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Lionel Grotto : Choose Paris Région : une “Silicon Valley” à l'européenne

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Lionel Grotto : Choose Paris Région :  une “Silicon Valley” à l'européenne
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Choose Paris Région est un guichet unique qui s'adresse à toutes les entreprises étrangères qui envisagent de s'installer en Île-de-France, en leur offrant une prise en charge globale. Lionel Grotto, son directeur général, fait le point sur les actions spécifiques menées par cette agence d'attractivité pendant la crise sanitaire, notamment pour continuer à motiver de nouveaux investisseurs internationaux dans la région.

Affiches Parisiennes : Pouvez-vous nous parler de Choose Paris Région, cette agence d'attractivité au service de l'accompagnement des entreprises ?

Lionel Grotto : Choose Paris Région, c'est effectivement une agence d'attractivité qui est à la fois ancienne et jeune. Elle a évolué au cours du temps. Elle s'appelait auparavant Paris Region Entreprises et elle s'est recentrée sur l'attractivité. L'an dernier, elle a considérablement élargi sa gouvernance, ce qui fait qu'aujourd'hui, elle est le guichet unique d'accueil des entreprises internationales en Ile-de-France. Elle travaille en lien avec tous les partenaires publics et privés puisque notre gouvernance associe à la fois des grands acteurs institutionnels, comme la Région, la Métropole du Grand Paris, des intercommunalités, la CCI Paris Ile de France, Business France ou l'État, mais aussi des universités, de très grands groupes français, des ETI. Notre vocation est d'assurer la promotion internationale de l'Ile-de-France et d'accompagner opérationnellement les entreprises étrangères de manière différenciée en fonction de leurs besoins, et une fois qu'elles sont installées, assurer des réinvestissements.

A.-P. : Nous vivons une époque compliquée avec la crise sanitaire du Covid-19. On parle aujourd'hui du déconfinement. Comment allez-vous vous adapter à cette situation ?

L. G. : Durant la période que nous vivons, nous avons bien sûr adapté notre activité aux contraintes de la crise sanitaire. Tout d'abord, nous avons tout mis en œuvre pour assurer la sécurité de nos collaborateurs et nous donner les moyens de travailler à distance. Nous sommes aux côtés des entreprises que nous accompagnons : nous mettons à leur disposition des informations utiles pour la gestion de crise notamment en relayant les différentes aides qui peuvent leur être octroyées par l'État ou la Région Ile-de-France. Nous faisons également le lien avec les ambassades.
Nous abordons à présent une nouvelle étape avec le déconfinement. Nous avons monté une task force interne qui est en train de contacter à peu près 500 entreprises étrangères qui se sont implantées en Ile-de-France durant ces quatre dernières années.

Nous avons ainsi des retours toutes les semaines du terrain sur le sentiment de la communauté étrangère en Ile-de-France. Les préoccupations des chefs d'entreprise directeurs des filiales françaises avec lesquels nous sommes en contact tournent actuellement autour du déconfinement. Nous sentons qu'ils ont effectivement besoin d'être accompagnés, notamment au niveau des mesures nationales qui ont été annoncées ; ils ont souvent besoin de davantage de précisions et d'informations très pratico-pratiques et pragmatiques. Nous nous organisons donc pour leur apporter des réponses à toutes leurs questions.

A.-P. : Quels sont aujourd'hui vos moyens pour continuer à attirer des investisseurs étrangers en Ile-de-France ?

L. G. : Différents dispositifs qui ont été mis en place à la fois par le Gouvernement et par la Région. Il y a notamment PM'up Covid-19, une aide destinée aux PME mais également aux TPE et aux ETI, se traduisant par des subventions directes, jusqu'à 800 000 euros. Cette aide permet à des entreprises d'adapter leurs unités de production pour produire des biens essentiels de types masques, gels hydro alcooliques ou respirateurs, avec une échéance de l'aide à fin décembre 2020. Plusieurs projets sont déjà en cours d'instruction. C'est effectivement une mesure de la région Ile-de-France qui nous est très utile dans nos contacts avec les entreprises.

Nous nous faisons également le relais d'une plateforme régionale d'achat, assez unique en France, qui permet aux entreprises d'être en contact avec des acheteurs potentiels. Quelque 400 solutions ont déjà été suggérées dans des domaines variés. Nous informons également sur l'ensemble des initiatives de l'État et de la BPI et les différentes mesures financières et appels à projet mis en place

Notre valeur ajoutée, c'est également la mise en relation des entreprises avec lesquelles nous sommes en contact avec les bons interlocuteurs comme la Direccte, la Direction générale des entreprises, la Région Ile-de-France et les différents pôles de compétitivité. Nous pouvons donc donner le sentiment à ces chefs d'entreprise d'être entourés sachant qu'ils se sentent parfois bien seuls durant cette crise.

A.-P. : Malgré cette crise sanitaire, y-a-t-il des investisseurs qui s'intéressent encore à l'Ile-de-France ?

L. G. : Il faut savoir que 2019 a été une année exceptionnelle en termes d'attractivité, puisque plus de 9 000 emplois ont été annoncés et confirmés, en lien avec des investissements. Cela représente une hausse de 50 % par rapport à 2018. On doit évidemment regarder ces chiffres à la lumière de la crise actuelle. Ils montrent néanmoins que nous étions dans une dynamique extrêmement positive.

Une grande partie de ces projets ont été réalisés ou sont en cours de réalisation : les entreprises ont été créées. Il est aussi vrai que le volume de projets entrant, en particulier de primo-implantation de nouvelles entreprises, a pu ralentir. Toutefois, nous avons quelques projets en cours que nous suivons. Certains gros projets de grands acteurs étrangers, souvent industriels, sont maintenus, notamment dans des secteurs comme le numérique ou la santé.

Nous avons vraiment le sentiment que ces entreprises ont, malgré tout, envie de concrétiser leurs ambitions. A court terme, il y a effectivement un certain nombre d'entreprises autour de nous qui sont en grosse difficulté, mais dans le même temps, il y a aussi des secteurs qui ont des activités stables, voire en croissance. Ce sont ces entreprises qui continuent de nous contacter avec la volonté de s'implanter en Île-de-France.

A.-P. : Quels sont les départements d'Ile-de-France qui bénéficient du plus fort dynamisme économique et où les investisseurs étrangers souhaitent s'implanter en priorité ?

L. G. : C'est une bonne question qui dépend en partie du type de projets dont on parle, chaque département ayant ses spécificités. Nous avons comme cibles prioritaires des projets de trois types, à savioir les centres de R&D, les centres de décision pour les zones Europe, Afrique, Moyen-Orient, et les centres de production. En fonction de ces typologies, nous allons promouvoir des territoires différents, en lien avec le cahier des charges des entreprises. Nous continuons à avoir des entreprises qui choisissent Paris car c'est une adresse qu'il leur paraît nécessaire de faire figurer sur une carte de visite. C'est surtout vrai pour les primo-implantations. Après Paris, en ce qui concerne les grands territoires stratégiques régionaux, arrivent ensuite les implantations à La Défense et sur le territoire de Saclay, avec notamment beaucoup de projets de recherche et développement de grande envergure, générateurs d'un nombre d'emplois très importants, avec des contenus en termes d'innovation très importants pour la France.

On voit de plus en plus arriver des projets de nature plus industrielle. Nous avons actuellement un investisseur industriel qui porte un gros projet dans le numérique et qui a sélectionné plusieurs sites dans le Val-d'Oise. Nous voyons également apparaître des nouveaux critères de choix den lieux d'implantation qui ne sont pas forcément des zones identifiées par le grand public en termes d'attractivité, mais que les investisseurs ont repéré pour un foncier plus disponible, la connexion avec un aéroport, le centre de la métropole, ou la présence de moyens de transports. Nous voyons ainsi des investisseurs s'intéresser à la Seine-et-Marne, au Val-de-Marne, au Val-d'Oise ou aux Yvelines.

A.-P. : Peut-on citer quelques grandes entreprises qui sont en train de s'établir ?

L. G. : Parmi les entreprises qui se sont implantées en 2019 en Ile-de-France, nous avons par exemple la société la société Bulb, une start-up dans le domaine des cleantechs basée à Londres. C'est une entreprise qui utilise un logiciel pour réduire les coûts énergétiques de ses clients à travers le Royaume-Uni. C'est une implantation à 100 emplois.

Toujours en 2019, nous avons également accueilli l'accélérateur et incubateur Founders Factory. Cette entreprise anglaise a ouvert son siège à Paris en créant 50 emplois.

Par ailleurs, nous sommes actuellement en concurrence avec un autre site français pour accueillir le projet européen “Copernicus”, suite au Brexit, qui va rassembler quelque 250 chercheurs sur le climat. C'est un dossier suivi par les autorités françaises et sur lequel l'Île-de-France a positionné le site de Saclay pourra accueillir ce projet en lien avec le CNRS. Cet apport serait extrêmement précieux, à la fois en termes d'image et en termes scientifiques et techniques et pour enrichir encore l'écosystème de Saclay.​

A.-P. : Justement, enregistrez-vous un effet Brexit ?

L. G. : Nous avons ressenti l'effet Brexit de manière assez concrète, puisque depuis le référendum de juin 2016, nous avons accompagné 183 projets d'implantation, d'investissement ou de relocalisation d'équipes, notamment dans le secteur de la finance, qui représentent 6 850 emplois.

Nous avons référencé au total 283 projets représentant environ 10 200 emplois.

On voit notamment beaucoup d'entreprises qui, finalement, renoncent à une implantation au Royaume-Uni en préférant l'Ile-de-France.

Dans le contexte actuel, nous allons voir comment les choses vont évoluer, mais le Brexit continue de porter son lot d'incertitudes pour de potentiels investisseurs déjà implantés au Royaume-Uni ou qui envisagent de s'y implanter ; l'Ile-de-France reste une alternative claire.

A.-P. : Aujourd'hui, Choose Paris Région a des émissaires aux USA, en Chine. En avez-vous d'autres, en Afrique, en Amérique du Sud ? Comptez-vous établir des représentations sur chaque continent ?

L. G. : La réponse est non. Nous sommes basés aux États-Unis parce que c'est notre premier pourvoyeur de projets. Ils ont représenté 24 % des projets et 29 % des emplois en 2019. En gros, un projet sur trois vient d'Amérique du Nord, ce qui justifie notre présence sur la côte est et sur la côte ouest. Concernant la Chine, c'est un tout petit peu différent. L'important pour nous est d'être présent sur un marché qui bouge très vite en termes d'innovation. Nous prenons beaucoup l'attractivité sous l'angle de l'innovation. Nous y sommes ainsi présents notamment en termes de veille en lien avec les grands groupes avec lesquels nous travaillons. Et bien sûr, parce que c'est un pays qui a une énorme influence sur toute la zone asiatique. Pour le reste, Business Frane a une présence dans beaucoup de pays ce qui ne justifie pas une représentation permanente de notre part. Nous nous appuyons ainsi beaucoup sur les bureaux de Business France.

A.-P. : Pouvez-vous nous dire quel est aujourd'hui votre budget ?

L. G. : Notre budget est d'environ 13 millions d'euros.

A.-P. : Est-ce suffisant pour attirer des investisseurs étrangers ?

L. G. : Aujourd'hui, pour être franc avec vous, je pense que nous avons un bon setup en Île-de-France par rapport à la mission d'attractivité. Nous avons une agence bien structurée désormais, avec une gouvernance solide. Nous avons un budget qui nous permet de mener nos actions à la fois sur le volet de la notoriété et de la visibilité de l'Ile-de-France, sur le volet de la contribution à la compétitivité et à l'attractivité de la région et sur le volet de l'accompagnement des entreprises. Sur ces trois volets, nous avons vraiment les moyens de remplir nos missions. Nous travaillons également en lien avec nos partenaires. Par exemple, on est présent au Mipim à Cannes chaque année, même si l'édition 2020 a dû être annulée. Mais on est présent avec des budgets complémentaires de nos partenaires franciliens. Aujourd'hui, même si on regarde par rapport à des comparaisons internationales, le budget de l'agence est adapté.

Je pense que maintenant, le vrai défi de la France et de l'Île-de-France est de réussir la sortie à la fois sanitaire et économique de cette très forte crise. Nous sommes prêts à continuer à attirer des investisseurs dans la région, sur certaines filières clés.

A.-P. : Comment allez-vous assurer une promotion de la Région qui passe le plus souvent par l'organisation d'événements de promotion ?

L. G. : Nous avons des arbitrages qui seront soumis à notre conseil d'administration dans les prochains jours. Nous renforçons l'action digitale. Cette crise nous montre le besoin d'une action très coordonnée et de messages très clairs.​

A.-P. : Et le comité des territoires, comment fonctionne-t-il actuellement ?

L. G. : Le comité des territoires rassemble des acteurs régionaux, que ce soit des aménageurs, des collectivités territoriales, de grands acteurs des transports... Et ce cercle est précieux parce qu'il nous permet d'assurer une coordination et une information sur les initiatives qui sont menées. Sur certains territoires, il complète et coordonne l'informations et les actions de la task force dont je parlais précédemment.

Nous travaillons, par ailleurs, sur des sites industriels clés en main. Grâce à ce collectif, nous avons été en capacité d'avancer de manière très agile et très rapide sur ce sujet pour pouvoir bientôt proposer des listes de sites très précises aux investisseurs.

A.-P. : Y-a-t-il une autre initiative en développement ?

L. G. : J'aimerais mentionner une initiative importante qui illustre bien l'esprit de penser l'attractivité sous l'angle de l'innovation. C'est un appel à projets d'innovation international que nous avons lancé avec le groupe ADP, baptisé “Safe Travel Challenge”. Nous l'avons lancé le 17 avril. C'est un appel à projets soutenu par la Région Ile-de-France et qui a pour objet de faire appel à des start-up et des PME innovantes afin d'identifier, de qualifier et de tester de nouvelles solutions, pour accompagner la reprise progressive du trafic aérien, tout en redonnant confiance aux passagers sur l'ensemble de leur parcours, depuis leur domicile jusqu'à l'aéroport.

C'est un challenge qui illustre nos relations privilégiées avec les grands groupes français. Cet angle “innovation” sera, je pense, essentiel pour la reprise de l'activité.

A.-P. : Quelle est l'ambition de Choose Paris Région ? C'est de transformer l'Ile-de-France en une Silicon Valley européenne ?

L. G. : L'Ile de France est déjà un peu une Silicon Valley à l'européenne, puisqu'on est la première région d'Europe selon de différents indicateurs, que ce soit les dépenses de R&D ou le nombre de brevets déposés. Il y a déjà une très forte concentration d'innovation et d'écosystème de recherche. Je pense que c'est un vrai atout que nous allons mettre en avant pendant la reprise. Il y a des grosses implantations industrielles, comme Sanofi qui a la plupart de ces sites implantés en Ile-de-France. Il y a une logique à ce que des grands acteurs français, voire européens, relocalisent une partie de leurs activités en Europe. Nous serons bien entendu là pour les accueillir. Donc, l'ambition est de faire de l'Ile-de-France la première destination en Europe pour les implantations d'entreprises, sur leurs fonctions de recherche, de centres de décision et de production.




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