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Matthias Fekl, de la politique au barreau

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Matthias Fekl, de la politique au barreau
© A.P. - Matthias Fekl, ancien secrétaire d'Etat au Commerce extérieur et ancien ministre de l'Intérieur, vient de prêter serment au barreau de Paris.

Rencontre avec Matthias Fekl, ancien ministre qui vient de prêter serment et d'intégrer le cabinet KGA Avocats.

Affiches Parisiennes : Magistrat administratif de formation, pourquoi vous êtes-vous tourné vers le barreau plutôt que la magistrature ?

Matthias Fekl : J'ai beaucoup aimé être magistrat, mais j'ai aussi ressenti l'envie de me lancer dans un nouveau défi professionnel, après plusieurs années totalement consacrées à l'engagement et à la vie publique.
C'est, d'une certaine manière, un retour aux sources, puisque j'ai commencé mon parcours professionnel comme magistrat, en enseignant le droit à Sciences-Po et aussi en publiant, avec Marie Sirinelli et Julien Sorin, un manuel de droit public.

A.-P. : Pourquoi avoir choisi le cabinet KGA Avocats ?

M.F. : KGA est un beau cabinet, dans la tradition des cabinets d'avocats français, de taille humaine, avec un « esprit maison », comme l'a voulu son fondateur, Théo Klein, et comme le perpétuent aujourd'hui François Klein et toutes les équipes. Je suis d'abord entré en contact avec ce cabinet par l'intermédiaire de l'un des associés de KGA, Marc Sénac de Monsembernard, que je connaissais depuis plus de quinze ans après avoir suivi ses cours de droit à Sciences-Po.
J'ai tout de suite apprécié les équipes, dès les premiers échanges, leurs qualités professionnelles et humaines. La diversité des profils (avocats de formation, anciens magistrats, directeurs juridiques, universitaires...) est un gage d'approches différentes et fructueuses, tant au contentieux qu'en conseil.

Un engagement politique sans faille

Âgé de 40 ans, Matthias Fekl est diplômé de Sciences-Po et ancien élève de l'Ecole normale supérieure et de l'ENA (promotion Romain Gary).
Après avoir été élu conseiller régional d'Aquitaine à 32 ans et député du Lot-et-Garonne à 34 ans, il a participé au Gouvernement de François Hollande en tant que secrétaire d'Etat en charge du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'Etranger entre 2014 et 2017, puis ministre de l'Intérieur en fin de mandat.

Toujours élu, il a récemment pris la présidence du groupe socialiste du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, le plus important avec 81 élus.
Son entrée au barreau n'influera pas sur son engagement politique local assure-t-il. D'ailleurs, de nombreux avocats ont une tradition de fort engagement dans la vie publique.

Cet engagement s'inscrit parfaitement dans l'histoire du cabinet KGA Avocats. « Sans doute ne sommes-nous pas les seuls sur la place de Paris à avoir cette caractéristique, mais KGA a une tradition de présence dans le débat public, ne serait-ce que par la pensée et l'action de son fondateur Théo Klein, qui fut président du Crif dans les années 80 », souligne Marc Sénac de Monsembernard, son « mentor » juridique.

A.-P. : Quels types de dossiers traiterez-vous ? Plutôt conseil ou contentieux ?

M.F. : Je ferai les deux, à l'image de l'ensemble du cabinet qui se caractérise, outre les fonctions de conseil, par une forte technicité contentieuse. Je travaillerai, d'une part, en droit public, d'autre part, sur le développement de l'activité internationale de nos clients.

A.-P. : Avez-vous envisagé d'aller exercer ailleurs en Europe ?

M.F. : Je suis né et ai grandi en Allemagne jusqu'à mes 18 ans et me sens profondément Européen. Je travaillerai beaucoup à l'étranger, en Europe et plus généralement à l'international, puisque je m'implique fortement sur le développement de l'activité internationale du cabinet.
A ce titre, je suis heureux d'accompagner des entreprises françaises de divers secteurs, y compris des PME et des ETI, dans leurs projets internationaux et aussi de conseiller des porteurs de projets étrangers qui veulent s'implanter dans notre pays. Dans le cadre de cette activité européenne et internationale, je mettrai bien sûr un focus particulier sur l'approche franco-allemande : l'Allemagne est un partenaire crucial pour nous et il y a encore beaucoup de potentiel.

A.-P. : En quoi votre expérience en tant que secrétaire d'Etat en charge du Commerce extérieur vous sera utile ?

M.F. : Je souhaite respecter scrupuleusement l'avis de la Haute Autorité de la Transparence de la Vie Publique, mise en place notamment pour prévenir les conflits d'intérêts, et ne me prévaudrai donc pas de mes fonctions publiques et gouvernementales dans le cadre de l'exercice de ma profession d'avocat.

A.-P. : Ne craignez-vous pas le conflit d'intérêts ou les soupçons ?

M.F. : Le soupçon est partout, c'est pour cela qu'il faut prévenir à tout prix les conflits d'intérêts. La Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique a bien sûr statué sur cette question en rendant un avis très détaillé. Chacun peut le consulter en ligne, il trace un cadre particulièrement précis et rigoureux.

A.-P. : Le barreau de Paris a-t-il une procédure particulière pour l'entrée d'une personnalité politique ?

M.F. : Je n'ai pas accédé au barreau par la voie qui existe pour certaines fonctions politiques mais par la procédure permettant aux magistrats administratifs de devenir avocats, en raison de leurs connaissances et de leur expertise juridiques. Je dois évidemment respecter les mêmes règles que l'ensemble des avocats, à quoi s'ajoute le respect de l'avis de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique.

A.-P. : Vous avez participé à un colloque dans le cadre de la Paris Arbitration Week, Paris, Place d'Arbitrage. Quels sujets avez-vous aborder ?

M.F. : Le thème était l'arbitrage d'investissement tel qu'il résulte de nombreux traités internationaux. J'ai donc exposé pourquoi le système contemporain est de moins en moins accepté par les opinions publiques dans de nombreux pays et tracerai des perspectives de réforme en Europe et dans le monde : la clarification des principales notions de l'arbitrage d'investissement, dont la définition parfois très générale donne lieu à des interprétations pour le moins extensives ; la mise en place de règles déontologiques strictes, notamment pour prévenir les conflits d'intérêts ; la transparence ; la perspective d'établir une cour publique multilatérale, sur le modèle de ce que l'on trouve dans d'autres domaines du droit international, notamment à l'organe des règlements des différents de l'Organisation mondiale du commerce.
La mondialisation se fait aujourd'hui massivement par le biais des flux d'investissements. La protection des investisseurs sert parfois de prétexte pour attaquer des intérêts publics supérieurs, en matière d'environnement, de santé, de services publics, etc. C'est pourquoi, dans une économie mondialisée, il faut être en mesure de faire prévaloir des règles publiques mondiales, élaborées de manière démocratique et transparentes et valables pour tous.

A.-P. : L'arbitrage est-il utilisé en droit public ?

M.F. : Pas de manière significative. La volonté de développer les modes alternatifs de règlement des litiges a été affirmée à plusieurs reprises, mais surtout en vue de désengorger les juridictions administratives ou de traiter des contentieux dans lesquels les questions juridiques à proprement parler ne sont pas centrales.

Inspiration droit public

Magistrat administratif de formation, Matthias Fekl a publié plusieurs articles de doctrine et a coécrit un manuel d'actualité du droit public.

« Cet ouvrage traite de l'actualité des dix dernières années sur les grandes thématiques du droit public, jurisprudence et lois, pour les étudiants, mais aussi pour les praticiens. La dernière réédition à laquelle j'ai participé date de 2014 », précise-t-il.

En plus d'avoir été conseiller des tribunaux administratifs de Paris et de Montreuil, il a également enseigné le droit public à Sciences-Po Paris et à l'IEP de Bordeaux.




Anne MOREAUX
Journaliste

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