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Nathalie Attias : « Je veux que l'ACE Paris multiplie les rencontres avec les confrères »

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Nathalie Attias : « Je veux que l'ACE Paris multiplie les rencontres avec les confrères »
© DR

Nathalie Attias, membre du Conseil de l'Ordre du barreau de Paris, vient de prendre la présidence de l'ACE Paris – Avocats conseils d'entreprises. Elle succède à Clarisse Berrebi avec une volonté de continuer l'œuvre entreprise, en développant plus encore l'ACE JA et en renforçant l'influence du syndicat au sein des instances professionnelles, CNB et barreau de Paris.

Affiches Parisiennes : Quelles actions allez-vous entreprendre durant cette année 2019 ?

Nathalie Attias : Tout d'abord, je tiens à préciser que je me suis présentée à la présidence de l'ACE Paris quand Clarisse Berrebi m'a annoncé qu'elle ne souhaitait pas assurer un second mandat. Dans le cas contraire, je me serais abstenue. Clarisse est pour moi à la fois un modèle et un mentor politique. Je suis d'ailleurs heureuse de pouvoir compter sur elle au sein du bureau où elle va continuer à s'investir.
Je me réjouis également d'y voir entrer David Levy. Il a beaucoup de talent. Je veux à présent travailler dans la continuité de ce qui a été fait et entrepris, en mettant l'accent sur des projets auxquels nous avons réfléchi et que nous allons mettre en œuvre, avec force et engagement.

A.-P. : Quels sont aujourd'hui les atouts de l'ACE Paris ?

N. A. : L'ACE Paris est une section du syndicat qui a énormément de potentiels au sein du barreau de Paris, elle est d'ailleurs présente au sein du Conseil de l'Ordre. Elle est considérée comme une force politique importante.
Lors des élections de la fin de l'année dernière, l'ACE Paris n'a pas eu d'élus. Nous avions pourtant investi des candidats de grande qualité. La difficulté est sans doute venue de l'envergure nationale de ces derniers.
L'ACE a, vous le savez, des positions très prospectives. Elle est à l'avant-garde de tous les défis que doit relever notre profession. Nos candidats avaient davantage cette vision prospective nationale de la profession, alors que le barreau de Paris, en tous cas ses électeurs, ceux qui votent comme ceux qui ne votent pas, sont plus attachés à des candidats qui traitent de leurs préoccupations quotidiennes.


Bureau de l'ACE JA Paris. © DR

Nous devons donc, d'ores et déjà, orienter l'action de l'ACE Paris vers davantage de proximité avec les avocats et nos adhérents.
Parmi les membres du bureau, j'ai aujourd'hui la chance de pouvoir compter sur l'expérience de Louis Degos, l'un de nos trois vice-présidents, avec Caroline de Puysegur et Gwenaëlle Gauthier. Louis Degos vient de mener une très bonne campagne électorale pour le compte de Carbon de Sèze qui, bien que non élu, a fait un très beau score au second tour. L'expertise des campagnes électorales de Louis va vraiment nous aider. Caroline de Puységur est très investie depuis longtemps à l'ACE, elle connaît bien notre barreau et est vraiment sur le terrain, au contact des confrères.

"Nous voulons donner à nos adhérents l'envie de se battre"


De mon côté, je souhaite donner à l'ACE Paris une vraie dynamique, en fédérant toutes les compétences des membres actifs de l'ACE Paris. Je pense que ma valeur ajoutée réside dans l'entraînement d'équipes avec lesquelles je travaille.
Je l'ai notamment fait au sein de l'incubateur du barreau de Paris, avec Jean-Georges Betto, qui est également membre, à la fois de l'ACE Paris et du bureau. Ensemble, nous avons réussi à y faire naître un véritable esprit d'équipe. J'agis également dans ce sens à la commission sociale de l'ACE qui réunit aujourd'hui beaucoup de nos membres et est une des commissions les plus actives et visibles de l'ACE. Là encore, les gens travaillent ensemble avec plaisir.
Voilà ce que je veux donner à l'ACE Paris. Il faut que les membres actifs de cette section aient envie de travailler ensemble. Tous doivent s'investir et se mobiliser ; en premier lieu parce que ce syndicat est formidable, avec des valeurs d'avant-garde et d'avenir.

A.-P. : Quelles sont les actions concrètes que vous envisagez ?

N. A. : Je souhaite multiplier les événements, en partenariat avec les présidents des commissions nationales. Je veux une vraie cohérence entre les interventions de ces présidents et l'action politique de l'ACE Paris. Notre syndicat doit être ultra visible au barreau de Paris, notamment à travers la qualité de ses formations. Dans le même temps, il faut que les candidats que nous investirons pour les futures élections soient présents et clairement identifiés lors de tous les événements que l'ACE Paris et les différentes commissions vont organiser.
Je veux, par ailleurs, créer un événement strictement parisien, sur un format d'une journée, très orienté business, avec des tables rondes sur la manière dont il convient de développer le cabinet, la clientèle, en valorisant la collaboration entrepreneuriale...

"Notre syndicat doit être ultra visible au barreau de Paris, notamment à travers la qualité de ses formations."


Tout cela sera mis sur pied en partenariat avec les directions juridiques, notamment l'AFJE avec laquelle nous avons des liens très forts. J'associerai des intervenants de grande compétence, de grande qualité, qui viendront expliquer aux jeunes confrères comment on peut convaincre un client de travailler pour lui.
Mon objectif est naturellement de transformer la participation des confrères aux formations en adhésions à l'ACE Paris. Nous devons renforcer nos effectifs. Avec le bureau national, nous allons réfléchir sur les conditions tarifaires de ces adhésions.
Aux dernières élections, nous nous sommes rendus compte qu'entre les candidatures de Jean-Jacques Uettwiller, Denis Raynal et Bénédicte Bury, nous ne pouvions compter que sur 1 700 voix, ce qui est clairement insuffisant et pas vraiment à la hauteur de ce que l'ACE représente réellement.

A.-P. : Souhaitez-vous également compter sur la dynamique de l'ACE JA ?

N. A. : Evidemment. Je crois à la force des jeunes confrères et à la force des collaborateurs qui savent se mobiliser. Je vais collaborer étroitement avec Ludovic Blanc, le président de l'ACE JA (photo ci-contre) avec lequel je m'entends parfaitement bien. Tout cela se fera bien entendu en cohérence avec notre bureau national et notre présidente, Delphine Gallin, qui est également une amie

A.-P. : Comment allez-vous travailler avec la présidente de l'ACE ?

N. A. : Je vais échanger avec Delphine Gallin pour que les positions de l'ACE Paris soient en totale conformité avec celles du bureau national. Je suis membre du Conseil de l'Ordre pour encore un an. Durant cette année, j'ai l'intention de mettre en place un protocole liant le Conseil de l'Ordre et l'ACE Paris. C'est fondamental pour moi. Les valeurs de l'ACE doivent peser sur les réflexions du Conseil de l'Ordre, lesquelles aboutissent à des rapports et à des résolutions.
En 2018, par exemple, avec Solenne Brugère et le Bâtonnier Sicard, nous avons réussi à faire évoluer la réflexion sur l'avocat en entreprise à travers la rédaction d'un projet de contrat de travail à durée indéterminée de l'avocat salarié en entreprise.
D'où l'importance de faire élire des candidats de l'ACE Paris aux prochaines élections du Conseil de l'Ordre, sachant que mon autre objectif concerne les élections au CNB que nous devons préparer dès à présent pour nous assurer une vraie représentativité et affermir notre influence sur tous les sujets.

A.-P. : Votre position défavorable aux dernières élections ne sont-elles pas partiellement imputables aux abstentions. Comment pensez-vous endiguer l'érosion croissante du nombre de votants au sein du barreau d'affaires?

N. A. : Les avocats avec lesquels nous échangeons ont le sentiment que l'Ordre ne prend pas en compte leurs préoccupations quotidiennes, qu'il est loin d'eux. C'est injuste car l'Ordre est très mobilisé pour aider nos confrères ; Mais nous devons tenir compte de ce ressenti. C'est l'une des raisons pour lesquelles les formations de l'ACE rencontrent énormément de succès.
Nous devons répondre à ce besoin de se former et d'échanger, entre avocats qui ont les mêmes problèmes, en restant en phase avec leurs préoccupations quotidiennes.
Concernant l'abstention des avocats, je veux, comme je le précisais précédemment, transformer la fréquentation de nos événements en adhésions. Avec le bureau, nous allons entreprendre un certain nombre d'actions qui vont dans ce sens. J'ai, par ailleurs, l'intention de m'impliquer personnellement dans les futures échéances électorales.

"L'ACE a des positions très prospectives. Elle est à l'avant-garde de tous les défis que doit relever notre profession"


Lors de mon élection au Conseil de l'Ordre avec Matthieu Boissavy, nous avons réalisé un très beau score, qui tient également à nos personnalités. L'investiture par le syndicat ne suffit pas. Nous devons mettre en place un vrai protocole électoral, multiplier les rencontres avec les confrères et le faire à travers les formations que donne l'ACE dans toutes ses commissions. Nous devons donner de la visibilité à tous nos candidats. Pour ce faire, nous nous engageons à les soutenir durant toutes les campagnes électorales et à commencer notre action le plus tôt possible dans l'année, pour aller chercher les voix. Les candidats doivent, eux aussi, aller à la rencontre des confères pour les écouter, avant même de leur parler.
Il faut savoir qu'il y a davantage d'abstentionnistes chez les non syndiqués que chez les syndiqués. Sur ce sujet essentiel, nous devons reprendre la main. Dans le passé récent, nous avons fait cette erreur par orgueil de croire que le seul fait d'être candidat ACE Paris suffisait... Et bien non !
à chaque fois qu'une commission se réunit, je veux que les candidats soient présents pour rencontrer les avocats. Curieusement, c'est une chose qui n'a jamais été faite. Je veux que toutes les ressources de l'ACE collaborent étroitement. Il n'y a que le collectif et le travail en équipe qui fonctionnent. Je crois uniquement aux accords gagnants-gagnants, notamment avec les collaborateurs.

A.-P. : Comment se portent aujourd'hui les différentes commissions de l'ACE ?

N. A. : C'est, vous le savez, l'ACE Nationale qui a des commissions dans chacune des matières du droit. Nous avons même une commission “famille”, même si ce n'est pas, a priori, le domaine de prédilection du syndicat. Au niveau international, je souhaite que soit créée une commission européenne, transverse à toutes les autres commissions. Dans tous les domaines du droit il y a, en effet, une dimension européenne. Nous voyons que la commission ouverte droit et pratique du droit de l'Union du Barreau de Paris rencontre beaucoup de succès. Son président, Jean Paul Hordies, est un confrère éminent en droit européen. Il est adhérant de l'ACE.

A.-P. : Combien avez-vous d'adhérents à l'ACE Paris ?

N. A. : Nous avons actuellement un listing d'environ 800 avocats. Au regard du nombre de votants qui nous ont soutenus aux dernières élections, on se rend compte qu'il n'y a pas que les adhérents qui s'intéressent à l'ACE Paris. Cela va bien au-delà. Les collaborateurs se sont aussi largement mobilisés. Nous devons nous rapprocher d'eux en leur expliquant qu'aujourd'hui, l'avenir de la collaboration s'envisage à travers une approche
entrepreneuriale.
De la même manière, les patrons doivent comprendre que s'ils intéressent leurs collaborateurs, ces derniers n'auront qu'une envie, c'est de s'investir totalement pour le cabinet. Il faut dépasser le dogme “patron-collaborateur” et offrir une autre vision plus positive de la collaboration. à condition que chacun joue le jeu, à commencer par les cabinets. Nous allons travailler sur ce sujet avec l'ACE JA et Ludovic blanc.




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