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Loi de sécurité globale : Gérald Darmanin calme le jeu

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Loi de sécurité globale :  Gérald Darmanin calme le jeu
© D.R.

Le ministre de l'Intérieur s'est montré conciliant durant son audition devant la commission des lois de l'Assemblée nationale le 30 novembre dernier, tout en précisant vouloir préserver l'esprit de l'article 24 tant décrié.

Convoqué à l'Assemblée nationale en vertu d'un autre article 24, celui, cette fois-ci, de la Constitution, le ministre de l'Intérieur a adopté une posture pacificatrice face aux députés l'interrogeant en commission des lois. Arrestation du producteur Michel Zekler, évacuation d'un campement illicite de migrants, débordements survenus lors des manifestations contre le vote, quelques jours plus tôt, de l'article 24 de la proposition de loi sur la sécurité globale… « Des incidents parfois très graves se sont produits dans la période récente, affectant la relation de confiance qui doit exister entre les Français et les forces de sécurité », a rappelé en introduction, Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois, deux heures après l'annonce de la réécriture de l'article par les présidents des groupes majoritaires à l'Assemblée. « Ayant été parlementaire et aimant le Parlement, rien ne me paraît plus normal. C'est dans le rôle et le devoir de ces derniers de demander des comptes à l'exécutif lorsque c'est nécessaire. Il apparait normal que dans un pays les pouvoirs aillent avec des contre-pouvoirs », a assuré Gérald Darmanin, en écho aux critiques adressées au Gouvernement qui avait évoqué la création d'une commission externe de réécriture.

« Des actes inqualifiables ont été commis, ceux qui utilisent de façon disproportionnée la force que le peuple leur met à disposition doivent être sanctionnés et n'ont rien à faire parmi les forces de l'ordre », a poursuivi le ministre, tout en précisant que des actes individuels ne résumaient pas la totalité de l'action des forces de l'ordre. « Je ne supporterai pas l'atteinte aux institutions, qui font un travail admirable », a-t-il ajouté, rappelant que 98 membres de forces de sécurité avaient été blessés lors des manifestations contre la loi de Sécurité globale.

L'article plie mais ne rompt pas

« Je souhaite intensément, profondément, que nous gardions la protection comprise dans l'article 24 pour les policiers, douaniers, gendarmes dans le cadre des opérations de police, c'est un beau but, il est légitime, attendu et il n'y a rien de plus normal que de faire cela », a toutefois souligné l'ancien ministre du budget. Si les forces de l'ordre représentent 7 % de la fonction publique dans son ensemble, elles font l'objet de 55 % des sanctions prononcées. Cela prouve, selon le ministre, « à quel point les forces de sécurité sont contrôlées, surveillées, et sanctionnées ».

Poursuivant dans cette posture d'apaisement, il a évoqué les principales failles du système de protection des citoyens, rebaptisées « sept péchés capitaux » à cette occasion. C'est d'abord le manque de formation qui ferait défaut. « La nécessité d'envoyer au plus vite des policiers sur le terrain a conduit à raccourcir leur formation initiale, c'était une erreur », a assuré Gérald Darmanin, indiquant vouloir également renforcer la formation tout au long de la vie, d'une durée de 12 heures actuellement. Le ministre souhaite aussi revoir l'encadrement, le nombre de « sous-chefs » étant insuffisant. Il serait nécessaire de « recréer un corps intermédiaire d'encadrement sur le terrain pour garantir un comportement calme et républicain des jeunes recrues ». Maintes fois soulevé, le problème du matériel et de la vétusté des locaux doit également être pris à bras-le-corps, selon Gérald Darmanin. De la même façon, la captation de l'image (“caméras piéton” aux batteries défectueuses, absence de caméras dans les véhicules) fait partie des problématiques essentielles à traiter.

Autre question socialement vive, celle de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Si l'institution est souvent critiquée et doit être sans doute être « regardée, interrogée, discutée, améliorée », il ne s'agit pas pour autant de la remettre entièrement en cause, selon le ministre. Le dernier pêché, celui du lien rompu entre la population et les forces de l'ordre, ne serait pas réel pour Gérald Darmanin. « Les gardiens de la paix sont rarement des enfants de PDG, n'y a pas d'un côté la police et de l'autre la population française », a-t-il estimé, précisant qu'il fallait, quoi qu'il en soit, résoudre les difficultés que rencontrent les policiers dans leur vie personnelle (coût de la vie, transport, logement, sécurité…). n




Quentin CLAUZON
Journaliste

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