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Medef : « Nos entreprises ont une envie d'Europe »

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Medef : « Nos entreprises  ont une envie d'Europe »
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Le Medef a récemment lancé sa campagne « Merci l'Europe », avec le soutien du Parlement européen. Le syndicat patronal souhaite «démystifier l'Europe », et ainsi faire baisser le taux d'abstention qui a atteint les 56 % aux élections européennes de 2014.

Alors qu'il l'avait annoncée lors de la dernière Université d'été du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, entouré des co-présidents de la commission Europe et International du Medef, Viviane Chaine-Ribeiro et Bernard Spitz, a lancé la campagne
« Merci l'Europe ». Les élections européennes approchant, le syndicat patronal entend mieux inclure les entrepreneurs dans le processus politique européen.

Pourquoi remercier l'Europe

« Le modèle social et les valeurs de l'Union européenne composent un espace de liberté et de prospérité sans équivalent » explique le Medef. Mais ce « european way of life est menacé », assure Markus Beyrer, directeur général de BusinessEurope, présidée depuis juillet dernier par Pierre Gattaz.

Le lancement de « Merci l'Europe » était également l'occasion de présenter les résultats d'une étude réalisée par OpinionWay pour le Medef. L'institut de sondage a interrogé plus de 600 chefs d'entreprise. Parmi les enseignements, un point encourageant pour le syndicat patronal : 62 % des dirigeants interrogés considèrent que l'appartenance de la France à l'UE est une bonne chose. Les chefs d'entreprise français sont d'ailleurs plus enthousiastes à l'idée de s'inscrire dans l'UE que l'ensemble de la population (42 % des Français estiment que c'est une bonne chose, selon une étude effectuée par OpinionWay pour Le Figaro/LCI, en 2014).

En revanche, lorsqu'il s'agit de l'appartenance de leur entreprise à l'UE, les avis sont bien plus mitigés. Seulement 34 % des chefs d'entreprise estiment que c'est une bonne chose, et plus de la moitié d'entre eux
(58 %) ne se prononcent pas
(« une chose ni bonne ni mauvaise »). La taille de l'entreprise est un facteur de variation, puisque
66 % des dirigeants d'entreprise de plus de dix salariés considèrent que l'appartenance de l'entreprise à l'UE est positive, contre seulement 32 % des dirigeants d'entreprise de zéro à neuf salariés.

Le programme Erasmus arrive largement en tête des initiatives de l'UE les plus appréciées
(87 % des dirigeants estiment que c'est une bonne chose), suivies par la négociation d'accords commerciaux avec les autres pays du monde (65 %), la création d'un marché économique commun (64 %) et la construction d'une monnaie unique
(63 %). « La création d'une culture commune, c'est ce qui est le plus apprécié », relève Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d'OpinionWay.

« La bonne nouvelle, c'est qu'une grande majorité des chefs d'entreprise sont pro-européens », constate le président du Medef. Mais cette étude met en lumière des interrogations, auxquelles la campagne « Merci l'Europe » tente d'apporter des réponses.

Démystifier l'Europe

Les intervenants s'accordent à dire que le processus démocratique européen est encore mal connu. Pourtant, les enjeux des élections du 26 mai prochain (« un seul jour, un seul tour » rappelle le Medef) sont majeurs : l'élection du Parlement européen marque le début d'un renouvellement de la vie politique européenne. Suivront une nouvelle Commission européenne, un nouveau président de la Banque centrale européenne, un nouveau président du cConseil et une nouvelle période budgétaire. De plus, ces élections post-Brexit permettront aux citoyens français de choisir 79 députés sur 705. « Il faut rappeler que, dans les décisions qui sont prises, chaque voix compte », souligne Viviane Chaine-Ribeiro.

« Nos entreprises ont une envie d'Europe », constate la co-présidente de la commission Europe et International du Medef, rappelant les résultats de l'étude d'OpinionWay. Les dirigeants d'entreprise européens saluent les apports de l'UE comme l'unité européenne, la paix, ou encore le développement économique. « Mais en même temps, nos entreprises ont une certaine méconnaissance des atouts de l'Europe et de son fonctionnement » , insiste-t-elle, ajoutant que huit de nos dix plus grands partenaires commerciaux sont européens.

« Dans ce contexte, le Medef doit prendre ses responsabilités », déclare Viviane Chaine-Ribeiro. Parmi les différents objectifs : rapprocher l'Europe des territoires, faire mieux connaître les opportunités du marché unique, pour mieux accéder aux financements européens. « Les régions ne consomment pas tous les crédits qui leur sont alloués, c'est une aberration, soit par méconnaissance, soit parce que les entreprises ont peur de s'engager », rappelle-t-elle.

Cette initiative engagée par le Medef est soutenue par le Parlement européen, et saluée par des acteurs syndicaux européens comme BusinessEurope. Isabelle Coustet, cheffe du bureau de liaison du Parlement européen en France, est revenue, à cette occasion, sur les aspects techniques des élections européennes. « Le Parlement européen est un législateur très puissant (…). Il va aussi participer au choix du président de la Commission européenne et c'est cette élection qui débute la répartition des postes dans les institutions européennes » explique-t-elle.

« Les messages doivent être passés dans les pays membres, c'est pour cela qu'il est vraiment crucial que nos membres se mobilisent », considère Markus Beyrer, directeur général de BusinessFrance, saluant une campagne inspirante pour le syndicat patronal européen.
« On est convaincus que notre façon de vivre est la meilleure
(« the european way of life is the best in the world »), (…) mais il est menacé », ajoute Markus Beyrer, qui se joindra au Medef pour rencontrer les adhérents et acteurs locaux dans les différentes villes françaises.

Nous sommes convaincus que la constitution de champions européens est indispensable.

Créer des champions européens

Dans cette étude, Geoffroy Roux de Bézieux identifie « un besoin de souveraineté ». Ce dernier cite trois exemples, qui illustrent selon lui une aspiration au renforcement de la défense économique européenne : la taxe GAFA, le sujet iranien et le Brexit, « qui montre en creux le poison de l'isolement ». Selon l'étude d'OpinionWay, 77 % des chefs d'entreprise sont favorables à la taxe, au niveau européen, des plateformes en lignes générant des revenus sur le territoire de l'UE. Une majorité d'entre eux (71 %) se placent en faveur du renforcement des instruments de défense commerciale communautaire.

« Nous sommes convaincus que la constitution de champions européens est indispensable », déclare le président du Medef. L'unité des Européens pour faire face aux grandes puissances mondiales est une problématique placée au cœur de la campagne « Merci l'Europe ». Selon le syndicat patronal, seule une Europe unie sera capable de lutter contre les puissances économiques chinoise, américaines, indiennes ou brésiliennes.

Durant la présentation de cette campagne, une question est soulevée, celle de la réglementation européenne. « Il est vrai que si on veut avoir des champions européens, il faut remettre en question la politique de concurrence », considère Bernard Spitz. Le Medef se prononce ainsi en faveur d'un ajustement des instruments de défense commerciale, notamment à l'encontre des pays qui ne respectent pas les règles d'un commerce loyal.

Autre mesure plébiscitée par les adhérents du Medef apparaissant dans l'étude sur les dirigeants d'entreprises et l'UE : la convergence des fiscalités pesant sur les entreprises. Geoffroy Roux de Bézieux regrette l'absence de progrès en la matière, rappelant que le taux d'imposition des sociétés en France atteignait 30 % selon la taille des entreprises.

Une campagne qui se veut innovante

Viviane Chaine-Ribeiro a insisté sur les enjeux de ces élections, avant de rappeler que l'action du Medef ne s'arrêtera pas au scrutin, mais ira bien au-delà. La campagne « Merci l'Europe » est protéiforme, comportant une étude, un film (250 témoignages d'entrepreneurs) accessibles en ligne, des rencontres avec les adhérents (à Nice, Rouen, Rennes, Lyon, Marseille ou encore Lille), mais également avec les responsables politiques.

Un « kit d'information » est également disponible en version numérique, dans le cadre de cette campagne, contenant des piqures de rappel sur le fonctionnement des institutions européennes.




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