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Logement : des “équipes mobiles” pour lutter contre les expulsions locatives en Ile-de-France

Magali Charbonneau, préfète d'Ile-de-France, Léa Filoche, adjointe à la mairie de Paris et Gauthier Caron Thibault, représentant de l'Adil et conseiller de Paris ont signé ensemble la convention « Équipes mobiles de prévention des expulsions ».
Logement : des “équipes mobiles” pour lutter contre les expulsions locatives en Ile-de-France
© Affiches Parisiennes

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« Nous sommes extrêmement fiers d'être ici pour signer cette belle convention », a déclaré Magali Charbonneau quelques secondes après avoir paraphé les quelques pages de la convention « Équipes mobiles de prévention des expulsions ». Cette dernière veut permettre au maximum d'éviter les expulsions locatives, en particulier dans le secteur des bailleurs privés. Pour rédiger cette convention, les équipes de la mairie, de la préfecture et de l'Association Adil ont travaillé ensemble pour proposer un dispositif le plus adapté à la situation actuelle.

L'action des équipes mobiles se divisera en plusieurs parties. Tout d'abord, il s'agira d'un travail de repérage en direct avec les huissiers de justice afin de trouver les personnes en difficulté de paiement qui n'iraient pas directement vers des services d'accompagnement. Une prise de contact est ensuite effectuée, par courrier ou par téléphone, pour faire un premier point avec eux sur leur situation et proposer un rendez-vous physique. Lors de ce rendez-vous, le locataire en procédure d'expulsion sera épaulé par un binôme composé d'un juriste et d'un travailleur social. La complémentarité de ces deux métiers est essentielle pour Gauthier Caron Thibault, président de l'Adil : « Le juriste va pouvoir rappeler tous les droits aux locataires, ce qui est primordial car dans beaucoup de cas les personnes ne connaissent pas leurs droits, les aides auxquelles ils ont droit ». Gauthier Caron Thibault rappelle d'ailleurs que 50 % des personnes qui ont contacté l'Adil avaient une date d'expulsion qui était contestable. Le travailleur social va de son côté permettre un accompagnement social essentiel dans ces situations et proposer plusieurs solutions au locataire.

A ce jour, 375 courriers ont déjà été envoyés et 76 rendez-vous ont été fixés. « Nous pouvons nous améliorer sur la prise de contact car, aujourd'hui seuls 22 % des courriers nous sont renvoyés », déplore la préfète Magali Charbonneau.

« La sociologie des allocataires RSA a changé avec la crise sanitaire »

La rédaction de cette convention a été accélérée par la situation économique actuelle. Léa Filoche, adjointe à la mairie de Paris, alerte sur des constats d'augmentation de la pauvreté liée à la crise sanitaire. En région parisienne, le nombre d'allocataires RSA a augmenté de façon importante avec la crise sanitaire, il a bondi de 15%. Cette augmentation se traduit inexorablement par des difficultés pour les personnes concernées de payer leurs charges locatives. « La sociologie des nouveaux allocataires RSA a changé, on voit de plus en plus de jeunes entre 25 et 35 ans qui étaient en plein ascenseur social et qui se retrouvent désormais au RSA, cela concerne notamment le secteur de l'évènementiel, de la restauration. On a aussi beaucoup d'auto-entrepreneurs en plein déclassement et avec très peu de perspectives. Il faut donc les maintenir dans une forme de stabilité avant que l'activité ne reprenne », explique Léa Filoche. Ces personnes sont éloignées des services d'accompagnement et ne viennent pas d'elles-mêmes demander de l'aide. Ce constat a renforcé la volonté de mettre rapidement en place ce dispositif, comme le rappelle Magali Charbonneau : « L'objectif est de prévenir les expulsions locatives, il est donc essentiel de repérer les situations et d'intervenir le plus rapidement possible pour éviter que les dettes s'accumulent car ce sont des situations difficiles à la fois pour les locataires en défaut de paiement mais également pour les bailleurs, il faut à tout prix éviter que des personnes se retrouvent entraînés dans un cercle vicieux ».

Si les chiffres du nombre d'allocataires RSA augmente, les autorités se réjouissent de la baisse du nombre d'expulsions locatives en Ile-de-France, qui a diminué de 30 % alors qu'il augmente partout ailleurs en France. Ces chiffres encourageants ont poussé les autorités à continuer leur politique en matière de logement.

Si les équipes mobiles ont pour objectif d'éviter au maximum les expulsions locatives, ce ne peut pas toujours être le cas. Dès lors, l'accompagnement se poursuivra et le binôme proposera des solutions alternatives à la personne expulsée de son logement.

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