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Magellan Partners, à la pointe du conseil en transformation digitale

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Magellan Partners, à la pointe du conseil en transformation digitale
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Magellan Partners, groupe de conseil en organisation et systèmes d'information, vient de lever 100 millions d'euros pour financer notamment une série d'acquisitions sur le marché du conseil et de la Tech française et européenne. Didier Zeitoun, président et l'un de ses cofondateurs trace les ambitions de cette ETI, bien décidée à prendre une place de plus en plus importante sur ce marché où la concurrence est vive.

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous présenter les activités de Magellan Partners ?

Didier Zeitoun : Nous avons créé Magellan Partners il y a 13 ans, avec Claude Aulagnon et Michel Hatiez. Nous assurons à la fois des missions de conseil en organisation et en management, en aidant les entreprises à adapter l'ensemble de leurs systèmes d'information aux nouveaux besoins et à la recherche de productivité. Concrètement, nous réalisons actuellement 145 millions d'euros de chiffre d'affaires. Entre 2014 et 2019, nous avons aidé les grandes entreprises, les ETI et les PME à faire leur transformation numérique, à adapter leur processus de travail et leur système informatique pour aller chercher davantage d'efficacité et plus de clients. Depuis septembre, après le début de la crise sanitaire, nous aidons ces mêmes grandes entreprises, ETI et PME à affronter le présent et le monde d'après. Nous constatons tout d'abord que les entreprises ont besoin de s'adapter très rapidement à la mise en œuvre du télétravail. C'est une réalité. Les entreprises ont généralisé un ou plusieurs jours de télétravail par semaine et cela bouleverse l'organisation du travail, les processus de travail, la façon de le distribuer et de le contrôler. Aujourd'hui et pour un certain nombre d'années, nous sommes sur un accompagnement des entreprises-clientes, en mode accéléré, pour les aider à s'adapter à cette nouvelle façon de travailler.

A.-P. : Dernièrement, vous avez effectué une levée de fonds importante qui devrait vous permettre de mettre en place une stratégie d'acquisition externe…

D. Z. : Depuis 13 ans, nous avons autofinancé notre développement en croissance organique et en croissance externe. Sur les trois dernières années, nous avons également travaillé avec notre banque historique qui nous accompagne. Aujourd'hui, nous avions besoin d'un partenaire financier pour accélérer notre développement. D'abord en croissance organique, mais aussi en croissance externe pour rechercher des sociétés qui seraient prêtes à nous rejoindre autour de technologies que nous ne couvrons pas encore et qui nous permettrait d'accélérer notre développement. Nous avons choisi Capza, un fonds d'investissement français, qui est entré à hauteur de 5 % dans le capital de Magellan Partners et qui va nous accompagner à hauteur de 100 millions d'euros, sur les cinq prochaines années, pour financer à la fois des projets de développement organique et surtout, des projets de croissance externe.

A.-P. : Cette levée de fonds vous a également permis de faire l'acquisition de Keralia Consulting ?

D. Z. : Capza nous a rejoint en janvier dernier. En février nous avons réalisé une première acquisition sur une compétence technologique que nous n'avions pas, “ServiceNow”, un software qui est aujourd'hui au cœur de métier des directions informatiques d'une entreprise. Au sein de ces directions informatiques, il faut piloter les process et gérer tout ce qu'il doit gérer. A ce titre, Servicenow est l'un des outils leaders, voire l'outil leader pour aider les DSI à se digitaliser. Nous avions besoin de cette compétence qui intéresse beaucoup de nos clients. L'idée était donc de faire cette acquisition pour renforcer notre savoir-faire sur cette technologie.

A.-P. : ServiceNow est très présent dans les grandes entreprises ?

D. Z. : Aujourd'hui, ServiceNow est très présent dans les grandes entreprises, à la fois au niveau français, mais aussi au niveau européen et au niveau mondial. Au niveau européen, il revendique près de 50 % de parts de marché dans les directions informatiques. C'est vraiment la solution qui monte parce qu'elle est récente, très facile à utiliser et permet d'aller loin dans l'automatisation et la digitalisation de tous les processus que prennent en charge les équipes d'une direction informatique.

A.-P. : Comment vous situez-vous aujourd'hui sur votre marché ? Avez-vous des concurrents importants ?

D. Z. : Sur nos activités de conseil en organisation, conseil en management, conseil en formation, nos principaux concurrents sont les Big four, EY, KPMG, Deloitte et PwC. Il y a également Capgemini, Accenture, et quelques acteurs français du conseil de taille moyenne comme nous, Eurogroup Consulting, Sia Partners... Nous avons également 5 activités IT aujourd'hui. Nous sommes le plus grand pure player Microsoft en France, avec 1 250 consultants répartis dans 12 villes. Sur ce secteur, nos concurrents sont clairement Accenture et Capgemini. Nous avons également 200 consultants spécialisés sur la plateforme Salesforce, notre deuxième activité IT où nous sommes, là aussi, le premier pure player en France avec, là encore, comme concurrents principaux Accenture, Capgemini et quelques pure players plus petits que nous. Notre troisième activité IT concerne tout ce qui tourne autour du Cloud, AWS d'Amazon. Là, toutes les grandes SSII sont nos concurrents. Nous avons également une quatrième activité IT sur tout ce qui est cybersécurité, avec la concurrence des grandes SSII et Orange, un acteur spécifique.

A.-P. : De quelle manière la crise du Covid-19 a-t-elle impacté vos activités ?

D. Z. : Le premier confinement a été un choc. Le 17 mars, nous avions 1 200 consultants chez nos clients qui ont dû passer au télétravail, avec un certain nombre d'arrêts de projets non stratégiques entre mars et avril. En juillet, nous avons enregistré un frémissement et c'est vraiment reparti à partir du mois d'octobre. Au cours du deuxième confinement, nous avons été très résilients, avec un impact réduit. Depuis octobre, nous enregistrons une accélération permanente sur les demandes de nos clients.

A.-P. : Vous avez des filiales dans d'autres pays ?

D. Z. : Aujourd'hui la stratégie vise à être plus grand et plus fort en France et à avoir un vrai développement européen. Nous avons effectivement créé une activité au Maroc sur Microsoft, avec une antenne de consultants. Nous avons également un centre de développement offshore à l'Ile Maurice sur Salesforce, avec une vingtaine de consultants et une petite présence en Bulgarie. L'Europe fait partie de notre plan de développement à cinq ans. L'idée est d'abord de continuer à grandir par croissance organique et croissance externe en France et d'être plus fort en France avant de se développer en Europe.

A.-P. : Dans les années qui viennent, vous projetez 350 millions d'euros de chiffre d'affaires et 3 000 collaborateurs en 2025. C'est une croissance exponentielle...

D. Z. : Nous avons effectivement établi ce plan stratégique avec nos ambitions entre 2021 et 2025, sur chacune de nos activités. Globalement, nous avons planifié une croissance organique de 15 % par an, sur cinq ans, et, avec des partenaires financiers, de faire quelque 100 millions d'euros d'acquisitions. Ces deux axes nous permettront de parvenir aux 350 millions de chiffre d'affaires.

A.-P. : Comment voyez-vous l'avenir de votre secteur ? Considérez-vous qu'il reste encore de la place sur ce marché ?

D. Z. : Les grandes SSII vont chercher les très grands projets internationaux, sur lesquels nous ne sommes pas les plus présents. Magellan Partners a un modèle qui regroupe des compétences sectorielles sur les métiers – la banque, l'assurance, l'énergie, le secteur public… – et des compétences technologiques. Nous arrivons à nous différencier par rapport aux très gros, aux cabinets de conseil qui n'ont pas d'activité IT, et aux pures SSII qui n'ont pas d'activité de conseil, parce que nous associons, dans une seule et même équipe, des consultants métiers et des experts technologiques.

Depuis 2014, on travaille sur les transformations numériques. Vous ne pouvez pas conseiller une entreprise sur l'évolution de son organisation si vous n'avez pas les compétences technologiques nécessaires. On ne change pas une organisation sans changer les outils. Pour nous, c'est un élément fort de différenciation. Nous innovons en permanence. En ce moment, nous travaillons beaucoup sur l'aspect “green IT”, c'est-à-dire la façon de diminuer l'empreinte carbone sur le secteur de la transformation numérique qui commence à être décriée.
Certains disent qu'aujourd'hui, le numérique pèse 4,5 % des émissions de gaz à effet de serre, alors que l'on sait que la part de l'aviation est de 2 % seulement.
Aujourd'hui, beaucoup d'entreprises cherchent à réduire leur empreinte carbone sur la partie informatique, data center et numérique au sens large. A la sortie du premier confinement, nous avons sorti une offre sur ce sujet qui fonctionne très bien. Même les directions générales cherchent à présent à rendre plus “green” tous les outils numériques et collaboratifs. Voilà un exemple de souplesse et d'agilité que l'on cherche à développer.

A.-P. : C'est l'une des raisons qui vous a conduit à nouer un partenariat avec OVH Cloud ?

D. Z. : Tout à fait. Il y a les Cloud américains, Microsoft, Google ou Amazon, qui sont très bien pour un certain usage et une certaine utilisation. Mais nos clients nous disent aujourd'hui que sur certaines applications informatiques et sur certaines données très critiques, très sensibles, ils ne souhaitent pas faire intervenir un Cloud américain, avec le fameux “Cloud Act” qui fait peur. Ils ont donc besoin de trouver une solution. Nous leur proposons de l'hybride. Sur la grande majorité des applications, nous allons les mettre dans un Cloud comme Azure, Google ou AWS, mais sur des applications traitant des données sensibles, on voudrait une solution de Cloud numérique souverain. Nous avons donc travaillé avec OVH – qui offrait déjà cette solution – pour tout ce qui concerne la réflexion et la mise en place de ce Cloud numérique de confiance au sein de l'entreprise, pour les sujets très sensibles. Nous avons donc cette cohabitation entre les Clouds américains, qui répondent aussi à un vrai besoin et qui sont économiquement plus intéressants, et un Cloud souverain. Nous avons construit ce partenariat avec OVH Cloud qui démarre concrètement.

A.-P. : Vous avez aussi évoqué votre expertise et votre activité dans le domaine de la cybersécurité. Comment on peut l'assurer en luttant contre les piratages qui se multiplient, notamment dans les entreprises ? Le Cloud serait-il garant d'une sécurité plus importante ?

D. Z. : Le Cloud est actuellement beaucoup mieux sécurisé que les data centers traditionnels. Mais ce n'est pas suffisant. Nous menons actuellement beaucoup de projets, d'audits de sécurité, de comptes d'intrusion pour des grandes entreprises, des ETI et des PME. Nous vérifions tout d'abord que la façon dont elles ont construit leur système d'information est suffisamment bien protégé. Nous identifions ensuite les points de vulnérabilités et nous faisons de recommandations pour les corriger. C'est une partie importante de notre activité. Pour concrétiser ces recommandations, il faut implémenter des outils qui vont mieux protéger l'ensemble du système informatique. Nous travaillons ainsi avec un certain nombre de partenaires “software”.
Ce qui est clair, dès le premier confinement, c'est que les attaques se sont multipliées, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public. Certaines entreprises, pour lesquelles ce n'était pas un sujet important se sont retrouvées dépourvues et un peu bloquées. Dès qu'un hacker parvient à pénétrer le data center d'un client, il bloque tout. Il y a souvent eu des demandes de rançon. Après, c'est beaucoup plus compliqué pour rétablir la situation. Cela peut prendre plusieurs semaines. Pendant ce temps-là, l'entreprise est totalement figée.

A.-P. : Vous avez eu des cas concrets ?

D. Z. : Tout à fait. Depuis le mois de mars, nous travaillons sur beaucoup de cas, qui sont bien entendu confidentiels, qui ont touché notamment des entreprises du CAC40, des ETI et des services publics. Depuis le début de la crise sanitaire, il y a certainement une plus grande prise de conscience des directions générales de l'absolue nécessité d'avoir des systèmes informatiques parfaitement sécurisés.




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