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Municipales 2020 Pierre-Yves Bournazel : « Pour moi, un maire est un rassembleur »

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Municipales 2020 Pierre-Yves Bournazel : « Pour moi, un maire est un rassembleur »
© DR - Pierre-Yves Bournazel

Pierre-Yves Bournazel, élu du 18e arrondissement, député de la 18e circonscription de Paris, est candidat à la Mairie de Paris en 2020. Il présente l'essentiel d'un programme qui s'oriente autour de quatre dossiers phares : le logement, la pollution de l'air, les mobilités et l'attractivité économique.

Affiches Parisiennes : Vous êtes candidat à la Mairie de Paris en 2020. Quels sont vos atouts et vos motivations ?

Pierre-Yves Bournazel : Je suis un élu de Paris et du 18e arrondissement depuis 11 ans. Je suis toujours resté fidèle à cet ancrage. J'y ai beaucoup appris et beaucoup compris des attentes des Parisiennes et des Parisiens dans leur diversité.

Je m'inspire de Bertrand Delanoë alors même que j'étais dans son opposition mais une opposition toujours constructive. Il a su gouverner Paris dans l'intérêt général et non de manière partisane en menant des projets qui ont modernisé la ville. Il était comme moi un élu du 18ème.

Ma singularité c'est ma légitimité.

Le 18e arrondissement est un petit Paris de 205 000 habitants qui permet de voir Paris en grand. C'est l'arrondissement de la diversité sociale, de la diversité générationnelle, de la diversité d'origines. Comme habitant et élu de cet arrondissement, j'ai beaucoup travaillé avec les citoyens et construit avec eux une vision nouvelle de la ville.

En 2017, j'ai été élu député dans cette 18e circonscription de Paris, dite “imprenable”. J'ai été élu par des femmes et des hommes de tous bords qui souhaitaient à la fois un renouvellement et un élu de proximité qui connaisse les réalités du terrain. Ma légitimité est également fondée sur la connaissance des grands dossiers parisiens, du Grand Paris et du fonctionnement de l'administration parisienne.

Il y a plus d'un an, j'ai monté 15 groupes de travail avec plus de 300 acteurs de la société civile qui ne sont ni des militants ni des élus mais des experts, des citoyens, des associations qui ont le sens du service de Paris. Avec les Parisiens, nous avons travaillé ensemble à des projets pour l'avenir de la capitale.

Je souhaite être l'ambassadeur de Paris, celui qui promeut celles et ceux qui pensent et font la ville. Je souhaite être un facilitateur qui apporte des solutions opérationnelles pour améliorer le quotidien et la qualité de la vie de toutes les Parisiennes et de tous les Parisiens.

J'ai publié un livre, Revoir Paris, dans lequel je donne ma vision de l'avenir de la ville et j'apporte une contribution par des idées. Avec mon équipe, nous avons également publié quatre livrets avec des propositions : la propreté, l'espace public, la nouvelle gouvernance, le Paris durable, l'éducation et les familles. Nous allons poursuivre ce travail sur la sécurité et la tranquillité publique, sur le logement, les nouvelles mobilités, sur la condition animale...

Je pense qu'il faut changer profondément la gouvernance de Paris qui a été trop centralisée.

Pour moi, un maire est un rassembleur qui doit mettre au service de sa ville toutes les bonnes initiatives, d'où qu'elles viennent.

Il doit savoir travailler en partenariat avec l'Etat, la Région, avec les communes riveraines, avec le monde de l'entreprise, le monde associatif, pour prendre les meilleures décisions au service de tous.

A.-P. : Le projet d'aménagement de la Gare du Nord dont on parle actuellement est un vrai imbroglio, pouvez-vous nous en parler ?

P.-Y. B. : Madame Hidalgo a fait des revirements spectaculaires sur plusieurs projets dont celui de la Gare du Nord. Elle était en juillet pour le projet maintenant elle est contre. Il y a là un manque de cohérence et de constance dans la conduite des affaires de la ville de Paris. Une gouvernance hasardeuse donne une efficacité malheureuse. Cela affaiblit la crédibilité de la ville de Paris auprès de ses partenaires.

La Gare du Nord est un lieu très important, à la fois pour la qualité de vie des riverains et pour l'attractivité et le rayonnement de notre capitale. La ville de Paris ne s'est pas suffisamment occupé comme il aurait fallu de l'environnement de la Gare du Nord.

Le projet qui est proposé actuellement nécessite un équilibre.

Il y a des zones commerciales, c'est bien mais il faut aussi des équipements et une ouverture plus grande sur le Nord, notamment vers le 18e arrondissement. Ce sont des idées que j'ai portées au moment des débats. Au moment où la maire de Paris souhaite que le projet soit retravaillé pour des raisons électoralistes pour répondre aux demandes du parti communiste et d'Europe Écologie Les Verts, j'aimerais qu'on puisse aborder le fond des sujets.

L'argument majeur d'Anne Hidalgo est la trop grande densité de commerces. Mais alors, pourquoi avoir lancé la Tour Triangle ? Pourquoi avoir fait des Halles le plus grand centre commercial de centre-ville d'Europe ? Cela montre encore une fois l'incohérence et l'inconstance de l'action publique municipale.

Il faut une gouvernance plus horizontale, qui permette de travailler davantage en amont les dossiers au service de Paris et de ses habitants, avec tous les partenaires publics et privés, de construire des projets et de prendre des décisions dans l'intérêt général et donc de créer de la stabilité sur le long terme pour ceux qui vont mettre en œuvre ces projets.

A.-P. : L'immobilier à Paris est un problème majeur, pour les entreprises comme pour les particuliers. Quelles sont les mesures souhaitables pour modérer la hausse des prix ?

P.-Y. B. : Je veux faire évoluer la politique du logement de la Ville de Paris et passer d'une philosophie de la quantité à une philosophie de la qualité de vie. Je pense que nous pouvons mieux faire. Paris est la capitale la plus dense d'Europe, une petite ville de 105 km2, de 87 km2 si on enlève les bois de Boulogne et de Vincennes, ce qui veut dire qu'il faut arrêter de bétonner. Anne Hidalgo veut implanter des tours à Bercy Charenton, à l'intersection de l'autoroute A4 et du périphérique. C'est un projet sur lequel je reviendrai si je suis maire de Paris.

Que peut-on faire ? D'abord, changer d'échelle. C'est à celle du Grand Paris qu'il faut penser à présent la politique du logement. Je serais prêt à mettre des compétences au « pot commun » avec les communes riveraines et même à financer des logements à l'extérieur de Paris, à partir du moment où les constructions seraient équilibrées, de qualité, connectées à l'activité économique, proches des réseaux de transports et dans une optique d'éco-quartiers.

Les demandeurs de logements parisiens pourraient en bénéficier parce que la ville aurait alors financé les opérations. Il y a actuellement 240 000 demandeurs de logements sociaux à Paris. La Ville ne résoudra pas à elle seule la crise du logement. En revanche, il est possible d'agir intra muros, notamment en rehaussant les immeubles quand il y a des dents creuses, en luttant contre l'insalubrité et en mettant en œuvre la rénovation et la réhabilitation. Au rythme actuel, il faudrait attendre 2060 pour que l'intégralité du parc social soit rénovée. Je souhaite accélérer avec un grand plan de rénovation énergétique qui permet de réduire de plus de 50% l'empreinte carbone.

On peut également transformer en logements des bureaux usagés. Les classes moyennes, ceux qui vivent des revenus de leur travail pourront en bénéficier en priorité.

Pour moi, les classes moyennes ne sont pas assez soutenues

Pour moi, les classes moyennes ne sont pas assez soutenues (ce sont les ménages qui vivent de leur salaire mais qui ne gagnent pas assez pour louer ou acheter un logement privé). Il faut, par ailleurs, assurer la diversité sociale dans les quartiers, dans les écoles, dans les crèches... et faire vivre la diversité commerciale – commerces de bouche, activités à vocation culturelle... – grâce aux classes moyennes qui doivent avoir leur place dans la capitale. Il faudrait avoir recours au droit de préemption dans certains quartiers pour réorienter l'activité commerciale. Dans le cadre du plan local d'urbanisme, il est aussi possible de créer des zones protégées qui permettent de faire vivre des commerces de proximité de qualité. Ce commerce diversifié est aussi l'âme de Paris et c'est aussi un service nécessaire pour les Parisiennes et les Parisiens.

Enfin, je mettrai un terme à la préemption de la Ville des appartements non insalubres car cela coûte cher au contribuable, ne crée aucun nouveau logement et raréfie l'offre dans le privé.

A.-P. : Comment retenir les entrepreneurs, les créateurs, les investisseurs dans la capitale ?

P.-Y. B. : Quand on est maire, on doit assurer la promotion de celles et de ceux qui pensent et font la ville, ceux qui créent, ceux qui innovent, ceux qui entreprennent, qu'ils soient commerçants, chefs d'entreprise, artistes... Je m'entourerai d'un conseil représentatif avec celles et ceux qui font la ville dans tous ces domaines de la création et de l'entrepreneuriat. Pour toutes les décisions, je souhaite que l'on puisse s'appuyer sur la société civile et sur les forces vives de Paris. En matière d'urbanisme, de mobilités... En matière de stratégie de rayonnement et d'attractivité économique, ces acteurs sont en première ligne.

Je veux puiser les bonnes idées dans l'intelligence collective.

Je continuerai évidemment ce qui a fait ses preuves. Anne Hidalgo a lancé “Paris & Co” au début de son mandat. Je souhaite poursuivre cette initiative qui fonctionne bien et même la renforcer pour attirer des créateurs et favoriser l'innovation.

Je pense, par ailleurs, que tous les projets d'urbanisme doivent trouver leur équilibre entre le logement, les équipements culturels et sportifs et l'activité économique.

Si je suis élu, je souhaite relancer une grande conférence métropolitaine avec tous les élus, quelle que soit leur sensibilité, pour décider ensemble de ce que nous pouvons produire efficacement pour les Grands Parisiens.

Il y a quatre grands sujets essentiels : le logement – il faut doubler l'offre de logements sur 15 ans à l'échelle du Grand Paris s'il on veut résoudre la crise –, la pollution de l'air – à l'échelle du Grand Paris, en harmonisant les politiques –, les mobilités – avec Île-de-France Mobilités, l'Île-de-France et les partenaires – et l'attractivité économique.

Je souhaite également évoquer la place financière de Paris. A l'heure du Brexit, c'est essentiel. La ville doit être un facilitateur pour tous les brexiteurs et leurs familles, en les accompagnant notamment sur le logement et l'accès aux écoles bilingues.

A.-P. : Comment voyez-vous les choses concernant la Métropole du Grand Paris ?

P.-Y. B. : Pour moi, les choses sont évidentes. Les structures sont trop nombreuses. C'est un millefeuille. Paris a les compétences d'un département et d'une ville.

Nous avons également des établissements publics territoriaux, la Métropole, les départements de petite couronne, de grande couronne, et la Région. Les investisseurs n'y comprennent rien et aucun Francilien ou Parisien n'a cerné concrètement qui fait quoi. Il faut donc une réforme législative. La ville doit s'occuper du quotidien des Parisiennes et des Parisiens.

Il faut, par ailleurs, une stratégie sur les quatre dossiers que j'ai cité précédemment. Ils doivent être traités par une structure du Grand Paris, simple, intégrée, qui fusionne l'ensemble des structures qui existent aujourd'hui. Il faut faire le choix de la simplification et de l'efficacité.

Je demanderai à l'Etat d'avoir le courage d'entreprendre cette réforme.

A.-P. : Un mot sur la sécurité ?

P.-Y. B. : Plus qu'un mot ! Je veux être un maire qui coproduise de la tranquillité et de la sécurité.

En 2013, j'ai été le premier à proposer une police municipale, à pied, à vélo et à cheval. Elle serait en charge de la prévention dans les quartiers en lien avec les commerçants, les présidents d'associations, les gardiens d'immeubles, les citoyens.

Sur le terrain, elle identifiera les problèmes et sera dissuasive parce que visible. Elle sera également réactive pour sanctionner les incivilités et la petite délinquance. Je souhaite par ailleurs développer les travaux d'intérêt général à travers la proposition “tu casses, tu répares”, “tu salis, tu nettoies”. C'est une peine dissuasive pour la récidive.

Je veux également lancer un deuxième plan de vidéo protection à Paris pour un meilleur maillage et permettre à la Police municipale et à la Police nationale de travailler dans de bonnes conditions.

Nous devons également avoir des réponses pour optimiser la prévention, notamment à travers l'école, le soutien scolaire, l'accès aux infrastructures de quartier culturelles et sportives, l'apprentissage de la langue quand il est nécessaire...

Le candidat à la mairie de Paris expose sa volonté d'en finir avec le “régime des partis” à Paris et de faire émerger une offre politique totalement inédite, dédiée à ses habitants et élaborée avec eux.

Dans une capitale qui peine à tenir ses promesses, nombreux sont ceux qui aspirent à « revoir Paris ». En préférant scruter l'avenir que le passé, le député de Paris Pierre-Yves Bournazel se fait le porte-voix de leur
espérance dans un livre personnel et passionné. Pour lui, l'élection municipale de 2020 doit être l'occasion de dépasser le « régime des partis » et de faire émerger une offre politique totalement inédite – une offre dont les habitants seraient à la fois les seuls inspirateurs et les vrais destinataires. Il pose les termes de ce nouveau pacte démocratique dans un livre adressé à la ville qu'il a appris à connaître mais qu'il a aimée dès le premier jour.




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