avec les chambres de commerce et d'industrie. Tous les cas pratiques travaillés par les élèves sont réalisés avec les PME locales. D'autres CCI ont créé leurs propres écoles et proposent aussi ce type de prestations.

Aujourd'hui, une quinzaine d'initiatives ont cet objectif de faire entrer les jeunes dans les PME par le numérique. Toutes fonctionnent plutôt pas mal.

Quel sera le “financement” ?

M. M. : L'animation économique territoriale est l'une des premières missions des régions. Ces dernières ont actuellement beaucoup de mal à diriger leurs budgets dédiés vers les petites entreprises. Elles les allouent donc à des PME plus importantes. Par ailleurs, toutes les régions ont mis en place des chèques PME numériques. Certaines le font pour un co-financement à hauteur de 100 000 euros, mais à ce montant, on ne touche ni les artisans ni les commerces de proximité.

Au-delà du financement des régions, l'enjeu est d'inciter le réseau bancaire à consentir des prêts de 3 000 ou 4 000 euros ; un niveau qui n'existe pas aujourd'hui. Ces prêts cofinanceraient pourtant des projets de 10 000 à 15 000 euros, permettant à de petites entités de développer leur offre numérique. Nous devons mettre en place un système de garantie sans lequel les banques auront du mal à consentir ces prêts extrêmement risqués.

Avant la fin du semestre, nous allons mettre en place un dispositif de diminution du risque pour permettre aux banques de prêter plus facilement.

Quel est l'avenir du crédit d'impôt numérique ?

M. M. : Vous connaissez la philosophie du Gouvernement en matière de fiscalité. Nous avons souhaité diminuer les impôts pour les Français, pour les entreprises et simplifier l'impôt pour tous. En contrepartie, nous entamons une trajectoire de fin pour les niches fiscales et toute forme de crédit d'impôt ; crédit impôt recherche mis à part. Ce dernier traduit une volonté d'investissement de l'Etat dans l'innovation d'entreprise.

Sur la plateforme dédiée qui sera bientôt en ligne, les entrepreneurs trouveront les moyens de faire leurs premiers pas dans le numérique ?

M. M. : Oui, ils trouveront bientôt des outils en ligne, avec des témoignages d'entrepreneurs et des exemples d'expériences réussies, des annuaires de prestataires par région et toutes les informations concernant les financements ou co-financements possibles.

Sur cette plateforme, il y aura également des recommandations et une invitation à augmenter le niveau de sécurité des entreprises d'une certaine taille qui manipulent des données personnelles, en prévision du RGPD.

Depuis un an, on voit d'ailleurs émerger des prestataires de proximité spécialisés sur la cyber-sécurité.Aujourd'hui, pour 3 000 euros, vous avez un consultant qui vient en entreprise. Il sécurise les postes et installe une box de filtrage à 300 euros sur le réseau, ce qui augmente de 99 % le niveau de sécurité.

Justement, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) sera bientôt obligatoire...

M. M. : Il faut préciser que ce RGPD concerne essentiellement les entreprises qui manipulent des données personnelles, ce qui est loin d'être le cas de toutes les PME. Si un coiffeur dispose d'une base de quelques centaines de clients, avec leurs coordonnées et leurs goûts, il est concerné. En revanche, son niveau de sécurisation et ses obligations seront beaucoup moins importants que ceux d'un laboratoire d'analyses médicales qui compte plusieurs dizaines de milliers de clients, par exemple. Les obligations sont très proportionnées. Sur ce sujet, le guide réalisé par la Cnil – grand régulateur du RGPD – est une source d'informations essentielles sur le sujet.

Ce plan que vous annoncez, avec la mise en ligne de la plateforme est annoncé d'ici la fin du premier semestre ?

M. M. : Oui, ce plan prend en compte l'ensemble de l'initiative, c'est-à-dire la plateforme, mais aussi l'ambition, le réseau... Un entrepreneur, accompagné de son expert-comptable, pourra trouver une aide en ligne qui s'inspire beaucoup des pratiques existantes. Les digiteurs des CCI, le Medef et d'autres partenaires ont déjà mis en place des outils d'autodiagnostic et d'orientation numérique. Une grande partie des entreprises seront ainsi capables d'avancer plus rapidement si elles trouvent un co-financement et leur prestataire de proximité.

Il restera néanmoins une minorité de PME qui ne sera pas capable d'aller vers ce prestataire local pour se lancer sur la voie du numérique. Elles vont avoir besoin d'un médiateur, soit la CCI, soit un programme régional d'accompagnement.

Quelle est la cible prioritaire de ce plan ?

M. M. : Nous ciblons surtout les PME de moins de 50 salariés. Toutes sont concernées par le numérique puisqu'aujourd'hui, dans tous les secteurs de l'économie, nous assistons à un déchaînement de la valeur. Les maillons se séparent progressivement. Les circuits traditionnels qui allaient des producteurs de matières premières à ceux qui assurent la relation client au final, en passant par le transformateur et le distributeur grossiste, sont impactés par chacun des acteurs de la chaîne qui pense pouvoir assurer le métier de tous les autres. Plus rien n'empêche, par exemple, le producteur de faire lui même de la transformation et d'assurer la vente directe. Si vous analysez les circuits courts sur la viande, par exemple, vous avez aujourd'hui les éleveurs qui payent l'abattoir pour découper leurs bêtes et récupérer les morceaux sous vide pour les vendre en direct aux consommateurs. C'est le numérique qui permet ce déchaînement de valeurs et une nouvelle concurrence entre les acteurs de la chaîne. Ce type de circuits courts est possible dans bien d'autres filières, la santé notamment.

Premiers pas numériques

Comme le souligne Mounir Mahjoubi, « dès qu'une entreprise est présente en ligne, pour un investissement de 3 000 ou 4 000 euros, à travers une vingtaine de photos et la numérisation de 30 % de son catalogue, par exemple, elle constate rapidement l'impact. Ce n'est pas de la haute technologie, mais ces premiers pas numériques permettent d'exister sur Google. Pendant la rédaction du rapport Croissance connectée de l'année dernière, sur la transformation numérique des PME, nous avons interrogé un opticien d'une petite ville de moins de 5 000 habitants. Le jour où il a mis en ligne son mini site, avec les photos des 300 montures dont il disposait en magasin, il a augmenté son chiffre d'affaires de 50 % ».

Avec «Réussir avec le Web», l'Afnic fédère les acteurs économiques au service de la présence en ligne des TPE/PME

Réussir avec le web est né d'un constat simple fait par les équipes de l'Association pour le nommage internet en coopération (Afnic) : bien que les moyens de développer une activité sur internet soient de plus en plus accessibles, un million de TPE-PME françaises n'est toujours pas présent en ligne. Afin de répondre à cette problématique, l'Afnic a lancé www.reussiravecleweb.fr, un service d'autodiagnostic simple et gratuit qui permet aux entreprises d'évaluer leur niveau de maturité numérique et d'obtenir un plan d'action personnalisé « en moins de 10 mn ».

Grâce à une présence forte sur des événements dédiés à l'entrepreneuriat, Réussir avec le web a déjà diagnostiqué plus de 2 000 entreprises.

Grâce aux informations recueillies sur le site Réussir avec le Web, l'Afnic a pour ambition de dresser une véritable cartographie de la présence en ligne et de la “vie numérique” des TPE-PME françaises. Basée sur des critères précis (zone géographique, taille de l'entreprise, secteur d'activité, ressources allouées...), cette analyse offrira, selon l'Afnic « un éclairage déterminant sur l'état des lieux, permettra de faciliter les diagnostics à des échelles plus larges comme les fédérations professionnelles, les départements ou les régions, et fournira un levier supplémentaire d'actions envers les TPE-PME ».

Pour Pierre Bonis, le directeur général de l'Afnic, « il n'existe aujourd'hui aucun outil de référence sur la mesure de la présence en ligne des petites et moyennes entreprises françaises. Pourtant elles sont le cœur du tissu économique national et leur maitrise des enjeux numériques représente un facteur de développement déterminant. La récolte de ces données et leur analyse va nous permettre de combler ce vide et de remettre au centre des débats cet enjeu hautement stratégique ».

Afin d'assurer l'exhaustivité de son étude sur la présence en ligne des TPE-PME, Réussir avec le web a lancé depuis sa création une politique ambitieuse de partenariats stratégiques. À ce jour, ce sont 17 acteurs clés, tous référents dans leur domaine, qui ont rejoint l'initiative, syndicat, fédération professionnelle, chambre des métiers, start-up, bureau d'enregistrement, agence de communication, créateur de site web, média...

Selon Pierre Bonis, « en réunissant autour de nous des prescripteurs et des acteurs-clés de l'accompagnement du conseil et de services aux entreprises, nous continuons à faire grandir chaque jour la communauté Réussir avec le web et les perspectives d'une analyse précise de la présence en ligne des TPE-PME ».

Propos recuillis par Boris Stoykov




Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'information juridique et d'annonces légales

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer