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Livraison de gaz russe : Agnès Pannier-Runacher, « Notre scénario nous prépare à l’interruption totale »

Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, est revenue sur le projet de loi “d’urgence” en soutien au pouvoir d’achat.
Livraison de gaz russe : Agnès Pannier-Runacher, « Notre scénario nous prépare à l’interruption totale »
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ActualitéEurope Publié le ,

Crise du gaz russe, énergies renouvelables et pouvoir d’achat ont été débattus lors de l’audition au Sénat, présidée par Sophie Primas, présidente de la commission des affaires économiques, et des rapporteurs Daniel Gremillet, sur la protection du pouvoir d’achat des Français et de la transition énergétique du pays.

« Notre responsabilité, c’est de nous préparer au scénario du pire, qui prendrait la forme d’une interruption totale des livraisons de gaz russe », selon Agnès Pannier-Runacher. Actuellement, le gazoduc Nord Stream 1 ne fonctionne qu’à 20 % de sa capacité. Sophie Primas explique que l’Europe entre dans un nouveau choc pétrolier, mais reste convaincue que la situation que nous vivons actuellement peut tout autant être une opportunité pour accélérer la transition énergétique et définir « enfin une politique structurée, stable, réaliste et pérenne ».

En France, la consommation de gaz n’a pas spécialement augmenté, il est simplement nécessaire de trouver un autre fournisseur remplaçant que la Russie, d’autant que la France est un point d’entrée de gaz pour les productions européennes. « Nous avons été appelés à nous préparer à un hiver sans gaz russe », souligne Sophie Primas. Côté nucléaire, heureusement qu’on ne se pose pas la question.

Le nucléaire, énergie d’avenir ?

À l’échelle nationale, la production du groupe EDF oscille entre 280 et 300 Térawatt-heure en 2022, « c’est un minima historique », affirme Agnès Pannier-Runacher. « Le Gouvernement a laissé croire aux Français que nous aurions besoin de moins de nucléaire », avance Sophie Primas, regrettant « l’absence de cap et d’investissement » dans le secteur. Le nucléaire a une image très négative, notamment auprès des jeunes générations qui voient derrière ces grandes usines blanches une énergie potentiellement dangereuse. Pourtant, le projet d’EDF porte sur le nouveau nucléaire et il y a « un vrai travail d’explication à entreprendre. Le nucléaire est au cœur de la transition énergétique et de la lutte contre le réchauffement climatique » précise Agnès Pannier-Runacher.

Miser sur le renouvelable

Face à la crise du gaz russe et à la dernière publication du rapport du Giec, il est plus que jamais indispensable de mettre les énergies renouvelables sur le devant de la scène. « Nous constatons déjà les dérèglements climatiques à travers des épisodes de canicules successifs. Ces phénomènes sont la conséquence de l’activité humaine », avance la ministre de la Transition énergétique. Pour elle, afin de limiter la hausse des températures à 2 °C ou mieux, 1,5 °C, il est indispensable de « faire preuve d’agilité » dans l’utilisation des énergies. Pour commencer à agir, Agnès Pannier-Runacher vient de prendre deux arrêtés, l’un interdisant aux magasins climatisés de maintenir leurs portes ouvertes et l’autre interdisant les affichages lumineux de 1h à 6h, sauf dans les gares et les aéroports.

Elle reconnaît pourtant que « les petits pas ne suffiront pas. Nous devons prendre de grandes décisions », afin de faire en sorte « que la France soit le premier grand pays du monde à sortir des énergies fossiles ». Pour cela, le ministère de la Transition énergétique a réfléchi à une stratégie en trois points : sobriété et efficacité énergétique, accélération massive du déploiement des énergies renouvelables et relance de la filière d’excellence nucléaire.

Hors de question, pourtant, de demander aux Français en situation de sobriété contrainte, pour cause de précarité, de consentir des efforts financiers. Pour Agnès Pannier-Runacher, « ce sont les entreprises qui doivent être exemplaires en termes d’énergie, surtout quand elles ont les moyens de le faire ». Dès aujourd’hui, l’important est donc de développer les énergies renouvelables, de l’éolien au solaire, de la géothermie à l’électricité verte. « La France accuse un retard important dans le déploiement des énergies renouvelables, notamment en raison de la lourdeur de nos procédures administratives », regrette Agnès Pannier-Runacher.

Quid du pouvoir d’achat ?

Le projet de loi “d’urgence” vise, en premier lieu, à soutenir le pouvoir d’achat des Français, d’autant plus que le prix de l’électricité a dépassé 3 000 euros par Mégawatt-heure en avril 2022, un maximum jamais atteint. « Les ménages, les entreprises et les collectivités en sont durement affectés », constate Sophie Primas. Si un appel à projets a été lancé en direction des associations, pour aider une partie de la population à sortir de la précarité énergétique, c’est loin d’être suffisant, d’où l’utilité de ce projet de loi qui doit encore être discuté au Parlement.

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