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Métropole d'intelligences : 131 communes en réseau

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Métropole d'intelligences : 131 communes en réseau
© A.P. - Le robot Pepper fait l'accueil à la mairie du XVe.

« Nous allons investir 2 millions d'euros dans l'innovation ouverte et créer une plateforme pour échanger les bonnes pratiques », a expliqué Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, lors du tout premier colloque organisé par la Métropole sur la logistique urbaine, qui s'est tenu dans la salle des fêtes de la Mairie du XVe arrondissement.

A la pointe de la technologie, notamment avec le deuxième plus grand incubateur de la capitale situé dans l'écoquartier Boucicaut et un accueil high-tech à la mairie avec le célèbre robot humanoïde Pepper de Softbank robotics (ex Aldébaran), le XVe était le lieu idoine pour un événement destiné à construire une métropole moderne qui sait utiliser les technologies à bon escient.

La réflexion sur les contours et les limites de l'utilisation de l'IA et du Big data dans les villes était au cœur des débats.

Philippe Goujon, maire du XVe arrondissement, s'est dit très fier d'accueillir ce « grand événement qui fera date dans l'histoire des smart cities ».


Daniel-Georges Courtois, Patrick Ollier et Philippe Goujon ont lancé l'événement. © A.P.

Grâce à un écosystème exceptionnel abritant une « Sillicon Valley dans le sud-ouest du XVe », dixit Philippe Goujon, la mairie est la première d'Europe à s'être dotée des technologies suivantes : robots, imprimantes 3D, smart lighting rue Bourdelle, mais aussi l'arrivée prochaine d'un chatbot à la mairie et le développement d'un projet innovant de logistique urbaine porte Brancion.

Après une matinée réservée aux agents des collectivités de la Métropole du Grand Paris (MGP), l'après-midi s'est déroulé autour d'une table ronde consacrée aux « communes du Grand Paris à l'ère du Big data », d'un petit salon de l'innovation numérique permettant aux acteurs de Grand Paris Métropole Tech de présenter leurs solutions, et surtout d'un meet-up « innovons avec la Métropole » avec huit ateliers simultanés (logistique, tiers lieux, bâtiments intelligents…).

Ouvert par Patrick Ollier, Philippe Goujon et Daniel-Georges Courtois, vice-président de la Métropole en charge du numérique, cet événement a montré que la Métropole s'impose en fer de lance du mouvement de transition numérique urbaine.

La présence de nombreux élus (maires, députés), agents de collectivités, start-up, PME et grands groupes innovants franciliens, témoigne de l'importance et du potentiel économique du sujet de la smart city.

Patrick Ollier a souhaité organiser ce colloque « audacieux et courageux » pour « démarrer le chemin numérique métropolitain ». Une étape importante pour faire germer des idées et anticiper la logistique urbaine du futur. La MGP ambitionne ainsi d'être un « accélérateur de bonnes idées ».

Sans avoir la prétention de tout résoudre et de faire mieux que les collectivités, la métropole souhaite simplement agir pour le développement urbain.

« Notre premier souci est la mise en réseau des 131 communes », a souligné Patrick Ollier.

Après être revenu sur le concours Inventons la métropole du Grand Paris (lire encadré), ce dernier a développé les projets menés par la MGP. « On va dès à présent investir 2 millions d'euros dans l'innovation ouverte au sein de la Métropole pour faire en sorte de démontrer notre utilité pour les collectivités locales », a-t-il annoncé. D'ailleurs, la MGP participera au salon VivaTech en mai prochain.

« Nous sommes en train de réfléchir à la mise en place d'un service de maquette en 3D des différentes villes pour proposer aux membres de la Métropole d'avoir accès à cette maquettisation pour permettre la mise en place de plans de circulation, de caméras de vidéo surveillance, l'organisation des carrefours etc. », a-t-il donné comme exemple.

Inventons la métropole du Grand Paris

La MGP a lancé un appel à projets pharaonique d'urbanisme et d'aménagement représentant plus de 7 milliards d'euros d'investissements.

Patrick Ollier, Michel Cadot, préfet de la Région d'Île-de-France, préfet de Paris, et Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris, ont dévoilé cet automne, en présence d'Anne Hidalgo, la liste des lauréats des 51 sites de l'appel à projets « Inventons la Métropole du Grand Paris ».

Cette consultation, en termes d'urbanisme et d'aménagement, est la plus importante d'Europe. Lancé il y a plus d'un an, l'appel à projets a suscité une immense mobilisation. En quelques mois, 420 candidatures ont été reçues.

Elle a permis de sélectionner 51 sites, proposés par les maires de la Métropole du Grand Paris, sur les 153 groupements finalistes auditionnés du 18 septembre au 13 octobre 2017.

« Les maires ont saisi l'initiative de cette grande consultation. Les promoteurs, les investisseurs, les architectes, les start-up et les représentants de la société civile ont joué le jeu de cet appel à projets. Le marché a répondu au-delà de nos espérances. Les projets, qui représentent 7,2 milliards d'euros d'investissements privés, vont profiter à des centaines de milliers d'habitants du Grand Paris, que ce soit en matière de logement ou d'accès à l'emploi, à la formation et aux loisirs », selon Patrick Ollier.

« La métropole est chargée de mettre en œuvre l'élaboration d'un schéma numérique à horizon 2024 », a souligné Daniel-Georges Courtois.

L'ambition affichée est « d'apporter un plus aux citoyens en développant les bonnes pratiques en matière numérique ». La MGP essaye ainsi d'être associée à un Programme d'investissements d'avenir (PIA) concernant l'innovation digitale. De nombreuses questions sont en jeu : la voirie, la commande publique, les actes d'état civil, la gestion de l'énergie...

« Le seul garde-fou de notre imagination est notre propre morale », a ajouté Philippe Goujon, enthousiaste.

Un débat dynamique, organisé en 4 séquences, a tourné autour des enjeux de la donnée, sa collecte, son ouverture, sa gestion et sa valorisation. Les quatre intervenants ont débattu du passage de l'Open data au traitement de la donnée, et des enjeux de transformation numérique des territoires, d'expérimentation et de passage à l'échelle mais aussi de souveraineté et de gouvernance à l'échelle métropolitaine.

« Préparez-vous au départ, prochain arrêt : l'innovation ! » a scandé le petit robot Nao (photo ci-contre), introduit par Philippe Goujot, ravi de l'arrivée des humanoïdes dans sa mairie ainsi que dans chacune des 60 écoles primaires du XVe, dès septembre prochain.

Luc Belot, ancien député auteur du rapport parlementaire sur la smart city (lire encadré), rapporteur de la loi pour une République numérique, a expliqué qu'il fallait passer d'une logique de maîtrise d'ouvrage à celle de maîtrise d'usage. « L'enjeu est de comprendre comment les usagers interagissent avec le numérique ».

Il faut ainsi sortir des politiques en silos, notamment grâce à une impulsion au niveau national. « Le vrai enjeu est de poser une transversalité à la fois dans le pilotage des politiques publiques et dans le management interne », selon lui.

Il y a urgence car les usages numériques sont déjà là. « On parle toujours des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, ndlr), mais demain ce sera les BATXI (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, ndlr) », a averti l'expert.

Eric Legale, directeur d'Issy Média, société d'économie mixte chargée de la communication et des technologies de l'information de la ville d'Issy-les-Moulineaux, a partagé son retour d'expérience sur les nombreux travaux réalisés dans cette commune alto séquanaise 2.0.

Par exemple, le portail numérique de la ville met en ligne 166 jeux de données dont le budget et le rapport financier, open data des places de parking disponibles, expérimentation ‘so mobility' sur la circulation…

« Il y a un virage à prendre par les collectivités », car l'utilisation et la collecte de données sont « utiles pour piloter les politiques publiques », selon Céline Faivre, Chief digital officer (CDO) et directrice des affaires juridiques de la région Bretagne.

Pour cette juriste, qui « rêve d'expérimenter la blockchain sur la commande publique », les outils digitaux et l'analyse prédictive peuvent être bénéfiques au service public. « A la différence des GAFAM, nous avons la confiance des usagers » ainsi que la possibilité de produire des services utiles à moindre coût sur des territoires d'ampleur.

Une réflexion partagée par Jean-Marie Bourgogne, délégué général d'OpenDataFrance, qui déplore qu'il y a aujourd'hui uniquement 300 collectivités territoriales en Open data sur les 4000 acteurs potentiels. Pourtant, la culture française de la transparence est portée par la République depuis des siècles. Son association créée en 2013 travaille sur l'accès, l'agrégation et l'interopérabilité des données afin qu'elles soient réutilisées pour créer des services.

OpenDataFrance lancera le 21 mars, avec le soutien de la Caisse des Dépôts et d'Etalab, l'Observatoire open data des territoires. Une mine d'or pour le projet de la MGP.

Des rapports sur l'ubérisation des services publics


Le robot Pepper assure l'accueil à la mairie du XVe arrondissement de Paris. © A.P.

Elus et haut fonctionnaires ont récemment réfléchi à la possibilité d'utiliser les nouvelles technologies digitales au service de l'intérêt général.

Le député Luc Belot a été chargé par le Premier ministre d'une mission sur la ville intelligente et les opportunités qu'elle peut apporter aux services publics ainsi qu'aux entreprises. Dans le rapport De la smart city au territoire d'intelligence(s) - L'avenir de la smart city, publié en avril dernier, l'édile expose ses propositions en 140 pages. Pour que les « smart cities » se développent au profit de tous, l'auteur estime qu'il faut réaffirmer le rôle des collectivités territoriales comme tiers de confiance, garantes de l'égalité et créatrices de lien social.

Il propose entre autres de doter les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) d'une compétence sur la donnée, de redonner une compétence économique aux EPCI pour leur permettre d'accompagner les innovations territoriales, de réduire le risque juridique de la commande publique, de favoriser les mutualisations entre collectivités, et de former le personnel public.

Par ailleurs, l'étude annuelle 2017 du Conseil d'Etat était intitulée Puissance publique et plateformes numériques : accompagner l'"ubérisation". Ce rapport s'efforce d'analyser de manière globale les transformations du monde que révèlent les plateformes numériques et formule 21 propositions.

Après deux précédentes études, la première en 1998 intitulée « Internet et les réseaux numériques », et la deuxième sur « Le numérique et les droits fondamentaux » en 2014, le Conseil d'État poursuit sa réflexion sur l'évolution des politiques publiques du numérique, en s'attachant cette fois-ci à l'ébranlement des économies et des modèles sociaux traditionnels qui est en cours.




Anne MOREAUX
Journaliste

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