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Medef : Qui succèdera à Pierre Gattaz ?

Les neuf candidats à la présidence du Medef ont confronté leurs programmes à l'occasion du conseil d'administration du Medef Ile-de-France, fin mars.
Medef : Qui succèdera à Pierre Gattaz ?
© A.P.

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Le nouveau président du Medef sera élu le 3 juillet par l'Assemblée générale de l'organisation, composée de 591 membres dont 560 votants, pour un mandat de cinq ans non renouvelable. Neuf candidats sont actuellement engagés dans la compétition. La liste des candidats peut cependant s'allonger jusqu'au 3 mai, date de la fin des dépôts de candidatures. Pour le moment, les candidats à la présidence du Medef sont :

  • Pierre Brajeux, président du Medef Hauts-de-Seine
  • Dominique Carlac'h, présidente du Comité Sport du Medef
  • Olivier Klotz, président du Medef Alsace
  • Fabrice Le Saché, administrateur du Medef International
  • Patrick Martin, président du Medef Auvergne-Rhônes-Alpes
  • Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France
  • Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du Medef
  • Alexandre Saubot, président sortant de l'UIMM
  • Jean-Charles Simon, ancien directeur général délégué du Medef

à l'occasion du conseil d'administration du Medef Ile-de-France organisé récemment au Club des entrepreneurs, les candidats ont eu cinq petites minutes chacun pour présenter les grandes lignes de leur programme. Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro était chargé d'animer cette table ronde et d'assurer le respect du temps de parole. L'autorité du « maître du temps » a néanmoins été mise à mal par Alexandre Saubot et Jean-Charles Simon.

Des parcours variés, des grands objectifs similaires

Pierre Brajeux et son « Medef de conquête »

Pierre Brajeux est diplômé de Sciences-Po (Institut d'études politiques de Paris, section économique et financière), de l'Université de Cambridge, de la Chambre de commerce franco-britannique et titulaire d'une maîtrise de droit des affaires (Université de Paris II-Assas). à la tête d'une société de sécurité privée depuis 30 ans, dont le siège social est installé à La Garenne-Colombes, il est aussi colonel de réserve de la Gendarmerie nationale. Il se présente comme un « homme de conviction, d'implication et d'engagement ».

Le président du Medef Hauts-de-Seine entend passer « d'un Medef de combat à un Medef de conquête ». Sa vision pour l'avenir repose sur la conquête de légitimité, d'utilité, d'indépendance financière, de liberté pour les entreprises, sur une conquête dans l'ambition et dans la vision. « Nous devons débattre tous ensemble très librement, de l'intelligence artificielle, de l'Europe, de nos relations avec l'Afrique, débattre de toutes les stratégies pour nos entreprises et notre pays », déclare-t-il. Cette vision du Medef de demain implique de passer d'un Medef institutionnel à un Medef d'entreprise. Il rappelle que « le Medef n'est qu'un outil. Sans agilité et sans efficacité, nos idées sont inopérantes. »

Dominique Carlac'h et son « Medef 4.0 »

Diplômée de Sciences Po et d'HEC Paris, et ancienne athlète de haut niveau, elle fonde et dirige depuis plus de
25 ans D&Consultants. Elle est également présidente de l'Association des conseils en innovation. En mars 2017, elle a parcouru en raquettes 60 km, en moins de 30 heures. Dès le début de son intervention, elle explique : « Lorsque l'on est dans une compétition comme celle d'aujourd'hui, on est dans l'excellence. Donc une question se pose : où se trouve le supplément d'âme ? Voilà le sens de ma candidature. ». Seule femme parmi tous les candidats, elle présente une candidature « ancrée dans la sincérité et dans l'engagement ».

Dominique Carlac'h croit aux territoires de compétitivité. Selon elle, il faut s'appuyer sur les spécificités territoriales pour engendrer des « territoires de compétitivité » en favorisant l'effet d'entraînement de « meutes régionales » et en privilégiant des plans d'actions réguliers pour attirer de nouveaux investissements industriels en région. Elle souhaite, entre autres, placer la performance et l'innovation au cœur des filières, réfléchir à la place des hommes et femmes au sein des entreprises et à compétitivité interne, en innovation managériales. Ensuite, elle souligne la nécessité de rénover l'organisation du Medef, pour l'ajuster à l'économie 4.0, « pour le rendre plus agile, pour le rendre plus collaboratif, plus efficient ».

Olivier Klotz, et son “Medef d'influence”

Il obtient, en 1984, le diplôme de l'Institut européen d'études commerciales supérieures Strasbourg, et prend la direction de la filiale d'une entreprise industrielle allemande en France en 1992. Il a travaillé en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient et est également juge consulaire depuis 2007. Il est pour un Medef d'influence plus qu'un Medef de gestion.

Pour Olivier Klotz, le nombre abondant de candidat à cette élection présidentielle est un signe de « dynamisme démocratique »,
mais aussi « d'un malaise au sein du mouvement ». Il constate qu'un certain nombre de chefs d'entreprise se plaignent d'un mouvement trop parisien. Il souhaite rendre leur fierté aux patrons, en recentrant le Medef sur sa fonction de représentation économique et politique des entreprises auprès des Pouvoirs publics. Sa candidature s'appuie sur deux autres fondements : la signature d'un Pacte de stabilité réglementaire pour le quinquennat avec le gouvernement et la sortie du paritarisme de gestion.

Fabrice Le Saché, pour un Medef plus engagé

Venant d'une famille aux racines industrielles de Troyes, il suit un cursus aux Etats-Unis, en Californie, après l'obtention de diplômes en relations internationales à la Sorbonne et en droit international à l'Université Panthéon-Assas. Il est à la tête de l'Aera Group, leader en ingénierie sur le continent africain. Il rappelle qu'il est un entrepreneur à la tête de sa TPE de cinq salariés, partisan d'un lobbying renforcé.

Le premier défi selon ce candidat, c'est l'attractivité, « être plus attractif, c'est être plus influent ». Ensuite, il souhaite un dialogue social de plus en plus décentralisé. L'administrateur du Medef International revient également sur la nécessité de régénérer le paritarisme et sur l'optimisation de l'influence du Medef. Il milite pour un Medef plus utile aux entreprises, plus engagé dans le débat public et ouvert sur la société. Pour Fabrice Le Saché, il est crucial que le Medef assume sa posture de service. Il faut également avoir recours à un lobbying renforcé, aussi bien à l'échelle européenne que locale. Il souligne que
« ce n'est pas qu'une question sociale, c'est aussi une question d'infrastructure locale ».

Patrick Martin et un Medef à oxygéner

Diplômé de Sciences Po Paris et de l'Essec, il a rejoint l'entreprise familiale en 1987, dont il est aujourd'hui le président. Le chiffre d'affaires de cette société a été multiplié par 14 en 30 ans. Il propose d'oxygéner le Medef, en l'ouvrant aux nouvelles générations d'entrepreneur et aux outils de l'époque.

Il débute sa présentation en expliquant « Le Medef est une organisation unique, interprofessionnelle et territorialisée, utile à nos entreprises. Mais nous sommes face à une révolution économique, écologique, numérique, politique, il faut donc réinventer notre doctrine ». Le choix du futur président se fondera selon lui sur l'authenticité, la représentativité et

représentativité et la détermination du candidat. Il évoque notamment les contraintes financières qui pèsent sur les entreprises françaises. Pour Patrick Martin, il faut continuer à peser sur les Pouvoirs publics et travailler à la baisse des impôts de production.

Frédéric Motte, et son “Medef Think-tank”

Diplômé d'école de commerce, il passe plusieurs années dans le secteur bancaire. Il ouvre l'agence lilloise de la Banque du Louvre et est ensuite appelé à diriger le département privé de la banque belge Kredietbank. Puis, il hypothèque sa maison et crée son entreprise, Cèdres Industries, en 1996. Il est aussi lieutenant de réserve. Son programme comprend un double objectif : faire en sorte que tous les types d'entreprises arrivent à travailler ensemble et améliorer la représentation des territoires.

Cette candidature s'appuie sur 20 années d'expérience. Le président du Medef Hauts-de-France mentionne qu'il connaît les préoccupations des chefs d'entreprise et l'enjeu de l'animation des entreprises dans les territoires. Il dit avoir confiance en l'entreprise, comme pilier d'insertion, d'innovation et confirme la nécessité de transformer le Medef.

Son ambition peut se traduire en trois lettres « R-T-E » : Rassemblement, Transformation, Engagement. Ce candidat croit en l'utilité des corps intermédiaires mais estime qu'ils doivent se réinventer et que le paritarisme doit aussi se renouveler. Il milite pour un Medef-think tank pour les entrepreneurs, un Medef accueillant “plus et mieux” les jeunes, les femmes, et la diversité.

Geoffroy Roux de Bézieux, et son Medef de proposition

Il est diplômé de l'ESSEC et Paris Dauphine. Il crée en 1996 The Phone House, et fonde récemment Notus Technologies (2014). Pour lui, il faut revoir la gouvernance, la représentativité et la communication.

Il réitère la remarque déjà formulée lors de la clôture de l'Université du numérique du Medef : on assiste à une transition technologique très forte. Dans ce contexte, le vice-président délégué du Medef souligne que
« C'est une révolution du travail qui est en cours ». « Si on ne se transforme pas, on va disparaître » ajoute-t-il. Pour lui, le Gouvernement actuel, en allant plus vite que les organisations syndicales, prive le Medef d'oxygène. Il propose dont de passer d'un Medef de combat à un Medef de proposition. Concernant le paritarisme de gestion, le candidat considère qu'il faut proposer un nouveau partenariat social aux syndicats. Il estime également que le Medef devrait être financé à 100% par des cotisations. Enfin, le programme de Geoffroy Roux de Bézieux se concentre sur la communication. Le Medef doit, selon lui, « incarner les entrepreneurs » et « faire la pédagogie de l'économie ».

Alexandre Saubot et un Medef qui ne négocie plus

Polytechnicien, il a travaillé en cabinet ministériel, au ministère de la Culture et de la Communication. Puis il intègre l'entreprise familiale de 1 500 salariés, et en prend la direction opérationnelle en 2004. En trois ans, le chiffre d'affaires de cette société passe de 250 millions à
650 millions d'euros. Il a démissionné de tous ces autres mandats. Ce candidat entend réconcilier la France et l'entreprise.

Il s'adresse aux membres du Medef en « Homme libre affranchi de toutes ses responsabilités ». Lui aussi évoque un excès de règles, d'impôts et de normes sociales, et estime que c'est un « moment crucial pour agir ». Selon le président sortant de l'UIMM, sa candidature s'inscrit dans deux défis : le Medef doit gagner la confiance des Français d'une part, et se transformer face à la donne politique.

Pour relever ces défis, il propose trois idées. Tout d'abord, il considère qu'il faut revoir le rôle de la négociation interprofessionnelle, et s'opposer à la fois à toute perspective de négociation, ainsi qu'à la pratique de la négociation encadrée. Ensuite, le candidat, lui aussi, propose de recentrer la participation au paritarisme. Enfin, il souhaite bâtir un Medef qui s'engage, « sur l'apprentissage, le handicap, l'égalité hommes femmes ».

Jean-Charles Simon, et sa “maison commune des entreprises”

Diplômé de l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique et de Sciences Po, il occupait des fonctions au sein de la Fédération française de l'assurance avant de devenir directeur des Affaires publiques et économiques chez Groupama. Il fonde Stacian, entreprise spécialisée dans les données,
la statistique et l'analyse économique, en 2013. Il a également été enseignant
à Sciences Po et intervient fréquemment sur BFM Business. Il veut favoriser l'immersion en entreprises pour les magistrats, les avocats, les enseignants et les journalistes.

L'ancien directeur général délégué du Medef insiste sur la responsabilité du Medef dans le modèle social. « C'est à cause du social que la France dépense plus », « le Medef est une forme de caution, voire un complice ». Il souhaite engager une transformation en profondeur du modèle social : redonner des responsabilités aux entreprises et aux individus. Selon lui, il est essentiel de se rassembler, le Medef devant devenir une maison commune des entreprises. Un objectif : « remettre les entreprises au cœur de nos préoccupations et de nos missions ».

Les candidats ayant évoqué une multitude de mesures communes, comme
la nécessité de réforme du Medef, la baisse des charges, la simplification du cadre législatif, la réorganisation du paritarisme, la question de la diversité et de l'égalité femmes-hommes, certains participants ont regretté l'absence d'un consensus, d'un accord sur un programme commun.

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