AccueilEntrepriseVie des entreprisesLila Chapot, créatrice de Maison Poudrée : "Je préfère démarrer petit et miser sur la qualité de mes produits”

entreprise Lila Chapot, créatrice de Maison Poudrée : "Je préfère démarrer petit et miser sur la qualité de mes produits”

Le concept-store Maison Poudrée est le premier dédié à l’entrepreneuriat féminin et au Made in France. Sa créatrice Lila Chapot a obtenu un prêt d’honneur de France Active Seine-Saint-Denis pour le développer.
Lila Chapot, créatrice de Maison Poudrée : "Je préfère démarrer petit et miser sur la qualité de mes produits”
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EntrepriseVie des entreprises Publié le , Propos recueillis par Margot Herrada

Affiches Parisiennes : Quand avez-vous créé Maison Poudrée ?

Lila Chapot : Je travaille sur le projet depuis mars dernier, j’avais l’idée mais il me fallait établir un business model. Alors, j’ai commencé une formation, Start Entrepreneurs, avec la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Seine-Saint-Denis. La formation comprenait un atelier collectif avec les autres membres du groupe chaque semaine et un rendez-vous hebdomadaire avec un conseiller de la CCI pour faire le point sur l’avancée du projet. La formation a duré cinq mois et m’a permis d’avoir un business model solide et un projet déjà bien avancé pour lancer la campagne de crowdfunding en octobre 2021. Je maîtrisais déjà certains concepts du marketing de par les études que j’avais faites, mais j’avais besoin d’un cadre pour savoir comment créer une entreprise et comment la financer. Et c’est d’autant plus bénéfique que j’ai pu financer la formation avec mon compte professionnel de formation, étant donné que j’avais travaillé avant.


A.-P. : Dans cette aventure, les études que vous avez faites vous ont-elles aidé ?

L. C. : J’ai débuté avec un diplôme de niveau bac +2 dans un Institut de Design avant d’enchainer sur un bachelor spécialisé dans le marketing et le management du luxe puis une licence professionnelle en alternance. Je suis donc devenue Responsable merchandiseur en alternance au service Vitrines et j’ai travaillé deux ans là-bas par la suite. J’ai décidé de reprendre mes études en 2016, en entrant en MBA marketing dans le luxe à l’ESLSCA, en alternance chez Chanel en tant que cheffe de projet merchandising international. Mon parcours a été très professionnalisant dès le début : j’ai pu effectuer de nombreux stages, ai accumulé les alternances, ce qui est très formateur.


A.-P. : Suite à vos nombreuses années d’expérience dans le luxe, quel fut le déclic pour vous lancer dans l’entrepreneuriat ?

L. C. : La Covid malheureusement. J’ai fait ma dernière année d’alternance lorsque la crise sanitaire s’est déclarée, en 2020, et les entreprises du luxe ont été énormément impactées. Il n’y avait pas de poste à pourvoir à l’issue de mon alternance, j’ai vu des services entiers se vider, c’était très compliqué psychologiquement de faire face à ça. Tout mon réseau d’amis qui travaillaient dans le luxe vivaient la même chose, même ceux qui sortaient d’écoles prestigieuses comme HEC ne trouvaient pas de travail. A un moment donné il m’a fallu regarder la réalité du marché en face, je ne me voyais pas rester sans rien faire. Pour obtenir mon MBA, j’ai rédigé un mémoire sur la façon dont créer une marque de prêt-à-porter Made in France. J’avais réalisé un travail poussé sur le sujet, alors je m’en suis servie pour me lancer dans l’aventure entrepreneuriale en février 2021.


A.-P. : Vous avez fait le choix de créer un concept store, pourquoi pas une boutique physique ?

L. C. : J’avais l’idée d’une boutique physique mais louer un local commercial est extrêmement cher en Île-de-France. J’ai fait plusieurs visites, mais je n’avais pas l’apport conséquent et c’était un gros risque comme je n’avais jamais géré de boutique auparavant. J’ai fait le choix de commencer par un site Internet, mais je mets un point d’honneur à vendre des produits en physique avec ma clientèle, comme sur les marchés de Noël, où j’avais des stands et un local loué temporairement.


A.-P. : Sur quels critères sélectionnez-vous les créatrices dont vous commercialisez les produits ?

L. C. : Il faut que j’aie un vrai coup de cœur. D’abord, j’évite de reprendre les produits qui existent déjà sur le marché, le but c’est vraiment de proposer des exclusivités et faire connaitre des marques aux gens. Je ne cherche pas à référencer des centaines de produits sur mon site. Ensuite, tous les produits proposés sur Maison Poudrée sont des co-créations, vendus exclusivement sur le concept-store à partir d’un partenariat entre une créatrice et Maison Poudrée. Au-delà du produit, je sélectionne des personnes avec lesquelles je veux construire une relation de confiance, pas uniquement professionnelle. C’est bien de partager des valeurs, mais avoir un lien presque amical avec mes fournisseuses, c’est d’autant plus important que tous les produits sont co-créés. Les créatrices avec lesquelles je travaille sont basées partout en France, comme quoi, le digital aide beaucoup !


A.-P. : Pourquoi ne choisir que des créatrices ?

L. C. : Lorsque j’ai commencé à sélectionner les produits que je voulais voir sur le concept-store, je me suis rendue compte qu’il n’y avait quasiment que des femmes dans cet artisanat. Et pourtant, il n’y avait aucun concept-store mettant en avant ces femmes engagées, qui pour la plupart ont renoncé à de très bons postes pour créer leur marque et se lancer dans l’entrepreneuriat. Derrière Maison Poudrée, il y a vraiment la volonté de mettre en avant l’entrepreneuriat féminin.


A.-P. : Pourquoi Maison Poudrée ne propose que des co-créations ?

L. C. : Je ne vends que des créations uniques pour Maison Poudrée, car je veux vraiment que les produits soient co-créés à l’image de la créatrice et du concept-store. Hormis les produits cosmétiques, qui demandent des délais très longs pour le développement, tous mes produits sont uniques. Cela va aussi dans une logique éthique et écologique, mon but n’est pas de surstocker : je préfère démarrer petit et miser sur la qualité.


A.-P. :
Vous avez récemment remporté un prêt d’honneur de France Active pour votre projet et votre campagne de crowdfunding a été financée à 100 %. Pour vous, c’est la preuve que les Français veulent consommer plus responsable ?

L. C. : La consommation plus responsable, c'est une tendance qui se remarque depuis quelques années mais au final, j’ai une clientèle très hétéroclite. Sur les marchés de Noël, des adolescentes sont venues acheter des produits, au même titre que des sexagénaires qui cherchaient à se procurer une crème cosmétique disponible sur le concept-store.


A.-P. :
Quels sont les prochains projets du concept-store ?

L. C. : Pour le moment, le but est de relancer la création des produits qui ont déjà été réalisés avec les créatrices partenaires de Maison Poudrée. Certaines nouveautés sont aussi au programme : pourquoi pas ajouter du maquillage à la boutique, le développement d’une gamme de bougies artisanales que je réalise moi-même et qui ont connu un vrai succès sur les marchés de Noël, etc. Maison Poudrée, ce n’est pas qu’une boutique en ligne, c’est aussi un message très positif que je souhaite faire passer. A travers les co-créations et les réseaux sociaux du concept-store, j’essaye de donner de la visibilité à des marques engagées, qui montrent par leurs créatrices qu’il est possible de créer une boîte et d’être épanouie dans l’artisanat.

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