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Métropole du Grand Paris : les enjeux de l'agriculture urbaine

La Métropole du Grand Paris et Enlarge Your Paris, en association avec les Bergers urbains, organisent les Rencontres agricoles du Grand Paris jusqu'en juillet 2019. La conférence inaugurale s'est tenue récemment à AgroParisTech sur le thème “Le Grand Paris, une métropole agricole ?” afin d'ouvrir la réflexion sur l'agriculture urbaine.
Métropole du Grand Paris : les enjeux de l'agriculture urbaine

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Cette première rencontre a fait salle comble dans le grand amphithéâtre d'AgroParisTech. Plus de 200 personnes étaient présentes pour écouter un panel d'experts décrypter un phénomène dont on parle beaucoup en ce moment : l'agriculture urbaine. En France, les attentes des consommateurs en matière d'alimentation se transforment.

« Aujourd'hui, il y a ce besoin de maîtriser ce que l'on mange. Les produits alimentaires sont difficilement traçables. Les produits bio ou locaux ne sont pas si fréquents et chers », explique Maxime Zucca, chargé de mission à l'Agence régionale de la biodiversité en Ile-de-France.

« Une des solutions, c'est d'en cultiver soi-même pour être certain d'avoir des produits de qualité car on maîtrise la chaîne de production du début à la fin », poursuit-il. Les consommateurs accordent davantage d'importance à l'origine des produits et à leurs conditions de production. Pour toutes ces raisons l'agriculture urbaine a le vent en poupe.

Animée par Gilles Trystram, directeur général d'AgroParisTech, Florence Berthout, maire du 5e arrondissement et conseillère métropolitaine, Patrick Ollier, président de la métropole du Grand Paris, Maxime Zucca, chargé de mission à l'Agence régionale de la biodiversité en Ile-de-France, Jean Michel Roy, historien et ethnographe, Christine Aubry, chercheur à l'INRA/AgroPariTech, Rémi Janin, éleveur et paysagiste, Daniel Breuiller, vice-président de la métropole du Grand Paris, la conférence inaugurale des rencontres agricoles du Grand Paris a mis en lumière les enjeux de l'agriculture urbaine.

L'agriculture urbaine et les circuits courts

« Il est important de se demander quel est notre avenir, car c'est celui de nos enfants », introduit Florence Berthout, maire du 5e arrondissement.

« Nous développons les toitures végétales, les jardins pédagogiques, une expérience de potager sur le toit d'AgroParisTech. Nous avons également un projet qui est en train de voir le jour au-dessus de la Sorbonne », poursuit-elle. L'agriculture urbaine et les circuits courts sont une nécessité pour « réduire notre empreinte carbone ».

Florence Berthout, maire du 5ème arrondissement et conseillère métropolitaine, lors de son discours d'allocution à AgroParitech.

Selon le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, est considéré comme un circuit court « un mode de commercialisation des produits agricoles qui s'exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte, à condition qu'il n'y ait qu'un seul intermédiaire ».

Florence Berthout souhaite développer le maraîchage bio pour obtenir « tout le volet sur lequel nous avons plus de difficulté à nous fournir ». Un projet en ce sens, à l'initiative d'un de ses collaborateurs, a été retenu dans le cadre d'un appel à projet de la ville de Paris.

Patrick Ollier, ambitionne quant à lui de mettre en place « un système à l'échelle métropolitaine : Métropole mange propre ». L'objectif étant de développer une agriculture urbaine respectueuse de l'environnement.

« Il y a un énorme besoin de relocaliser la production alimentaire »

Selon Christine Aubry, le premier enjeu de la métropole du Grand Paris consiste à « relocaliser la production alimentaire ».

Les consommateurs réclament de plus en plus de produits locaux.

« Le développement des circuits courts répond à cette demande de produits locaux », explique Christine Aubry, chercheur à l'INRA/AgroPariTech.

Relocaliser la production implique la transformation et la distribution des produits.

« Il y a un énorme enjeu de transformation des produits de l'agriculture périurbaine. Nous sommes dans une région dans laquelle on produit très largement par rapport à ce que l'on consomme, sauf que l'organisation des marchés n'est pas toujours traçable ». Pour faire parfaitement comprendre à son auditoire cette idée, Christine Aubry prend un exemple de vie quotidienne.

« Quand vous achetez votre pain chez le boulanger, vous ne savez pas toujours si la farine vient d'Ile-de-France ». Selon Christine Aubry, les exploitants agricoles doivent« produire dans la métropole du Grand Paris », pour éviter l'absence d'information sur l'origine des produits alimentaires.

Nouveau mode de production

« Il faut renforcer les liens avec l'agriculture périurbaine en utilisant des nouveaux outils », déclare Christine Aubry. « Ces outils doivent permettre de sécuriser les débouchés, amener les agriculteurs à obtenir des contrats intéressants », rassure la spécialiste de l'agriculture urbaine. Les technologies et les innovations modifient en profondeur les pratiques agricoles.

Entre 2013 et 2015, le ministère de l'Agriculture a constaté une augmentation de 110 % de l'utilisation d'applications professionnelles par les agriculteurs possédant un smartphone. Les agriculteurs sont connectés et n'hésitent pas à utiliser les nouvelles technologies dans le cadre de leur activité.

C'est le cas notamment de l'entreprise française Agricool qui produit et commercialise des fruits et des légumes cultivés en ville dans des containers appelés “Cooltainers” par la start-up. « Un projet comme Agricool est un modèle qui peut être économiquement viable. C'est de l'agriculture urbaine de précision. Mais on s'éloigne du lien avec la nature. Nous sommes sur un nouveau mode de production alimentaire 3.0 », déplore Maxime Zucca.

Les enjeux éducatifs et sociaux

« C'est très important pour les habitants de la métropole du Grand Paris d'apprendre ou de réapprendre l'origine des aliments. C'est une manière de reconnecter les urbains avec le métier d'agriculteur », explique Christine Aubry.

L'agriculture urbaine permet de recréer du lien social. On a un intérêt énorme, que ce soit pour les bailleurs sociaux ou les institutions, de faire des micro-fermes ou des jardins associatifs », poursuit-elle. Le jardin associatif est un jardin rural ou urbain géré en commun par un groupe d'habitants, ayant pour objet de développer des liens sociaux de proximité par le biais d'activités sociales, culturelles ou éducatives.

Tandis qu'une micro-ferme qui a vocation à répondre aux besoins alimentaires des communautés locales, tout en contribuant à régénérer l'environnement. Les habitants peuvent s'en occuper collectivement, ce qui contribue à renforcer le lien social. La demande de services culturels et éducatifs est en forte croissance.

« Lorsque l'on végétalise un toit, on retient entre 75 à 90 % de l'eau »

L'agriculture urbaine représente des enjeux environnementaux pour la métropole.

« On a des intérêts en termes de régulation hydrique. Lorsque l'on végétalise un toit, on retient entre 75 à 90 % de l'eau », affirme Christine Aubry.

« Nous sommes dans un îlot de chaleur urbain », ajoute-elle avant d'expliquer que l'agriculture urbaine présente aussi des intérêts pour la régulation thermique. L'intervenante annonce que son équipe est en train de travailler sur un projet de « valorisation agricole de l'urine ».

« La valorisation des déchets urbains » et « le compostage des déchets organiques urbains » font partie des enjeux environnementaux prioritaires que la métropole du Grand Paris doit prendre en compte.

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